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 La lune de sang

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Message#Sujet: Re: La lune de sang   Dim 29 Nov - 10:08

(Non mais moi je suis folle )
Je suis trop contente que ça te plaise
Vais essayer de moins trainer pour la suite Razz

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Curiosité. Vilain défaut de l'esprit féminin. L'envie de savoir si oui ou non une femme se consume de curiosité est l'une des passions les plus actives et les plus insatiables de l'âme masculine.
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Message#Sujet: Re: La lune de sang   Dim 17 Jan - 3:24

LA LUNE DE SANG


Chapitre 7


Pendant les jours qui suivirent, je pouvais clairement sentir une tension palpable dans la maison que je partageais avec les autres vampires. A chaque fois que je croisais Edouard, je ne parvenais pas à lui adresser la parole. Les mots qu’il m’avait prononcé après l’altercation avec Paul continuaient de résonner en moi. Je savais que je l’avais déçu, je me doutais bien que je devais sans doute m’excuser auprès de lui, mais je n’y parvenais pas. Pourtant, j’avais parfaitement conscience que ce que j’avais fait n’était pas bien. Je n’aurais jamais dû prendre le journal de Paul et le lire, entrer ainsi dans son intimité. Je ne savais vraiment pas pourquoi j’avais agis aussi bêtement, comment j’avais pu me faire autant avoir par ma curiosité. Et en parlant d’excuse, une autre personne en méritait énormément, c’était Paul. Sauf que cela m’était encore plus difficile de lui parler. Je ne prenais pas le risque de le croiser toute seule déjà, de me retrouver seule dans une pièce en sa compagnie. Et en même temps, je me disais que je ne devais pas trop craindre de lui, parce que s’il voulait vraiment me faire du mal, il pourrait très bien. J’étais persuadée qu’Edouard gardait un œil sur nous, mais s’il voulait vraiment me briser le cou, il s’arrangerait pour y parvenir. Je ne prenais pas pour autant le risque de trop m’approcher de sa gueule. Et le regard qui me lançait à chaque fois qu’on se croisait, toujours en compagnie d’Erwan, en disait long sur les reproches qu’il avait à me faire. J’allais sans doute mettre un long moment avant de parvenir à apaiser cette tension, si j’y arrivais un jour.

– Je vais m’absenter pour la journée.
Je tournai mon regard rapidement vers Erwan qui venait de m’annoncer ça alors que nous nous trouvions dans la cuisine.
– Je peux venir avec toi ? demandai-je la voix un peu brisée.
Erwan ne me répondit pas de suite, se contentant de me regarder avec cette tendresse qu’un grand frère pourrait adresser à une petite sœur apeurée. Parce que c’était justement ce que j’étais en cette seconde. Je n’avais aucune envie qu’il parte pendant toute une journée en me laissant seule dans cette maison.
– Tu ne peux pas te contenter de me suivre partout comme un petit chien, me répondit-il amusé. Ecoutes, je sais pourquoi tu ne veux pas que je parte, mais tu ne peux pas continuer à avoir peur constamment. Tu as bien vu ces derniers jours qu’il ne t’a rien fait.
– C’est parce que tu étais avec moi tout le temps.
– Mais non, pas seulement.
Il n’avait pas tort, mais quand même je ne me sentais pas rassurée à l’idée qu’il parte pour une journée entière.
– Pourquoi je ne peux pas venir ?
– Parce que je dois faire des trucs qui ne regardent que moi, tu devrais en faire autant.
– Qu’est-ce que tu veux que je fasse ? demandai-je, sur un ton froid.
Je n’avais aucune envie de me disputer avec Erwan, mais ça m’agaçait vraiment qu’il parte faire des choses qui ne semblaient pas me concerner. Bien sûr, je savais qu’il ne me devait rien du tout, mais quand même. Il n’avait pas besoin d’avoir des secrets pour moi, je ne voyais même pas ce qu’il pourrait me cacher au fond. Pourquoi est-ce qu’il ne pourrait pas tout partager avec moi ?
– Je ne sais pas Emilie, ce que tu veux. Il poussa un long soupire avant de reprendre. Profites, je te l’ai déjà dit. Vis. Tu es beaucoup trop dépendante des autres.
– C’est faux !
– Pardon ? Erwan se mit à rire. Tu passes ton temps avec moi et quand ce n’est pas le cas, tu es plus souvent chez ta mère. C’est quand la dernière fois que tu as vraiment profité de ta condition ? Ca fait des années que tu es des nôtres maintenant et je ne t’ai jamais vu te comporter vraiment comme une vampire.
Malgré ses rires précédents, Erwan avait pris un ton bien plus sérieux ensuite, qui me laissa complètement sans voix. Je ne savais pas quoi dire pour répondre à sa remarque, sans doute parce que je ne pouvais pas le contredire. Quand je repensais à ma mort, j’avais beaucoup de mal à réaliser que cela faisait quand même déjà cinq ans. Cinq ans que je vivais comme une ombre suivant la plupart du temps Erwan ou rêvant de ma vie d’humain.
– Ce n’est pas facile.
– Je n’ai jamais dit le contraire. Erwan sourit, posant une main sur mon épaule. Mais il faut que tu essaies juste de… te relâcher. Et pas en fouillant dans le passer des autres.
– J’ai déjà dit que j’étais désolée, tu es vraiment chiant !
Je n’avais aucune idée de ce qui me prenait et de la raison qui me poussait à m’emporter de la sorte. Je n’aimais pas ses critiques, sa manière de me dire ce que je devais faire en me rappelant évidemment la grosse erreur que je venais de commettre. Je ne pouvais pas lui donner tort bien sûr, mais il m’agaçait.
– Oui et bien le chiant, il va partir.
Je détournai mon regard, comme une gamine boudeuse. Il ne dit rien de plus avant de quitter la pièce et rejoindre la porte d’entrée que j’entendis claquer plus bruyamment que d’habitude. Je savais bien que j’avais été trop loin et je le regrettais déjà.

Je décidai de m’enfermer un moment dans ma chambre, tentant de me plonger dans un livre sans parvenir pour autant à me concentrer. Mon attention était constamment tournée vers la présence de Paul dans sa propre chambre. Il ne sortait déjà pas beaucoup avant, c’était encore moins le cas maintenant. Je n’avais vraiment pas le sentiment de faire moins de chose que les autres. Edouard et Paul passaient leurs temps isolé dans leurs chambres, ils n’avaient pas l’air de plus profiter de la « vie » que moi. Les mots d’Erwan continuaient de tourner dans mon esprit et je continuais d’être énervée contre lui stupidement. J’avais vraiment le sentiment d’être comme un lion en cage, impossible de rester en place deux minutes. Et plus les secondes s’écoulaient, plus je m’énervais. Je décidai donc de sortir de la maison également, d’aller me promener un peu. Evidemment, le premier réflexe que j’eu fut de me diriger vers la maison de ma mère, mais je me ravisais au dernier moment. Je n’avais aucune idée de ce que je pouvais bien faire dehors. Je ne savais pas ce que je pouvais faire tout court de ma vie qui n’en était plus vraiment une. Je décidai en cet instant de déjà retourner dans la demeure que je partageais avec les autres vampires. Quitte à ne pas savoir quoi faire, autant le faire chez moi. Mais alors que je marchais tranquillement dans la rue, comme n’importe qui, une voiture s’arrêta à mon niveau.

– Eh ben, on se croise encore.
– Salut Lexie, lançai-je à la jeune femme au volant de la voiture.
Elle me regardait avec ses grands yeux et son grand sourire, comme d’habitude. Elle semblait vraiment contente de me voir et je devais bien avouer que je n’étais pas mécontente de la voir aussi.
– Ça te dirait de venir faire un tour avec moi ? me demanda-t-elle en faisant un signe vers la place libre à côté d’elle.
– Où ça ?
– Je ne sais pas, à l’aventure.
Je ne savais pas vraiment si je devais la suivre ou pas. Elle était quand même un loup-garou, j’étais une vampire. Il me suffisait de repenser à la réaction de Paul en découvrant leurs présences, ainsi qu’à celle d’Erwan, pour savoir que je ne devais pas trop m’approcher d’eux. Ils étaient dangereux pour moi. Mais en même temps, il était temps que j’arrête de réfléchir.
– D’accord !
Je fis le tour de la voiture donc, montant dedans rapidement. Je n’avais aucune idée de ce que les prochaines heures me réservaient, mais je me sentais assez excitée par l’idée. Alors que j’attachais ma ceinture de sécurité, Lexie me lança un regard amusé que je ne compris pas vraiment. Mais je décidai de ne pas relever et la laisser démarrer le véhicule pour aller droit vers l’aventure.

Pendant un long moment, Lexie se contenta de conduire dans le silence. Je ne savais pas vraiment quoi dire pour lancer la conversation, alors je ne disais rien du tout. J’étais partagée entre un sentiment agréable et un malaise que je ne parvenais pas à identifier. Je me disais que cela venait peut-être de notre nature respective, ou peut-être tout simplement parce qu’on ne se connaissait pas vraiment. Même si ces derniers temps, on n’avait fait que se croiser. Ca ne changeait rien au fait que je ne la connaissais pas du tout. Finalement, après au moins une heure de trajet où nous nous sommes seulement échangés quelques mots, Lexie s’arrêta aux abords d’une forêt.
– Je pense qu’on doit pouvoir bien s’amuser ici !
Elle parlait avec cet enthousiasme qui me donnait bien envie de la suivre.
– S’amuser comment ?
A première vue, il n’y avait vraiment pas grand-chose dans le coin, alors je ne voyais pas bien comment on pourrait s’amuser.
– On va bien trouver ! Viens !
Elle avait à peine terminé sa phrase qu’elle ouvrait déjà sa portière pour sortir, ce que je fis à mon tour pour la suivre donc. Elle me sourit, avant de me faire un signe de la tête en direction des arbres. De l’orée de la forêt, je ne pouvais pas vraiment voir si elle était grande ou pas, mais pour le moment je ne voyais vraiment que des arbres. Lexie s’engouffra rapidement entre eux, je mis quelques secondes avant de me mettre en route à mon tour. Je n’étais pas vraiment adepte des promenades dans la nature, je ne l’étais pas quand j’étais vivante et encore moins depuis que j’avais trépassé pour revenir sous cette forme. Je n’avais jamais vraiment vu l’intérêt de me balader et ce n’était pas faute d’avoir dû le faire souvent avec ma famille. Je marchais donc derrière Lexie en silence, pour ne pas dire que je traînais des pieds. Mes yeux ne quittaient pas ma camarade, qui semblait plus sautiller dans ce décor de nature.
– Pour un vampire, tu es vraiment lente, me lança-t-elle quelques pas plus loin de moi sans se retourner.
– Je ne vois toujours pas comment on va s’amuser.
Je n’avais pas spécialement envie de faire ma mauvaise tête, mais je ne m’amusais effectivement pas du tout.
– On fait la course ?
– La course ?
– Bah oui ! Elle se retourna vivement vers moi, un grand sourire sur le visage. Tu sais, ceux qui font la course se mette à courir le plus rapidement possible et le premier qui arrive à gagner !
Elle se mit alors à rire franchement, se moquant ouvertement de moi. Ce que j’avais quand même beaucoup de mal à digérer, même si je prenais sans doute trop rapidement la mouche.
- Aller, arrête de râler et viens, me lança-t-elle en se retournant de nouveau.
Je poussai un long soupire avant de reprendre la marche aussi. Pendant les quelques minutes qui suivirent, Lexie me dit plusieurs fois d’accélérer, ce que je ne fis pas plus par soucis de contradiction qu’autre chose. Mais elle ne lâcha pas l’affaire pour autant, continuant de me pousser à accélérer tout en avançant. Et moi, je me contentai vraiment de ruminer dans ma barbe. Je savais bien qu’il était sans doute mieux que je montre un peu d’enthousiasme, mais je n’aimais pas vraiment qu’on me force la main. Même si ce n’était pas non plus complètement désagréable. Au contraire, je devais bien avouer que j’appréciai la compagnie de Lexie.

On marcha comme ça pendant de longues minutes encore, Lexie continuant de me dire d’avancer plus rapidement et moi suivant derrière elle. Au bout d’un moment, je la vis s’arrêter sans pour autant se retourner vers moi. Elle se contentait de regarder en face d’elle. Je mis quelques secondes à la rejoindre, tournant mon regard vers l’endroit qu’elle fixait. C’était un pont qui se trouvait sur le chemin que nous suivions depuis le début de cette balade.
- Ca a l’air haut non ?
- Je ne sais pas, je ne vois pas bien d’ici.
Elle tourna son regard vers moi, ce qui me poussa à tourner le mien vers elle.
- T’es une vampire non ? Tu n’as pas une vue plus affutée ?
- Si. Je tournai de nouveau mon regard vers le pont. Mais d’ici je ne peux pas bien voir, je ne suis pas dans le bon angle. Mais je peux te dire qu’il y a de l’eau.
Le pont était assez loin, mais j’entendais l’eau qui coulait en dessous. Cette information eu l’air de plaire à Lexie, qui attrapa mon bras.
- Allez viens ! Et dépêche-toi !
Je me mis à grommeler un peu, mais je la suivis à un rythme plus soutenue que précédemment. On ne mit donc pas vraiment longtemps à arriver à ce fameux pont. Lexie s’approcha rapidement du bord quand nous arrivâmes, se penchant pour observer la vue.
- Ce n’est pas aussi haut que j’aurais voulu, mais ce n’est pas trop mal, lança-t-elle toujours avec ce même enthousiasme dans la voix.
- Assez haut pour quoi ?
Bizarrement, je me doutais de la réponse, mais je n’avais pas spécialement envie qu’elle me le confirme. Quand elle se redressa pour se tourner vers moi, avec son regard remplit de malice, je sus que j’avais deviné ce qu’elle avait en tête.
- A ton avis ? Elle retira la veste qu’elle portait et la jeta au sol, avant de retirer son t-shirt. Un peu d’adrénaline c’est agréable.
Je détournai mon regard quand elle se retrouva simplement vêtue de son soutien-gorge, pour couvrir le haut de son corps, un peu gênée. Je fis quelque pas vers le bord du pont pour observer à mon tour la distance avec le sol.
- Pas assez haut ? Tu as bien regardé ? Le ton de ma voix était plus fort que je ne l’aurais voulu sur le coup, je n’étais pas vraiment douée pour déterminer les distances, mais ça me semblait quand même très haut. Assez pour tuer quelqu’un. Tu ne vas pas sauter quand même ? Tu es dingue !
- C’est justement pour ça que c’est amusant, me dit-elle en s’approchant de moi, me permettant de voir qu’elle avait fini de retirer une grande partie de ses vêtements. Il ne lui restait plus que ses sous-vêtements. S’il n’y a pas un peu de danger, on s’amuse beaucoup moins. Tu ne trouves pas ?
- Non pas vraiment… Je concentrais mon regard vers le sol. Tu ne sais même pas la profondeur de l’eau. Tu vas te briser le cou.
Lexie se mit à rire, elle le fit pendant plusieurs secondes avant de s’arrêter en reprenant son souffle.
- Me briser le cou ? Mais dans quel monde tu vis ? Je suis un loup-garou, ce n’est pas un petit saut comme ça qui peut me faire peur. Elle calma son rire en prenant de grande respiration. Tu as vraiment peur ?
Elle me posa cette question si sérieusement que je tournai mon regard vers elle, me concentrant sur son visage. Elle me regardait avec un sourire amusé, mais surtout un regard compatissant. La voir me regarder comme ça, me donnait moins le sentiment qu’elle se moquait de moi. Ca ne poussa pas pour autant à répondre à sa question.
- Détends toi, ce n’est pas assez haut pour me faire quoi que ce soit. Et encore moins pour te faire quelque chose à toi.  
- Je n’ai pas l’intention de sauter, rétorquais-je en reportant mon regard vers le vide.
- Tu ne vas pas me laisser sauter seule quand même ?
- Je ne sauterais pas !
Je ne voyais vraiment pas en quoi ça pouvait être amusant de sauter comme ça de ce pont, ça ne servait à rien. Et puis, oui, j’avais peur. Pas de mourir, je savais parfaitement que je ne pouvais pas mourir, mais ça m’angoissait de m’imaginer sauter. Il n’y avait vraiment rien de drôle à faire ça.
- Comme tu veux.
Sans dire plus, elle enjamba la barrière du pont et je n’eue le temps de rien faire avant qu’elle ne saute.

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Message#Sujet: Re: La lune de sang   Dim 17 Jan - 9:34

Aaaaaaan !!!!! T'as pas le droit de finir ton chapitre comme ça, c'est méga frustrant !!!!!
En tous cas j'adore trop trop trop troooooop !!!!!

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Message#Sujet: Re: La lune de sang   Dim 17 Jan - 11:16

Je suis contente que ça te plaise
(Et si, j'aime les fins frustrantes )

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Message#Sujet: Re: La lune de sang   Sam 2 Avr - 0:34

LA LUNE DE SANG


Chapitre 8


Si mon cœur avait été encore capable de battre, il était évident qu’il se serait arrêté en cette seconde, quand j’avais vu Lexie sauter par-dessus le bord de ce pont. Je ne savais même pas pourquoi, mais j’avais peur. Il n’y avait aucune raison pourtant, je le savais, elle me l’avait dit. Je savais qu’elle ne risquait pas grand-chose, au vu de sa nature, mais j’avais quand même peur. Pendant toute la durée de la chute, qui me sembla durer une éternité, je ne la lâchais pas du regard. Ça n’avait duré que quelques secondes, mais ces secondes furent si longues. Et finalement, son corps fendit la surface de l’eau pour s’enfoncer profondément et je la perdis de vu. Pendant les longues secondes qui suivirent encore, je ne fis qu’attendre de la voir revenir à la surface. Quand elle le fit enfin, je poussai un soupir de soulagement.
– C’était génial ! Cria-t-elle en ma direction, même si je n’avais pas besoin qu’elle le fasse pour l’entendre. Tu devrais sauter aussi !
– Non je ne le ferai pas !
Je regrettais de mettre inquiété pour elle, sachant qu’il n’y avait pas de raison que je le fasse. Je l’entendais encore rire en bas, continuant de me dire de sauter. Mais je n’avais vraiment pas envie, je ne savais pas du tout ce qu’elle trouvait d’intéressant dans le faite de sauter.
– Arrêtes de te moquer de moi ! Lui lançai-je alors qu’elle continuait de rire tout en pataugeant dans l’eau. T’es vraiment pénible !
– Je ne me moque pas de toi Emilie, je me contente juste de profiter de la vie. Ça te dérange tant que ça que je sois heureuse ?
Malgré la distance entre nous, je parvenais à voir dans les détails de son visage. Elle continuait de sourire, mais je lisais quand même du sérieux dans ses traits.
– Tu fais comme tu veux de toute façon, je ne te force en rien. Mais je trouve dommage que tu ne profites pas un peu de ta mort.
Décidément, c’était quand même une routine en ce moment. J’avais le sentiment que tout le monde me répétait la même chose. C’était sans doute la preuve que je devais faire quelque chose et effectivement profiter de ma mort. Je ne savais pas si c’était ce dont j’avais envie, si je pouvais même le faire. Comment on faisait pour vraiment profiter de la mort ? Normalement on n’avait pas ce genre de question à se poser. Moi je me retrouvais avec cette question et aucune réponse ne me venait à l’esprit. Ou alors, je l’avais trop sous mes yeux. Lexie nageait tranquillement dans l’eau du lac, me lançant de temps en temps un regard. Mes mains tenaient la barrière du pont, je me penchai pour observer de nouveau la distance entre ce dernier et la surface de l’eau. C’était complètement dingue, mais en même temps, je n’avais aucune raison d’avoir peur. J’étais morte, il fallait bien que je me mette ça dans la tête. J’avais poussé mon dernier soupir plusieurs années avant et j’étais revenue sous une forme bien différente. Je n’avais plus rien à voir avec là Emilie qui se contentait d’aller à l’école pour suivre ses cours et d’avoir une vie rangée et normale.
– Tu sais que tu es plutôt mignonne quand tu réfléchis ?
Les propos de Lexie avaient tendance à m’agacer, parce que j’avais le sentiment qu’elle se moquait de moi à chaque fois, mais je ne pus m’empêcher de sourire. Ce qu’elle faisait aussi, en bas, toujours en train de nager. Je ne répondis rien à sa remarque, laissant s’écouler plusieurs minutes avant de finalement commencer à retirer à mon tour, les vêtements qui recouvraient mon corps. Il ne faisait pas vraiment chaud, mais mon corps n’était pas sensible à ce genre de détail. Je retirai tout, jusqu’à ce que je me retrouve en sous-vêtements. Je ne me sentais vraiment pas à l’aise dans cette tenue et j’évitais le plus possible de tourner mon regard vers Lexie. Je sentais bien son regard posé sur moi et je ne savais pas trop comment interpréter ce que je ressentais. Finalement, après quelques secondes de nouvelle réflexion, je me mis à enjamber la barrière du pont pour me laisser tomber.

Le vent siffla dans mes oreilles pendant ma chute. Une sensation agréable s’empara de moi pendant tout le long, j’avais envie de rire. Ce que je fis d’ailleurs, riant aux éclats jusqu’à ce que mon corps rencontre la surface de l’eau et s’enfonce dans cette dernière. Je m’enfonçai presque jusqu’aux profondeurs de ce lac. J’ouvris les yeux que j’avais fermés au moment de l’impact, observant ce qu’il y avait autour de moi. Je ne voyais pas grand-chose, mais j’étais bel et bien sous l’eau. Pendant une seconde je m’inquiétai de ma respiration avant de me rappeler que je n’avais pas besoin de le faire. C’était une sensation vraiment étrange d’être sous l’eau sans avoir besoin de prendre une réserve d’air dans mes poumons, je me sentais aussi à l’eau sous qu’en dehors de l’eau. Je pris quand même la peine de remonter à la surface pour retrouver Lexie.
– Tu vois, ce n’était pas si terrible. Me dit-elle à peine ma tête hors de l’eau, sans que je n’aie eu encore le temps d’écarter mes cheveux mouillés de mon visage. Je t’ai même entendu rire, une première.
– C’est bon, tu avais raison… répondis-je dans un soupir.
– Tu passes vraiment ton temps à soupirer.
Avant que je n’aie eu le temps de répondre quoi que ce soit à la sa nouvelle « provocation », qu’elle se rapprocha encore plus de moi, entourant ses bras autour de mon cou et collant ses lèvres aux miennes. Je fus tellement surprise que je ne réagis pas sur l’instant.
– Qu’est-ce que c’était ? Demandais-je une fois qu’elle s’écarta légèrement de moi. Elle leva les yeux au ciel en souriant avant de me répondre.
– Il faut vraiment tout t’apprendre de la vie en fait.
Elle me laissa sans voix, s’éloignant de moi pour rejoindre la berge. J’en fis de même, sortant de l’eau dès que je fusse au bord.
– Je te rappel que je suis morte. Je me mis à sourire à ma propre remarque.
– Oh, mais c’est que tu commences à te mettre aux plaisanteries ? Me demanda-t-elle tout en essorant ses cheveux de ses mains, plongeant son regard dans le mien. C’est vrai, tu es morte, pardonne moi.
Elle continuait de sourire en s’approchant de moi.
– Je vais me montrer plus claire alors, c’est mieux. Reprit-elle avec une lueur maligne dans le regard. Tu me plais Emilie, depuis le début. Même si tu as vraiment trop tendance à vois tout négatif. Quoi qu’en fait, c’est peut-être ce qui me plait le plus chez toi.
Je restai de nouveau sans voix, alors que j’attendais justement qu’elle se montre claire comme maintenant. Sauf que maintenant, je ne savais pas du tout quoi répondre et encore moins quoi faire. Qu’est-ce que je devais comprendre ? Ça semblait clair oui, mais ce n’était pas pour autant évident pour moi. J’étais vraiment étonné par ces révélations soudaine et plutôt flattée aussi quand même. Plus que flattée même, particulièrement touchée.
– J’adore te laisser sans voix.
– Je suis désolée, je ne sais pas quoi dire.
– Il n’y a peut-être pas grand-chose à dire en même temps. Tu me plaies, je veux que tu le saches. Maintenant si ce n’est pas le cas pour toi, ne t’inquiète pas.
– Ce n’est pas ça…
Lexie s’approcha plus encore de moi, posant une main au-dessus de ma poitrine pour me pousser contre l’arbre qui se trouvait derrière moi. Je la laissai faire, sans la lâcher du regard. Ça me provoquait vraiment des sensations que je n’avais pas eu l’occasion de ressentir depuis si longtemps, depuis ma mort.
– C’est quoi qui t’angoisse ? Me demanda-t-elle, toujours son regard dans le mien, comme si elle était en train de lire dans mon esprit. Le fait que je sois une fille, un loup-garou ou que tu sois un vampire ?
– Un peu de tout je crois.
– Au risque de me répéter, il faut vraiment que tu apprennes à profiter de ta mort. Et je ne dis pas ça, simplement parce que je pense que je suis capable de te permettre d’en profiter un maximum.
– Vraiment ? Demandai-je en souriant à mon tour.
– Bon, si peut-être un peu quand même.
– J’ai… besoin de plus de temps.
Ça me plaisait vraiment d’entendre les paroles de Lexie et de savoir qu’elle avait autant d’intérêt pour moi, mais j’avais vraiment besoin d’un peu de temps.
– Je comprends. Répondit-elle simplement avant de s’écarter de moi, me laissant une sensation de fraicheur étrange. En attendant, il est temps qu’on retrouve nos habits. J’ai pas la chance de ne pas ressentir le froid moi.
Ce fut à ce moment-là, que je me rappelai que nous étions en effet presque nues et je me sentis encore moins à l’aise que je ne l’étais. Lexie repéra le chemin que nous devions prendre pour rejoindre le pont où nous avions laissé nos vêtements. On s’y rendit donc, sans qu’aucune de nous ne prenne la parole. J’avais bien envie de dire des choses, mais je n’osais vraiment pas. Quand nous arrivâmes sur place, je ne mis pas longtemps avant de me rhabiller.

Quand nous avions terminé de nous habiller, nous prîmes la direction de la voiture. Le chemin du retour me sembla encore plus long que celui de l’allée, surtout que nous ne dîmes aucun mot encore une fois. Ça me perturbait un peu, puisque j’avais l’habitude que la lycane parle souvent. Pas plus quand nous arrivâmes à destination et que nous entrâmes dans la voiture. Cela faisait déjà plusieurs minutes que nous étions en route, Lexie au volant puisque je ne conduisais jamais, quand j’eue enfin le courage de dire quelque chose.
– Tu roules trop lentement.
– Mais en plus, on devient exigeante ? Me demanda-t-elle, tournant un instant son regard vers moi avant de le reporter sur la route. Je voyais son sourire en coin sur son visage, que je trouvais quand même particulièrement craquant. Je te laisse conduire si tu veux.
– Je ne peux pas, je n’ai pas le permis.
Lexie sembla étonné une seconde.
– Et alors ? Ça t’empêche de conduire ?
– Je n’ai pas envie d’avoir de problème.
En dehors du fait que je n’avais pas le permis et donc que je pouvais me faire arrêter à tout moment par la police, je ne savais surtout pas comment conduire. Je n’avais pas eu l’occasion de m’y essayer avant que ma vie soit réduite à néant. Depuis, je ne m’y étais pas essayé non plus, il y avait toujours quelqu’un pour me conduire si je devais aller quelque part en véhicule. En même temps, je passais mon temps à suivre Erwan comme il me l’avait reproché ce matin.
– Tu ne peux pas te contenter de manipuler l’esprit des personnes qui pourraient te poser des problèmes ?
– Non je ne peux pas…
Je savais pourquoi elle me posait la question, parce qu’elle devait savoir que les vampires avaient cette capacité. Oui, ils l’avaient effectivement. Un vampire pouvait entrer dans l’esprit des humains – il me semblait que cela ne marchait pas sur les loups-garous – afin de les manipuler un peu. C’était ce qu’avait fait Edouard avec ma mère, afin de ne pas l’inquiéter de ma nouvelle condition. Erwan avait souvent eu l’occasion de le faire sur des policiers, quand il avait été arrêté à rouler à une très grande vitesse.
– Je ne bois pas de sang humain. Repris-je, comprenant que Lexie se posait la question. Je suis plus faible que les autres vampires du coup, je n’ai pas les mêmes capacités.
– Tu n’en as jamais bu ? Je me contentai de bouger ma tête de gauche à droite pour lui dire que non. Ça ne te manque pas ?
– Je ne sais pas ce que c’est, donc ça ne peut pas me manquer.
C’était le cas, ça ne le manquait pas du tout. Mais au début, j’avais quand même eu par moment envie de planter mes crocs dans la peau de certaine personne, tentée de goûter leur sang. Avec le temps, je parvenais à me contrôler.
– Ça me rassure un peu, je n’ai pas spécialement envie que tu commences à vouloir boire mon sang.
– C’est maintenant que tu te poses la question ?
– Oui bon… j’ai sans doute un peu trop le goût du danger.
J’en avais la preuve en effet, elle était complètement différente de moi. Mais c’était ce qui me plaisait le plus au final.
– Si tu pouvais éviter de vouloir me manquer aussi, ça m’arrangerais.
– Mince, répondit-elle en tournant plus longuement son regard malicieux sur moi. Tu es vraiment à croquer.
Elle avait vraiment le don de me mettre mal à l’aise, mais j’adorais l’entendre me le dire. Même s’il y avait quand même une sirène d’alarme qui sonnait dans mon esprit. C’était que sa remarque avait un peu tendance à mettre en alerte mon instinct de protection, qui était trop actif puisque j’avais peur de tout alors que j’étais immortelle (ou presque). Je savais parfaitement que si elle me croquait, comme elle le disait, je ne m’en remettrais pas. Mais ce n’était évidemment pas des mots à prendre au pied de la lettre. Quoi que…

Le reste du trajet se passa dans la bonne humeur, Lexie reprenant son agréable habitude de parler plus que moi. Je préférais largement quand elle dirigeait la conversation et que je me contentais de l’écouter. Je préférais largement l’écouter comme cela que de me contenter du silence pesant qui avait précédé notre retour dans la voiture. Quand nous arrivâmes proches du quartier où nous vivions, elle me demanda si je voulais qu’elle me ramène directement chez moi. Ce qu’elle fit donc, garant sa voiture seulement à quelque pas de l’entrée de la maison que je partageais avec les autres.
– Et voilà, tu es chez toi.
– Merci, répondis-je doucement, sans pour autant faire le moindre mouvement pour sortir de la voiture. C’était… sympa.
– Juste sympa ?
– C’était vraiment bien. Je marquai une pause, plongeant mon regard dans les yeux de Lexie. J’ai bien aimé faire autre chose un peu de ma… vie.
Lexie se mit à sourire, appréciant visiblement ma remarque. J’étais vraiment honnête, j’avais mis un peu de temps, mais j’avais finis par apprécier ce moment. Et plus encore la compagnie de la lycane. Et en réalité, je n’avais pas vraiment envie que ça s’arrête. Sans vraiment réfléchir, je me rapprochai d’elle, glissant une main dans ses cheveux avant de venir coller mes lèvres sur les siennes. Les quelques secondes qui s’écoulèrent, alors que mes lèvres froides savouraient celles chaudes de Lexie, me semblèrent durer une éternité, ce qui ne me déplaisait pas du tout au passage. Elles prirent fin cependant, nos lèvres finirent par se séparer même si je ne m’éloignai pas vraiment de Lexie. Elle avait un sourire allant d’une oreille à l’autre et les yeux qui pétillaient grandement.
– Donc je présume que tu n’as plus besoin de temps ?
– Je ne te garantis rien, répondis-je dans un souffle. Je n’étais pas vraiment sûre de moi, pour changer. Mais j’écoutais quand même quand on me parlait, il était temps que j’arrête de me poser des questions inutilement. J’avais envie de profiter un peu de ce que je pouvais vivre, mon sourire s’agrandit doucement (même si ça semblait difficile au vu de la manière dont je souriais). Mais comme tu dis, il faut que j’apprenne à vivre ma mort.
– Ca me va. On remet ça alors ?
– Quand tu veux.

Après un temps, il fut quand même temps pour moi de quitter cette voiture et donc Lexie. Nous avions évidemment convenue de nous revoir dès le lendemain et je devais bien avouer que j’aimais beaucoup cette perspective. Ça m’angoissait énormément, mais j’avais l’intention de prendre vraiment sur moi. Je ne savais pas vraiment ce que ça allait donner, mais pourquoi pas ? Quand je passai le pas de la porte de chez moi, je croisai Paul et Erwan.
– C’est quoi cette puanteur ? Tu as trainé avec qui ? Me lança le premier, avant de me regarder d’un air sévère et de s’en aller avant que je ne reprenne la parole.
Erwan se tourna vers moi également et me lança un regard entendu. Il avait compris, j’en étais persuadée.

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Message#Sujet: Re: La lune de sang   Sam 2 Avr - 1:17

Nyyyyyiiiiiiiii depuis le temps que je l'attendais !!!!!!!

Mais ça valait le coup d'attendre
(Ça t'étonne si je te dis que je kiffe Lexie ? )

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Mon coeur est fait de poudre il n'attend qu'une étincelle.

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Message#Sujet: Re: La lune de sang   Sam 2 Avr - 1:22

Je vais essayer d'être plus rapide
Je suis contente que ça te plaise

(Et je l'avoue, je l'espérais un peu )

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Message#Sujet: Re: La lune de sang   Lun 18 Avr - 18:32

Voilà la suite Razz

LA LUNE DE SANG


Chapitre 9


– Tu m’écoutes quand je te parle ?
La voix de ma mère venait de me faire sortir de mes pensées. Je levai lentement mon regard vers elle, alors qu’elle m’observait d’un air contrarié que je n’avais pas vu depuis bien longtemps. Elle portait le tablier qu’elle avait l’habitude de mettre quand elle cuisinait et tenait dans sa main la spatule qui lui servait à retourner les crêpes, qu’elle était justement en train de confectionner.
– Je t’écoute.
– Vraiment ? Et j’étais en train de te dire quoi ?
Sur le coup, ma mère venait de me poser une colle parce que je n’avais aucune idée de ce qu’elle était en train de me raconter. J’étais venue la voir comme je le faisais souvent et elle avait eu visiblement énormément de chose à me raconter sur les derniers jours qui venait d’avoir lieu. Ça m’intéressait bien sûr, mais mon esprit avait fini par divaguer un petit peu sur autre chose ou plus précisément sur une autre personne.
– Bon… d’accord, je ne sais pas.
Elle me regarda pendant quelque seconde avec ses yeux noirs avant de pousser un soupir, se retournant pour s’occuper de la crêpe en train de cuir avant qu’elle ne brûle.
– J’étais en train de te dire que j’avais passé une superbe soirée avec Sébastien hier soir.
Sébastien, le loup-garou qui servait de « faux » père à Lexie. Avant, je voyais d’un très mauvais œil l’idée que ma mère puisse passer du temps avec un lycan, mais j’étais bien mal placée à présent pour faire ce genre de remarque. Il semblait donc que le fameux Sébastien plaisait énormément à ma mère et ils se voyaient régulièrement. Je ne savais pas vraiment où ils en étaient pour le moment, mais ça se voyait qu’elle l’appréciait beaucoup. Je n’aimais pas vraiment ça, parce que j’avais envie de tenir ma mère le plus à l’écart de ce qui pouvait ressembler aux créatures dont je faisais partie maintenant, mais je ne peux vraiment rien lui reprocher. Et honnêtement, ce Sébastien était finalement très sympa.
– J’avais envie d’aller au cinéma avec lui ce soir, mais il passe la soirée avec sa fille ?
– Ah oui ? Demandai-je d’un ton curieux et étonné, alors qu’en réalité je savais parfaitement que Sébastien ne serait pas libre le soir-même. Et pas seulement parce qu’il passait du temps avec sa « fille ».
– Oui, c’est une tradition avec elle qu’ils ont. Ils passent au moins une soirée par mois tous les deux, tranquillement, chez eux. Ils mangent un bon repas et se regardent un film. Je trouve ça bien, on n’a jamais fait ça nous.
– On a quand même souvent passé des soirées ensemble quand même.
– Oui, mais on se contentait de rester dans le quotidien. On n’organisait rien d’exceptionnel.
En même temps, contrairement à Sébastien et sa « fille » Lexie, ma mère et moi n’avions pas besoin de nous cacher lors des pleines lunes. Et c’était justement pour cette raison que Sébastien n’était pas disponible pour sortir – encore – avec ma mère. Je devais bien avouer qu’ils avaient quand même trouvé une bonne excuse pour se cacher lors des pleines lunes. Evidemment, Lexie n’avait pas eu besoin de me le dire à moi, puisque j’étais au courant de sa nature. Et d’ailleurs, j’avais rendez-vous avec elle et le reste de la meute, le soir-même. J’étais conviée à passer la soirée en leur compagnie, ce qui était dangereux pour une vampire, mais surtout angoissant pour moi. Lexie m’avait assuré que je ne risquais rien et qu’elle souhaitait simplement que je fasse la connaissance de tout le monde. Ça faisait quelques semaines maintenant que nous nous fréquentions et elle avait envie que je sois un peu plus ancré dans sa famille, comme elle appelait sa meute. J’aurais bien fait de même, mais c’était bien plus compliqué de mon côté. Erwan était évidemment au courant, mais je n’avais pas eu besoin de lui dire quoi que ce soit pour qu’il comprenne. Je portais apparemment constamment une odeur de chien mouillé maintenant, qui avait du mal à me quitter parce que je passais bien trop de temps avec Lexie. Je ne savais pas trop si Edouard l’était, mais il y avait peu de chose qu’il ignorait également. Nous n’avons cependant jamais abordé le sujet. Et concernant Paul, sa situation à mon sujet n’avait pas changé depuis la fois où il avait tenté de me tuer. Je n’avais donc pas l’intention de faire venir Lexie chez moi, dans le but de lui « présenter » ma famille. Ça n’était pas bien utile de toute façon.
– Je t’ai encore perdu apparemment… soupira ma mère, avant de poser l’assiette de crêpe chaude devant moi. Tiens, manges au moins, si tu ne veux pas m’écouter.
– Ce n’est pas que je ne veuille pas t’écouter maman… Je pris une crêpe dans mes mains avant de la porter à ma bouche, mâchant lentement ce que j’adorais manger autrefois et qui ne me donnait plus aucun plaisir aujourd’hui. Je pouvais manger sans souci de la nourriture, mais ça ne me faisait rien. Et ça n’avait aucun goût.
– Je me trompe si je trouve que tu es un peu ailleurs en ce moment ?
Je connaissais parfaitement le ton que ma mère employé en cet instant, elle cherchait à savoir ce que j’étais en train de lui cacher. Et elle avait ce regard qui signifiait qu’elle cherchait à lire dans mon esprit. A une époque, je ne lui cachais rien du tout et maintenant, j’avais le sentiment d’avoir une tonne de secret. Elle ne savait pas pour Lexie et moi et je n’avais pas l’intention de lui en parler pour le moment. C’était encore trop jeune et puis, c’était un peu particulier vu que Sébastien plaisait à ma mère.
– Est-ce que… ça te pose un souci que je fréquente Sébastien.
– Bien sûr que non maman. Tu fais ce que tu veux, je n’ai pas mon mot à dire.
– Je sais bien, mais je parle vis-à-vis de ton père.
Le ton de ma mère était devenu si sérieux d’un coup, son regard si triste en même temps. Je me doutais bien qu’elle ne cherchait pas seulement à savoir si je lui en voulais, elle devait aussi chercher à ce que je la déculpabilise. Elle n’avait aucune raison de le faire, mais ce n’était pas évident.
– Non, pas du tout. Tu as le droit d’être heureuse et je suis certain que c’est ce qu’il voudrait pour toi.
Ma mère m’adressa un léger sourire, son regard un peu brumeux.
– Aller, manges tes crêpes tant que c’est chaud.
Au moins, j’avais échappé aux questions gênantes sur ma propre vie sentimentale.

Après mon petit passage chez ma mère et mon estomac remplit de crêpe qui m’avait laissé un arrière-goût désagréable, je me rendis directement chez Lexie. Je m’étais nourris de sang avant de partir, je n’avais donc pas besoin de retourner chez moi avant de m’y rendre. Ce qui m’évitait un détour, mais surtout d’arriver en retard. Parce que la nuit allait bientôt tomber. Quand j’arrivai sur place, j’avais à peine frappé un coup sur la porte d’entrée qu’elle s’ouvrit dans la volée, dévoilant une Lexie tout sourire pour m’accueillir. Elle enroula ses bras autour de mon cou pour m’embrasser.
– T’es en retard !
– Désolée, ma mère m’a un peu retenue.
Sans perdre plus de temps, Lexie m’entraîna à l’intérieur. C’était la première fois que je rentrais chez elle. C’était une grande maison où plusieurs personnes pouvaient y vivre sans soucis. L’entrée donnait directement sur un grand salon, salle à manger, avec une cuisine ouverte. L’escalier dans le couloir m’informait qu’il y avait un étage, mais ce n’était pas le moment pour moi de le découvrir. Parce que dans le salon, il y avait plusieurs personnes qui semblaient m’attendre. Autant dire qu’il ne fallait pas plus pour que je me sente soudainement très mal à l’aise. Mes yeux se posaient sur chacun d’entre eux et je savais parfaitement qui était un loup-garou parmi eux, puisqu’ils ne l’étaient pas tous. Dans une sorte d’instinct, je senti mon corps se recouvrir de chair de poule. Je n’avais pas peur – sauf d’être parfaitement ridicule – parce que je savais que je ne craignais rien, mais ma nature devait se méfier de la concentration de potentiel tueur dans la pièce. Le seul lycan que je connaissais s’approcha de moi.
– Je suis heureux de t’accueillir chez nous Emilie.
– Merci.
Je ne me sentais vraiment pas à l’aise. D’une manière générale, je n’aimais pas être au centre de l’attention, mais c’était pire encore maintenant. Lexie fit ensuite les présentations. Je fis donc la connaissance de trois loup-garou et d’une humaine. Il y avait le couple, Laurent et Chloé. Il était un lycan depuis des années, elle était une humaine. Depuis la morsure de Laurent et ses premières transformations, ils avaient décidé de vivre avec la meute de Sébastien, qui était l’Alpha de la bande. A côté d’eux, il y avait un homme bien plus âgé, du nom de Jean-Claude. Il semblait épuisé par la vie, mais en même temps le regard qu’il m’adressa était agréable. Le dernier lycan était une femme, Clara, elle avait une trentaine d’année environ. Quand ce fut à son tour d’être présenté par Lexie, elle s’approcha vivement de moi pour me prendre dans ses bras. J’eu un moment de doute, sentant au fond de moi un grognement que je parvins à retenir. Je savais qu’elle agissait par sympathie, mais je n’étais pas à l’aise avec les marques d’affections généralement et encore moins avec ceux d’un loup-garou dont je ne connaissais que le nom pour le moment.

Nous parlâmes pendant un moment de la meute et de leur façon de vivre. Je savais quelques petites choses sur les loups-garous par Edouard, mais j’ignorais encore tellement sur leur mode de vie. Et fut bien obligé d’avouer que ça m’intéressait énormément. J’appréciais de voir comment une autre espèce vivait et abordait les différences avec les humains. Sébastien était donc le chef de meute, le loup le plus puissant. Ils n’étaient pas nombreux par choix et aussi parce qu’ils considéraient que quand il y avait trop d’individu dans la meute, ça ne faisait que causer des ennuis, à eux et aux personnes vivant autour. Le second de la meute c’était Jean-Claude. Quand Sébastien n’était pas là, c’était lui qui avait le « pouvoir ». J’avais un peu de mal à comprendre tout, mais il semblait que les lycans aient un instinct bien plus important que les vampires. Ils se fiaient énormément à leurs ressentit et ils avaient constamment besoin d’un leader. Les loups-garous avaient besoin de vivre en communauté, sinon ils risquaient de perdre pied. Et un loup-garou qui perdait pied causait énormément de ravage. Après Jean-Claude, il y avait donc Laurent, Lexie et Clara. Comme Clara et Lexie étaient des femmes (ou une femelles, puisque c’était ainsi qu’ils les avaient qualifiés quand ils m’avaient tous expliqué), elles n’avaient aucun pouvoir dans la meute. Laurent était donc au-dessus d’elle. Quand je m’étais questionné sur le fait qu’elles n’aient aucun pouvoir, on m’avait simplement répondu que c’était une sorte d’instinct primitif. Les femmes loup-garou ne pouvaient pas avoir d’enfant. Elles pouvaient tomber enceinte, mais le fœtus ne se développait pas et mourrait dès la première transformation. Or, les lycans avaient l’instinct de reproduction alors ça les poussait à considérer les femelles comme inférieurs. Ils vivaient tous ensemble par confort, parce qu’ils avaient besoin de la meute et que c’était bien plus facile de le gérer ainsi.
Par moment, pendant le récit des lycans, je ne pus m’empêcher de me dire que finalement, ils n’étaient pas bien différent que nous. Ils formaient une vraie famille, avec des caractères bien différents. Celui de Lexie, je commençais à bien le connaître. Sébastien était quelqu’un de calme et de posé à première vue, mais il dégageait une aura de force. J’étais persuadé qu’il était prêt à tout pour les siens. Clara était une fille pleine de joie, elle ressemblait un peu à Lexie. Mais quand je l’observais, je voyais souvent un reflet triste dans ses yeux. Jean-Claude me faisait penser à un roc, il ne parlait presque pas, mais il parvenait quand même à imposer sa présence. Laurent de son côté me lança souvent des regards désagréables, qui me rappelait énormément la manière dont Paul m’observait. Ils étaient différents, ils avaient leurs propres caractères, mais ça se voyait rapidement qu’ils étaient unis. Et donc, j’avais vraiment beaucoup de mal à me sentir à ma place à leurs côtés, mais s’ils me parlaient. En même temps, j’avais déjà eu beaucoup de mal à trouver ma place dans ma propre « famille ».
Quand ce fut possible, Lexie m’entraîna dans sa chambre pour qu’on puisse être tranquille un peu toute les deux et nous continuâmes à parler des loups-garous. Je ne pouvais pas m’empêcher d’être curieuse, j’avais envie de tout savoir de la jeune femme. Et j’adorais quand elle me parlait, c’était donc d’autant plus agréable de l’écouter. Elle me raconta alors comment elle était devenue un loup-garou. Ça c’était passé trois ans avant, lors d’une nuit de pleine lune évidemment. Lexie se promenait dans une forêt avec ses parents pendant des vacances. Ils furent attaqués par un loup-garou sans meute, devenu apparemment fou. Ses parents ne survinrent pas à l’attaque, mais Lexie ne fut que mordu par la créature. Sébastien n’avait pas tardé à la trouvé ensuite et il l’avait aidé tout au long de ses premières transformations. C’était un peu pour ça qu’elle le considère comme son père et qu’aux yeux de tous, elle le faisait passer pour son père. J’avais vraiment l’impression de me retrouver avec Edouard dans son récit.
– Tu as tellement l’air d’accepter sans soucis ce qui t’arrive. Remarquai-je, alors qu’elle me racontait tout ça avec son sourire que j’adorais tant sur son visage. Elle avait perdu ses parents, mais je n’avais pas l’impression que ça l’affectait tant que ça. J’avais senti l’odeur de la tristesse quand elle en avait fait mention pendant un cours instant, mais ça n’avait vraiment pas duré.
– Je ne peux rien changer à ma condition, je suis comme ça et je n’y peux rien. Alors, au lieu de me morfondre sur mon sort comme d’autre… elle marqua une pause en fixant mes yeux intensément, je savais que je faisais partie des autres qu’elle mentionnait. Je me contente de profiter de la vie.
– Tu es vraiment incroyable.
– Je sais, répondit-elle dans un sourire en coin.

Nous n’eûmes pas beaucoup plus de temps de discuter avant que la nuit n’arrive et donc la pleine lune. Quelques minutes avant l’heure exacte de son levé, Sébastien avait informé tout le monde de se réunir. Pendant un instant j’eus envie de dire à Lexie que c’était quand même mieux que je m’en aille, mais elle ne me laissa pas le choix en attrapant par la main pour m’entraîner avec elle. Nous empruntâmes une porte sous l’escalier qui donnait sur un autre escalier, descendant celui-là vers la cave. La maison entière était remplit d’odeur de loup-garou, qui me titillait les narines sans pour autant me révulser. Mais dans la cave, c’était bien plus intense au moins que j’eu un moment de doute avant de poursuivre mon chemin vers là-bas. Il n’y avait pas eu seulement des loups-garous dans leur forme humaine à cet endroit et je devais bien avouer que je n’aimais pas trop ça. La cave à première vue semblait normale, comme celle de n’importe quelle maison, mais en passant une nouvelle porte nous arrivâmes dans une autre pièce. Il y avait cinq cages dans cette pièce et à l’intérieur de ces cages, il y avait des chaines particulièrement solides. Sans prononcer le moindre mot, Lexie et les autres loups-garous entrèrent chacun dans l’une des cages et s’attachèrent. Mon regard ne quittait pas une seule seconde Lexie, sans que je sache ce que je devais faire. Je restai planté dans mon coin, pendant qu’ils se préparaient. Une fois solidement attaché, les lycans donnèrent les clefs de leur chaine à Chloé qui ferma ensuite les cages à clefs.
– Ne lui fais aucun mal ! Me lança Laurent, d’un ton que je n’appréciai pas du tout. Je savais qu’il parlait de Chloé, il ne devait pas avoir confiance en moi parce que j’étais une vampire. Il avait vraiment beaucoup de point commun avec Paul…
– Elle ne lui fera rien, laisse la tranquille ! Avait-lancé Lexie de sa cage. Elle tourna son regard vers moi. On se voit tout à l’heure. Il s’écoula à peine une seconde après le dernier mot de Lexie avant qu’un grognement de la part de Jean-Claude me fasse sursauter. Si mon cœur battait encore, il était évident qu’il serait en train de sortir de ma poitrine. Je reculai de quelques pas alors que j’entendais petit-à-petit les os des cinq personnes devant moi se briser, puisque la transformation était commencée. Mais ce ne fut pas tant ces bruits d’os qui me perturbèrent que les cris des lycans. J’avais vraiment mal pour eux.
– Emilie, viens avec moi. On va remonter à l’étage, ça vaut mieux.
Chloé m’adressa un sourire, me faisant signe de la suivre. Je préférais en effet quitter cette pièce.

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Message#Sujet: Re: La lune de sang   Lun 18 Avr - 18:40

J'adore ! J'adore ! J'adore ! J'adore ! J'adore ! J'adore ! J'adore ! J'adore ! J'adore ! J'adore ! J'adore ! J'adore ! J'adore ! J'adore ! J'adore ! J'adore ! J'adore ! J'adore ! J'adore ! J'adore ! J'adore ! J'adore ! J'adore ! J'adore ! J'adore ! J'adore ! J'adore ! J'adore ! J'adore ! J'adore ! J'adore ! J'adore ! J'adore ! J'adore ! J'adore ! J'adore ! J'adore ! J'adore ! J'adore ! J'adore ! J'adore ! J'adore ! J'adore ! J'adore ! J'adore ! J'adore ! J'adore ! J'adore ! J'adore ! J'adore ! J'adore ! J'adore ! J'adore ! J'adore ! J'adore ! J'adore ! J'adore ! J'adore ! J'adore ! J'adore ! J'adore ! J'adore ! J'adore ! J'adore ! J'adore ! J'adore ! J'adore ! J'adore ! J'adore ! J'adore ! J'adore ! J'adore ! J'adore ! J'adore ! J'adore ! J'adore ! J'adore ! J'adore ! J'adore ! J'adore ! J'adore ! J'adore ! J'adore ! J'adore ! J'adore ! J'adore ! J'adore ! J'adore ! J'adore ! J'adore ! J'adore ! J'adore ! J'adore ! J'adore ! J'adore ! J'adore ! J'adore ! J'adore ! J'adore ! J'adore ! J'adore ! J'adore ! J'adore ! J'adore ! J'adore ! J'adore ! J'adore ! J'adore ! J'adore ! J'adore ! J'adore ! J'adore ! J'adore ! J'adore ! J'adore ! J'adore ! J'adore ! J'adore ! J'adore ! J'adore ! J'adore ! J'adore ! J'adore ! J'adore ! J'adore ! J'adore ! J'adore ! J'adore ! J'adore ! J'adore ! J'adore ! J'adore ! J'adore ! J'adore ! J'adore ! J'adore ! J'adore ! J'adore ! J'adore ! J'adore ! J'adore ! J'adore ! J'adore ! J'adore ! J'adore ! J'adore ! J'adore ! J'adore ! J'adore ! J'adore ! J'adore ! J'adore ! J'adore ! J'adore ! J'adore ! J'adore ! J'adore ! J'adore ! J'adore ! J'adore ! J'adore ! J'adore ! J'adore ! J'adore ! J'adore ! J'adore ! J'adore ! J'adore ! J'adore ! J'adore ! J'adore ! J'adore ! J'adore ! J'adore ! J'adore ! J'adore ! J'adore ! J'adore ! J'adore ! J'adore ! J'adore ! J'adore ! J'adore ! J'adore ! J'adore ! J'adore ! J'adore ! J'adore ! J'adore ! J'adore ! J'adore ! J'adore ! J'adore ! J'adore ! J'adore ! J'adore ! J'adore ! J'adore ! J'adore ! J'adore ! J'adore ! J'adore ! J'adore ! J'adore ! J'adore ! J'adore ! J'adore ! J'adore ! J'adore ! J'adore ! J'adore ! J'adore ! J'adore ! J'adore ! J'adore ! J'adore ! J'adore ! J'adore ! J'adore ! J'adore ! J'adore ! J'adore ! J'adore ! J'adore ! J'adore ! J'adore ! J'adore ! J'adore ! J'adore ! J'adore ! J'adore ! J'adore ! J'adore ! J'adore ! J'adore ! J'adore ! J'adore ! J'adore ! J'adore ! J'adore !


Ça m'aurait pas dérangé que tu coupes ton chapitre plus loin, à moi, je suis méga frustrée de la mort qui tue, là

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Message#Sujet: Re: La lune de sang   Ven 27 Mai - 16:25

Voila la suite  

LA LUNE DE SANG


Chapitre 9


– Ce n’est pas très jolie à voir n’est-ce pas ?
Chloé et moi, nous trouvions de nouveau dans le salon. Nous avions laissé Lexie et les autres dans leurs cages de la cave. Je ne parvenais pas vraiment à comprendre pourquoi j’avais été invité à ce spectacle. Je parvenais à entendre les grognements des loups dans leurs cages, me doutant que ce n’était pas le cas de la jeune femme à mes côtés. La pièce semblait bien insonorisée, sans doute pour éviter d’attirer l’attention de personne un peu trop curieuse. Sauf que ce n’était pas suffisant pour mon ouïe de vampire et je n’aimais pas vraiment entendre tous ces bruits. Je ne parvenais pas à distinguer ceux de Lexie des autres, elle n’avait évidemment pas la même voix sous sa forme de loup.
– Lexie a un peu de mal à comprendre que ce n’est pas forcément une partie de plaisir pour tout le monde.
Sur ce point, je ne pouvais évidemment pas contredire Chloé, je partageais son opinion. Evidemment, j’étais touchée qu’elle me fasse à ce point confiance pour me laisser venir chez eux, alors qu’ils devaient s’enfermer dans leurs caves, mais je n’étais pas vraiment à l’aise.
– Tout comme ce n’est pas évident de s’intégrer à la meute.
– Comment vous faites pour supporter ça ?
– Tu peux me tutoyer Emilie, me dit-elle avant de répondre à ma question. On ne peut pas dire que j’ai vraiment le choix. J’aime Laurent et je suis sa femme, je vis avec sa condition. Même si ce n’est pas toujours évident d’y trouver une place quand on n’est pas comme eux.
– Ca vous… te fais quoi d’être une humaine parmi tous ses loups-garous ?
Je savais parfaitement que je ne posais pas la question simplement parce que je m’intéressais à la vie de Chloé, même si je m’y intéressais effectivement. Je trouvais qu’elle avait énormément de courage de vivre avec la meute et après le petite spectacle dont j’avais eu le droit, je ne savais pas vraiment si j’aurais été capable de le faire. Même si, la question ne se posait pas vraiment de toute façon. Je ne savais pas si je pouvais considérer ma relation avec Lexie comme vraiment sérieuse. On s’amusait bien toutes les deux, je pouvais même dire que je l’aimais, mais c’était si compliqué. Et comme d’habitude, je ne faisais que me poser mille questions et ce n’était pas forcément les bonnes. Même si on s’amusait bien ensemble et que la « famille » de Lexie semblait pour la plupart sympathique – j’avais quand même un peu de mal avec Laurent – j’étais une toute autre créature.
– Je ne vais pas te dire que c’est facile tous les jours. Et, oui c’est dangereux.
Je n’avais pas posé la question, mais il semblait que Chloé avait lu entre mes lignes. Je me demandais en effet si c’est dangereux.
– Des accidents peuvent arriver, mais Sébastien fait en sorte que cela n’arrive pas dans sa meute. Je ne crains pas pour ma vie avec eux. Je n’ai pas plus de risque d’avoir des problèmes qu’en sortant dans la rue pour aller faire mes courses.
Je ne savais pas vraiment si je pouvais croire en ces mots, parce qu’elle vivait quand même avec des bêtes assoiffé de chair humain une fois par mois. En même temps, elle se trouvait actuellement dans la même pièce qu’une autre créature assoiffé de sang humain. J’étais la preuve que je n’étais pas complètement un danger pour ma mère, puisque je continuais de la voir régulièrement et que je n’avais pas l’intention d’arrêter de sitôt, même s’il faudrait que j’envisage de couper le cordon un jour où l’autre. Pour l’instant, je ressemblais encore à l’humaine que j’étais, mais les années n’avaient plus d’influence sur moi. Même si ma mère ne se poserait jamais de question, ça allait quand même rapidement se voir.
– Je connais très bien Sébastien et je sais qu’il ne s’engage dans rien sans avoir longuement réfléchis. Je ne sais pas si les choses peuvent évoluer avec ta mère, mais il ne fera rien qui la mettra en danger.
J’avais un peu le sentiment que ma vie entière avait été déballé aux lycans, ils connaissaient tous ma mère, ma condition, je n’avais sans doute aucun secret pour eux. C’était rassurant en un sens, j’appréciais la remarque de Chloé, mais en même temps c’était particulièrement angoissant.

Nous continuâmes à discuter un moment avec Chloé, puis elle prit congé pour aller se coucher. Elle me laissa seule dans ce salon que je ne connaissais pas vraiment, en proie aux doutes. Je ne savais vraiment pas quoi penser de tout ça. J’appréciais que Lexie me fasse à ce point confiance en me faisant venir une nuit de pleine lune pour me présenter sa famille, enfin sa meute, mais je ne me sentais pas vraiment à mon aise. Je parvenais encore à entendre les bruits des loups provenant de la cave, ils étaient bien plus calmes mais par moment ils grondaient. Je n’avais vraiment pas ma place ici. C’était une chose d’être une humaine parmi une meute de loup-garou, ce que ma mère risquait de devenir apparemment, c’en était une autre d’être une vampire dans ce même groupe. Mais en même temps, j’étais bien incapable d’envisager de me passer de Lexie. Pendant un temps, j’hésitai à rentrer chez moi et laisser les loups-garous tranquilles. Mais je savais que Lexie attendait de me revoir le lendemain matin. Alors je pris sur moi et me rendit dans la chambre de Lexie, plus loin de la cave que le salon et tenta de passer le temps en lisant un livre de sa bibliothèque. Je tentai de me concentrer sur ma lecture, mais j’étais souvent accaparé par les nombreux bruits que j’entendais dans cette maison. La respiration irrégulière de Chloé qui dormait dans l’une des chambres, les bruits venant de la cave qui étaient moins forts mais qui grondaient quand même en fond. Cette maison était tellement plus vivante que celle où je vivais avec mes « frères ».  Même si j’aimerais ne pas me rendre compte de la grande différence de vie que j’avais maintenant, elle me sautait aux yeux maintenant. Les vampires n’étaient que des cadavres ambulants, on était mort quoi qu’on le veuille. Et en contrepartie, les lycans semblaient tellement plus vivants.

Les heures me semblèrent longues avant que la lune se couche de nouveau et permette aux lycans de reprendre leurs formes humaines. J’entendis Chloé se réveiller et se lever. Elle m’appela du salon pour que je la rejoigne.
– Je vais aller déverrouiller leur cage, me dit-elle dans un léger sourire. Elle était fatiguée, je le voyais à son visage et à la manière dont elle parlait. Je savais qu’elle n’avait pas très bien dormi et je me demandais si cela venait du fait que les loups soient dans leur cage. Ils sont souvent à fleur de peau après une pleine lune, le mieux c’est que tu restes là.
– D’accord, pas de souci.
Je n’étais déjà pas bien à l’aise depuis mon arrivé, elle me mettait encore plus la pression maintenant. Je m’installai donc dans un coin du salon, pendant que Chloé passait la porte menant à la cave. Je n’eue aucun mal à entendre les cages être déverrouillée par l’humaine et les pas de tout le monde dans les escaliers. Le premier à passer la porte fut Jean-Claude, qui m’adressa un regard avant de monter à l’étage. Clara le suivit et m’adressa un signe de la main avec un grand sourire avant de monter également. Laurent et Chloé suivirent et sans surprise le loup-garou m’adressa un regard noir. Sébastien arriva à son tour suivit de près par Lexie, qui s’approcha vivement de moi pour m’embrasser. Dans un réflexe, je me reculai vivement, en grimaçant.
– C’est quoi cette grimace ?
– Je suis vraiment désolée, mais tu sens… très fort.
Pour ne pas dire qu’elle puait incroyablement le chien mouillé. D’habitude je n’avais pas de souci avec ça, je m’y étais fait, mais là, ça avait emplit mes narines et tout mon corps s’était raidit. Sans doute un réflexe de survie.
– Bon, bah je crois que je n’ai pas d’autre choix que d’aller prendre une douche alors.
Lexie me lança un regard qui me laisser imaginer ce qu’elle avait en tête.
– Je fais vite.
Et sur ces mots, elle se rendit dans la salle de bain. Pendant ce temps, je repartis m’installer dans sa chambre. Les autres loups-garous avaient visiblement pris le parti d’aller se coucher. Encore une fois je pouvais constater à quel point cette maison était vivante. J’entendais parfaitement l’eau de la douche couler et je ne pus m’empêcher de laisser mon imagination vadrouiller un peu. Lexie termina rapidement sa douche et me retrouva dans sa chambre, simplement vêtue d’une serviette recouvrant son corps. Je n’eue pas le temps de dire quoi que ce soit qu’elle venait plaquer ses lèvres sur les miennes.
– C’est mieux ?
– Beaucoup, répondis-je dans un sourire, alors que le parfum de son gel douche à la noix de coco remplissait mes narines.
– Ça va ? Me demanda-t-elle soudain, je la sentais vraiment inquiète, s’installant à mes côtés sur son lit.
– Oui, bien sûr pourquoi ?
– Tu as l’air… d’une fille qui se pose encore trop de question.
Elle n’avait pas tort, je m’en posais vraiment trop. Ce qu’elle ne faisait pas assez à mes yeux.
– C’est juste que c’est un peu perturbant tout ça. J’attrapai sa main dans la mienne, laissant mes doigts glisser doucement sur son poignet où il y avait la marque des chaines qu’elle avait accroché autour. La chaire était encore à vif. Ça doit te faire vraiment mal…
– Ce n’est pas une partie de plaisir mais ça va, on s’en remet vite. Ce soir, il n’y aura plus aucune trace et après je serais tranquille jusqu’au mois prochain.
– J’ai entendu tes os se briser un par un et tes hurlements…
Ainsi que ceux des autres lycans évidemment, heureusement qu’ils n’étaient pas trop nombreux.
– Mais c’est rien ça. Avec le temps on s’y fait.
J’avais vraiment beaucoup de mal à comprendre comment elle arrivait à tout prendre à la légère de cette manière. C’était comme s’il n’y avait rien de grave, comme si tout était cool.
– Quoi tu t’inquiètes pour moi ? Me demanda-t-elle d’un ton taquin.
– Non ce n’est pas ça. C’est juste que… Je poussai un soupir avant de reprendre. J’ai eu mal pour toi. Ce n’était pas agréable de te voir comme ça, de t’entendre hurler. Je me suis senti inutile et en plus, tout mon corps me disait de fuir de là parce qu’il y avait du danger.
– T’es trop mignonne.
– On peut pas avoir une discussion sérieuse avec toi, soupirais-je.
– Mais qu’est-ce que tu veux que je te dise en même temps ? J’y peux rien, c’est comme ça. Oui j’ai les os qui se brisent à chaque pleine lune, ça me fait mal et franchement je passe une nuit de merde. Mais c’est comme ça, je ne peux pas changer ma situation. Je me contente juste de l’accepter comme elle est. Et tu devrais en faire de même, tu prends vraiment beaucoup trop les choses au sérieuses toi.
Ce fut la première fois que je vis Lexie aussi sérieuse, comme quoi elle était capable de l’être finalement. Et en plus, elle avait complètement raison dans ce qu’elle disait. J’aimerais vraiment arrêter de me poser autant de question.
– En plus je suis désolée, mais c’est moins dégueulasse qu’un vampire qui plante ses crocs pour sucer le sang de ses victimes, me lança-t-elle alors, retrouvant cette légèreté que je lui connais bien.
– Je ne bois pas de sang humain, répliquais-je dans un sourire en coin.
– Dans une poche de sang alors si tu préfères.
– Ca n’a rien de dégoutant. Et puis nous, on est pas couvert de poil.
Lexie se mit à sourire comme j’adorais la voir sourire. D’accord, j’étais peut-être un peu trop sérieuse. C’était bien plus agréable de prendre les choses légèrement.
– Ouais, mais mes poils sont super doux.
J’éclatai de rire à sa remarque, elle était complètement folle. Et moi j’étais tout bonnement folle d’elle. Nous étions bien différentes et pourtant, j’avais juste le sentiment d’être vivante à ses côtés. Elle était capable de tout me faire oublier avec quelques mots, quand elle me regardait avec son sourire qui me faisait fondre. J’avais jamais connu ça, de mon vivant et dans ma mort. Je ne savais pas si le fait que je ressente tout plus fortement depuis que j’étais une vampire jouait ou pas, mais elle le retournait complètement et j’adorais vraiment ça. Alors je n’étais pas plus rassurée concernant l’éventuelle place de ma mère dans cette meute et encore moins de la mienne auprès de Lexie, si j’allais parvenir à supporter le fait que son corps se déchirait à chaque pleine lune, mais ça m’était égal pour le moment. Ma main tenait toujours celle de Lexie et mes doigts s’enroulèrent autour des siens. Je vins m’emparer de nouveau de ses lèvres, pendant que ma main libre venait se glisser dans ses cheveux encore mouillés pour la rapprocher plus encore.
– On devrait profiter qu’ils dorment tous, me glissa-t-elle doucement quand nos lèvres se séparèrent.
– Ils ne dorment pas tous.
Lexie me regarda d’un air surpris, avant de comprendre où je voulais en venir. J’entendais parfaitement ce qui se passait dans les autres chambres et ils ne dormaient effectivement pas tous.
– Ça m’étonne pas tient ! C’est notre instinct bestial ça, on a besoin de dominer nos femelles.
– Vos femelles ?
– C’est ça, nos femelles, reprit-elle toujours avec ce sourire craquant. Et tu es ma femelle.
– C’est la plus belle déclaration qu’on ne m’ait jamais faite.
– J’en étais sure !
Nos lèvres se retrouvèrent, dans une passion nouvelle que je trouvais vraiment savoureuse. Il y avait une lueur nouvelle dans le regard de Lexie. Mes sensations étaient complètement troublées, complètement retournés. Elle avait un pouvoir dingue sur moi, elle me rendait complètement folle quand elle parlait et quand elle ne parlait pas. Sa simple présence suffisait, ainsi que le contact de ses mains sur ma peau. J’entendais les battements de son cœur s’accélérer et son sang couler plus rapidement dans ses veines. Sa peau entière était recouverte de frissons sous mes propres mains. Son odeur venait de prendre un arôme particulier, celui de l’excitation et de la bestialité en même temps. Je ressentais la même bestialité en moi également, j’avais envie qu’elle m’appartienne toute entière, de faire d’elle ma proie. Et pour la première fois, j’avais envie de chasser. Je savais que je ne lui ferais rien, mais ça ne retirait rien à la saveur de cette chasse, le fait de l’avoir comme proie, à ma merci. Je jouais avec le feu en déposant mes lèvres dans son cou, je pouvais sentir son poult avec et l’odeur de son sang emplissait mes narines. Mais je n’avais pas faim de ça non, j’avais faim de tout autre chose. Chaque parcelle de ma peau réclamait la sienne, j’avais envie de la découvrir toute entière. Qu’elle m’appartienne et que je lui appartienne entièrement, qu’elle soit à moi autant que j’avais envie d’être à elle. Peu importe les conséquences, peu importe ce qu’il pouvait se passer, je laissais mes sens dicter chaque geste que j’effectuais.

Jusqu’à ce que soudainement je sois prise d’une angoisse nouvelle quand j’entendis mon téléphone sonner, plus tardivement que d’habitude. Je me redressai, accompagnée d’un gémissement de plainte de Lexie pour l’attraper et décrocher. Je n’avais pas besoin d’entendre la moindre parole pour savoir qu’il venait de se passer quelque chose.
– Rentre maintenant, m’ordonna Edouard à l’autre bout du fil.

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Message#Sujet: Re: La lune de sang   Ven 27 Mai - 17:01




Voilà voilà

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Message#Sujet: Re: La lune de sang   Ven 27 Mai - 17:02

Ouaaah que d'effet

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Message#Sujet: Re: La lune de sang   Ven 3 Juin - 23:16

J'espère que la suite va vous plaire

LA LUNE DE SANG


Chapitre 11


En entendant la voix d’Edouard, je savais que je n’avais pas le choix. Il se passait quelque chose et il fallait absolument que je rentre maintenant. Et même si je n’avais pas voulu le faire – au vu de la situation – j’aurais été bien incapable d’aller à l’encontre de l’ordre de celui que je considérais comme un père. Je devais rentrer, maintenant, sans perdre d’instant. Alors j’avais ramassé toute mes affaires et quitté la maison de Lexie, sans qu’elle ne comprenne vraiment ce qui se passait. Je m’en voulais de partir de cette manière, mais il fallait vraiment que je rentre chez moi. Je promis à Lexie que j’allais la tenir rapidement au courant de ce qui se passait, dès que j’en saurais plus, en espérant qu’elle ne m’en voudrait pas trop. De toute façon, je n’avais pas le choix.

Je fus rapidement devant la porte de notre maison, que j’ouvris sans perdre un instant. A peine inspirais-je l’air, je me sentis suffoquer par l’odeur. C’était un mélange d’odeur de sang et de mort. Je me rendis immédiatement à l’origine de cette odeur, le salon. C’était pire que ce que j’avais pu imaginer. Erwan était allongé sur le canapé, une partie de son abdomen avait été arrachée. Edouard était à ses côtés et Paul se tenait dans un coin de la pièce. Je pouvais sentir la colère et la peur qu’ils dégageaient tous.
– Oh mon dieu…
Je m’approchai vivement d’Erwan, m’asseyant à même le sol à ses côtés en attrapant sa main. Elle était chaude, bouillante même. Sa peau était encore plus pâle que d’habitude et ses yeux étaient injectés de sang. Son regard témoignait de la souffrance qu’il ressentait et de sa crainte, la même que j’étais en train de ressentir à cet instant aussi.
– Qu’est-ce qui s’est passé ?
Ma voix tremblait comme elle n’avait encore jamais tremblée auparavant.
– Ce sont des amis, ceux dont tu portes l’odeur, me lança durement Paul dans mon dos. Je ne comprenais pas du tout où il voulait en venir.
– Il a été attaqué par un loup-garou…
La voix d’Edouard était si triste, je ne l’avais jamais entendu comme ça. Il semblait avoir perdu toute l’assurance dont il faisait preuve d’ordinaire. Je tournai mon regard vers lui doucement, ses yeux étaient complètement vides d’expression.
– Il va s’en sortir ?
Je posais cette question alors que je connaissais parfaitement la réponse. Edouard ne répondit pas, alors je tournai mon regard vers Paul qui m’adressa cette fois un regard triste. Ils n’avaient pas besoin de répondre pour que je le sache en effet, on ne s’en sortait pas d’une morsure de loup-garou. J’eue le sentiment qu’on était en train de m’arracher la poitrine et je fus incapable de retenir plus les larmes qui avaient commencé à embrumer ma vision.
– Emilie…
La voix d’Erwan était rauque. Je déposai délicatement une main sur son visage, mon regard plongé dans le sien. Je ne voulais pas le perdre, je ne pouvais pas.
– Ça va aller… tu verras… tout va aller bien.
– Chut.
Je n’avais pas envie de l’entendre me parler, il se fatiguait pour rien. Je ne voulais pas qu’il se fatigue pour me dire que tout irait bien, alors que c’était faux. Rien ne pouvait aller bien s’il m’abandonnait. Qu’est-ce que j’allais pouvoir faire sans lui ? Je n’en revenais pas de ce qui était en train de se produire. Ce n’était pas possible, ça ne pouvait pas arriver.
– Ecoutes-moi.
J’avais envie qu’il se taise, mais je ne pouvais pas non plus l’empêcher de me parler. Je ne voulais pas le faire alors qu’il était en train de mourir. Il y avait quelque chose dans son regard qui me disait qu’il avait vraiment envie de me dire quelque chose.
– Je veux que… tu me fasses une promesse…
Je me contentai de faire un signe de la tête pour répondre.
– Ne baisse… pas les bras. Continue comme ça. Profites… de ta vie. Ne rentre pas… dans une colère inutile. Passe au-dessus de ça.
Il continua de me regarder intensément, attendant que je lui fasse la promesse. Ce que je fis donc, sincèrement, même si je ne savais pas comment j’allais y parvenir. A peine quelque seconde après, il poussa son dernier soupire. Je sentis la main d’Edouard se poser sur mon épaule et ses doigts la broyer, alors que le corps de mon ami se transformait petit-à-petit à un cadavre squelettique. J’avais eu mal avant, mais ce fut encore pire en cette seconde. Je me mis à hurler avant de m’effondrer sur le corps de mon frère de cœur qui venait de mettre si sauvagement arraché.

Je ne sus pas combien de temps je restai comme ça. Edouard avait fini par se lever pour aller s’enfermer dans sa chambre, Paul était encore avec moi. J’avais arrêté de pleurer, mais ma tête était encore appuyée sur le corps de mon ami. Je tournai en boucle ce qui s’était passé depuis que j’avais reçu l’appel d’Edouard, encore et encore. Je n’arrivais pas à croire que c’était Erwan qui se trouvait là, qu’il venait de mourir. On ne devait pas mourir normalement, on devait vivre éternellement. Jamais je n’aurais cru qu’on aurait pu me le prendre. Paul marchait dans le salon, il allait et venait en boucle, jusqu’à ce qu’il vienne s’installer dans mon champ de vision.
– Ecartes toi de lui, il faut qu’on le mette ailleurs.
Je ne répondis rien et ne bougea pas d’un cil, il n’était pas question que je me déplace. Je savais bien que je ne pouvais pas rester indéfiniment là, qu’il fallait qu’on déplace son corps, mais je ne pouvais pas m’y résoudre. Même s’il ne ressemblait plus qu’à un squelette maintenant.
– Emilie !
– Fermes là !
Ce n’était pas le bon moment pour nous disputer encore, j’en avais bien conscience, mais je n’avais aucune envie de bouger.
– On est complètement bête de les avoir laissé s’approcher.
Je levai mes yeux vers lui, comprenant trop bien ce qu’il voulait dire par là.
– Ce n’est pas eux. Je peux l’affirmer moi-même, ils n’ont rien fait.
– Mais quelqu’un a fait !
Je savais que Lexie et les autres n’avaient pas pu s’en prendre à Erwan, mais effectivement il y avait bien un loup-garou qui l’avait attaqué. Sauf que ce dernier n’avait aucun rapport avec la meute de Sébastien, ils étaient tous dans leur cage et je pouvais attester qu’ils n’en étaient pas sortis.
– Oui, mais ils n’ont rien à voir là-dedans.
– Ils sont tous pareil ! me lança vivement Paul. Je le voyais de nouveau trembler de haine, ce qui ne m’aidait pas à me calmer de mon côté.
– Ils ne sont pas pareil. Ils n’ont rien à voir dedans, alors enlèves toi cette idée de la tête.
– C’est ce qu’on verra…
Sur ces mots, Paul s’éloigna à son tour et moi je ne bougeai toujours pas. Je ne parvenais vraiment pas à me relever, à m’écarter du corps de mon meilleur ami. Cela ne servait évidemment à rien, ça n’allait pas changer la situation. Erwan était mort et il n’allait pas revenir. On me l’avait pris et je ne savais même pas ce qui s’était passé. Peut-être qu’Erwan avait eu le temps de tout expliquer à Edouard et Paul, mais je n’arrivais pas à se décider à me lever afin d’aller leur parler. De toute façon, je savais que cela ne servait à rien du tout de parler avec Paul, il valait mieux que je m’adresse à Edouard. Sauf que pour cela, il fallait vraiment que j’arrive à m’éloigner d’Erwan. Enfin, de ce qu’il restait, puisqu’on ne pouvait pas vraiment dire qu’il s’agisse encore d’Erwan.

Au bout d’un moment, je finis enfin par me lever. Paul était sorti de la maison, Edouard devait se trouver dans sa chambre. Moi, je ne savais pas du tout ce que j’avais envie de faire. Je décidai donc de me diriger vers ma chambre, un poids sur le cœur à l’idée de laisser le corps d’Erwan sur le canapé. Machinalement, j’attrapai mon téléphone qui se trouvait dans ma poche et que j’avais complètement oublié depuis mon arrivé. Il y avait plusieurs appels en absence de Lexie, elle devait être en train de s’inquiéter. Je m’en voulais un peu de ne pas avoir répondu, de la laisser dans l’ignorance. J’étais partie si rapidement de chez elle, sans qu’elle ne puisse comprendre quoi que ce soit, puisqu’elle ne savait pas encore à ce moment-là ce qui était en train de se passer. Je ne savais même pas depuis combien de temps j’étais partie. Je m’apprêtai à l’appeler quand je repensai soudainement aux propos de Paul. Les derniers mots qu’il avait prononcés me laissaient soudainement une impression étrange. Il était vraiment en colère et je savais, d’expérience, de quoi il était capable quand il était dans cet état. Et s’il avait envie de se venger ? J’avais un très mauvais pressentiment, je ne pouvais pas l’ignorer. En redescendant rapidement les escaliers, j’actionnai le bouton d’appel de mon téléphone pour joindre Lexie. A chaque sonnerie qui retentissait, j’avais de plus en plus peur. Elle ne décrocha pas, ce qui me poussa à aller encore plus vite pour sortir de la maison. Il fallait que je me trompe, faites que je me trompe. Quand j’ouvris vivement la porte, j’eue un mouvement de sursaut en tombant nez à nez avec Lexie qui était sur le point de frapper, Sébastien derrière elle.
– Lexie ! Ça va ? m’empressai-je de demander de ma voix toujours tremblante et légèrement plus roque que d’habitude.
– Qu’est-ce qui t’arrive ? Tu ne réponds pas, je m’inquiète…
Elle avait l’air d’aller bien, en dehors de son inquiétude. Je m’étais peut-être fait des idées finalement, ce qui ne m’étonnerais pas au vu de la situation. Je mis quelques secondes avant de parvenir à reprendre la parole, poussant un long soupir afin de me remettre de mes émotions.
– Il s’est passé un truc… Je tournai un instant mon regard vers Sébastien, qui me regardait aussi d’un air inquiet, avant de reporter mes yeux vers Lexie. Erwan a été mordu par un… loup-garou.
Je vis le regard de Lexie changer, mais nous n’eûmes le temps de ne rien ajouter de plus avant qu’un grognement ne se fasse entendre. Vivement, je décalai Lexie afin de me positionner entre elle et l’origine du grognement, qui n’était autre que Paul. Sébastien vint s’installer jusqu’à côté de moi. La tension était clairement palpable. Mes yeux étaient fixés sur ceux de Paul, je parvenais à y lire toute la colère qu’il ressentait et qui était bien plus puissante que celle qu’il avait eu quand j’avais lu dans son journal. Cette colère que je comprenais parfaitement, mais que je ne pouvais pas cautionner.
– Ils n’y sont pour rien Paul.
Je tentais de garder une voix la plus calme possible, même si elle continuait encore et toujours de trembler. Je savais que Paul était sur les nerfs et qu’il pouvait agir à tout moment. Paul ne prit même pas la peine de me répondre, il se contenta d’observer les deux loups-garous, le regard noir, les muscles tendus. Je sentis Lexie faire un pas en avant derrière moi, mais ce fut Sébastien qui se mit à gronder alors, l’obligeant à reculer. Il était le chef de la meute, il voulait sans doute la protéger et elle n’avait pas le choix d’obéir. J’étais de l’avis de l’Alfa, elle devait rester à l’écart. Il y avait un mélange d’odeur qui me perturbait énormément, je peinais à complètement me concentrer sur Paul. Parce que je sentais la présence de Lexie dans mon dos et que je craignais qu’il lui fasse quoi que ce soit. Ce fut sans doute pour cette raison qu’il me prit vitesse en fonçant sur moi, me bousculant sur le côté contre le mur. Mais je mis moins d’une seconde avant de reprendre contenance et de foncer à mon tour vers Paul, sautant sur son dos, enroulant mes jambes et mes bras autour de lui. Je n’avais pas envie de le blesser, mais je ne pouvais pas le laisser s’en prendre à Lexie et Sébastien, même si je ne doutais pas une seconde des capacités du loup-garou pour se défendre. Serrant le plus possible mes jambes, j’enfonçai mes ongles dans la poitrine de Paul, perçant sa chair, ce qui le fit crier. Il leva son bras droit pour attraper la chevelure qu’il tira violemment. Du mieux que je pouvais, je me tortillai pour mordre son bras et le faire lâcher prise. Mon acte n’eut pas vraiment l’effet escompté, puisque dans un accès de rage, Paul parvint à me jeter au sol. Sans prendre la peine de reprendre mon souffle, me découvrant une condition physique que je n’avais pas eu à exploiter jusqu’à présent, je me redressai pour revenir entre Paul et les lycans.
– Ce ne sont pas eux ! criai-je, le souffle plus cout que je ne l’aurais cru. J’étais avec eux cette nuit, je sais qu’ils n’ont rien fait. Ça ne sert à rien de t’en prendre à eux.
La mâchoire de Paul se serra plus fortement encore, me faisant comprendre que mes mots ne parviendraient pas à le convaincre. Je ne bougeai pas, prête à agir de nouveau pour l’empêcher de fondre une nouvelle fois sur les loups-garous derrière moi. Ce qu’il fit, je me mis à courir en même temps dans sa direction. Mais mon corps s’arrêta net au même instant que le sien, j’étais incapable de bouger. Les pas lent d’Edouard raisonnèrent alors qu’il s’approchait de nous. Il vint se positionner dans notre champ de vision, le visage tordu par la douleur et la tristesse. Il ne prononça aucun mot pendant quelques longues secondes, se contentant de nous regarder à tour de rôle. Je m’attendais à ce qu’il se mette à crier, comme la dernière fois qu’il avait été obligé de nous séparer. Mais ce fut d’une voix bien trop calme qu’il prit la parole.
– Pensez-vous qu’en cet instant, j’ai le cœur à jouer l’arbitre entre vous ?
Ses mots me fendirent le cœur. Le regard que Paul tourna vers moi changea complètement, il était de nouveau triste et avait perdu toute la sombre colère qu’il avait ressentie juste avant.
– Je viens de perdre un fils… C’était la première fois que j’entendais celui que je considérais comme un père de cœur qualifier l’un d’entre nous comme son enfant. Pourtant, nous le considérions tous comme un père. Je ne veux pas vous perdre à cause de querelle idiote.
Je sentis la pression sur mon corps disparaître suite à ces propos. Paul fit un pas en arrière, le regard tourné vers le sol. Edouard semblait encore si calme, beaucoup trop calme au vu de la situation. Je savais qu’il était particulièrement affecté par ce qui venait d’arriver, je parvenais à le sentir. Nous ne prononçâmes aucun mot, mais j’étais persuadé que nous pensions la même chose avec Paul. Ce dernier lança un dernier regard aux lycans avant de rentrer dans la maison. Il était toujours en colère et le serait sans doute à jamais, mais j’osais espérer qu’il ne la tournerait plus vers la meute de Lexie. Edouard ne dit aucun mot non plus avant de prendre le même chemin. Malgré que je puisse bouger, je ne le fis pas. Sébastien s’approcha de moi et posa une main compatissante sur mon épaule, je comprenais ce qu’il voulait me dire dans ce geste. Il s’éloigna et ce fut à Lexie de s’approcher de moi, elle me prit dans ses bras. Inspirant longuement, je m’imprégnai de son odeur, qui n’avait plus vraiment la même saveur pour moi. C’était comme si la mort avait laissé son empreinte dans son odeur.
– Je suis tellement désolée, me dit-elle en desserrant son étreinte.

J’aurais tout donné pour revenir quelques heures avant, quand je me trouvais encore chez elle et que je ne me doutais pas un seul instant de ce qui allait se passer. Parce que tout était différent maintenant.
– Lexie, il faut que tu rentres chez toi.
Elle m’adressa un regard compréhensif, elle se doutait que la situation était compliquée. Mais je savais qu’elle ne se rendait pas compte à quel point elle était compliquée, à quel point elle était différente.
– Tu m’appelles ?
Je regrettais déjà ce que je m’apprêtais à dire.
– Il faut que tu rentres chez toi… et que tu ne reviennes plus.
Le regard de Lexie changea, elle venait de comprendre où je voulais en venir. J’entendis son cœur se mettre à battre plus rapidement, sa lèvre inférieur était déjà en train de trembler. Je ne me posais pas simplement des questions, je ne mettais pas des barrières par crainte, je faisais ce que je n’avais pas le choix.
– Tu l’as dit tout à l’heure, on y est pour rien. Je comprends que ça soit difficilement, mais tu sais bien qu’on a rien fait à ton ami. Ce n’est pas nous.
– Vous n’avez rien fais, mais un loup-garou a tué mon ami Lexie. Erwan est mort, parce qu’il a été mordu par l’un des vôtres. On ne peut pas, ce n’est pas dans nos natures.
– On s’en fout de nos natures ! me lança-t-elle vivement, la voix tremblante à cause de l’émotion. Je faisais de mon mieux pour ne rien montrer de mon côté, pour rester droite.
– Vous êtes toxiques pour nous. Je n’avais aucune envie de lui faire de mal, mais je n’avais pas vraiment le choix. Je reculai de quelques pas, la gorge serrée à cause des mots que j’étais en train de prononcer. Je veux que tu disparaisses de ma vie. Je veux que toi et ta meute, vous vous éloignez de nous.

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Message#Sujet: Re: La lune de sang   Ven 3 Juin - 23:22

J'adooooooore tellement !!!!

Mais c'est trop triste, je suis toute retournée

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Message#Sujet: Re: La lune de sang   Ven 3 Juin - 23:23


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Message#Sujet: Re: La lune de sang   Sam 4 Juin - 21:18

Désolée d'avoir pris autant de temps à raccorder les wagons, mais ça y est, j'ai tout lu tout rattrapé !
Et mon dieu ma belle, je suis accro (même si tu viens juste un peu de tuer mon perso préféré, là oO) !!!!! Le dernier chapitre m'a scotchée à ma chaise !

À quand la suite ?
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Message#Sujet: Re: La lune de sang   Dim 5 Juin - 14:44

Niuuuu merci
Je vais tâcher de faire vite
(Et c'est pas drole si les personnes qu'on aime pas meurt )

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Message#Sujet: Re: La lune de sang   Sam 9 Juil - 0:56

LA LUNE DE SANG


Chapitre 12


Mes pas étaient très lourds alors que j’avançais lentement dans l’entrée de la maison. J’entendais encore le cœur de Lexie battre fortement derrière la porte d’entrée, mais pas seulement. J’entendais ses pleures aussi. C’était la première fois que je l’entendais pleurer, jusqu’à présent j’étais même incapable de l’imaginer le faire. Ça me brisait le cœur, mais je n’avais pas le choix. Je mourrais d’envie de faire demi-tour, d’ouvrir cette porte et de la rejoindre, sauf que je ne pouvais pas le faire. Comment je pouvais aimer une personne aussi nocive pour moi, les lycans et les vampires n’étaient pas du tout faits pour s’entendre. C’était impossible, ce n’était pas dans notre nature. Je ne pouvais pas faire comme si l’un des siens, même s’il ne faisait pas partie de sa meute, n’avait pas pris la vie de mon meilleur ami. Quand j’entendis finalement ses pas s’éloigner, comprenant qu’elle s’en allait, je me dirigeai vers ma chambre. J’avais le sentiment d’avoir un trou béant à la place du cœur. Je ne pensais pas qu’un cœur incapable de battre puisse me faire souffrir à ce point et pourtant, il était complètement déchiré. Il ne méritait sans doute pas mieux.

J’avais un peu le sentiment de ne plus être moi-même, comme si j’étais sortie de mon corps. J’avançais sans vraiment le faire, sans vraiment y réfléchir. Je me sentais si fatiguée tout d’un coup. Je m’allongeai doucement sur mon lit, fixant un moment le plafond, les images de dernières heures défilantes devant moi. Erwan étendu sur ce lit poussant son dernier soupire, le goût du sang de Paul dans ma bouche, le regard triste d’Edouard, la lèvre tremblotante de Lexie. C’était encore et encore les mêmes images en boucle, dans le même ordre, agrandissant de plus en plus le trou de ma poitrine. Quand la douleur fut insupportable, je ne pus m’empêcher de crier, mais je n’entendis rien. Alors je me mis à crier encore plus fort, sans résultat. Plus fortement encore, les larmes coulant à présent le long de mes joues, mes ongles s’enfonçant dans mon matelas. C’était toujours inefficace, alors mes ongles se plantèrent ensuite dans ma poitrine. J’avais mal, mais ça n’avait aucune comparaison avec la douleur intérieure. Ça dura longtemps, très longtemps, avant que finalement le ferme les yeux et je m’endorme.

***

– Ça fait combien de temps maintenant ?
– Ça va faire trois mois dans deux jours, répondit Paul d’une voix soupçonneuse. Depuis quand vous le connaissez ?
– Depuis presque toujours, on peut dire qu’on est frère.
– Il ne m’a jamais parlé de vous.
– C’est normal, nous avons eu quelques différents. J’aurais aimé me décidé à enfin venir le voir en d’autres circonstances.
– Vous devriez partir.
– Oh non, je ne vais pas partir.

***

Quand j’ouvris les yeux, je mis quelques secondes avant de me rappeler où je me trouvais. J’étais toujours dans mon lit, dans la même position de quand je me suis endormi. Je devais avoir dormi profondément, puisque tous mes muscles étaient endoloris. C’était peut-être le contre coup de mon altercation avec Paul. A cette pensée, je sentis la gorge se serrer encore. J’aurais aimé que cela ne soit qu’un mauvais rêve, mais ça ne pouvait pas être le cas. Erwan était bien mort et j’avais demandé à Lexie de s’éloigner de moi. L’odeur de Lexie me revint en mémoire, mais ce fut une sensation bien différente qui m’empara. Ma gorge était toujours serrée, mais ce fut une grande soif qui m’empara surtout. Une soif au point d’en avoir mal. Lentement, je me redressai, m’étirant un peu pour dénouer un peu mes membres. C’était la première fois que je me réveillais avec une sensation de ce genre. J’avais besoin de dormir ordinairement pour me reposer, mais ce n’était finalement qu’un sommeil de surface et mon corps était tout de suite opérationnel là. Ce qui n’était pas le cas maintenant, j’avais la sensation de me réveiller après une soirée bien trop arrosée, même si je n’avais plus aucune idée de ce que l’alcool pouvait bien provoquer sur le corps. Sans prendre la peine de me changer, je sortis de ma chambre pour descendre les escaliers. J’entendais du bruit dans la cuisine, alors instinctivement je m’y rendis, même si j’avais un peu la sensation de marcher avec un radar. J’étais encore si fatiguée…
– Je suppose que tu as faim.
La voix de Paul me sorti un peu de mes pensées, je levai doucement mes yeux sur lui. Il posa un grand bol remplit de sang chaud, qui provoqua un grognement au fond de ma gorge avant que je ne fonce dessus pour le boire cul sec. La sensation du sang coulant le long de ma gorge ne m’avait jamais été aussi agréable qu’en cet instant et le bol se vida bien trop rapidement à mon goût.
– Vas doucement quand même, me conseilla Paul avant de poser un autre bol sur la table que je ne mis pas longtemps à attraper pour lui faire connaître le même sort. Heureusement qu’on a de belle réserve.
– Ma faim ne se calme pas, dis-je d’une voix si roque qu’elle me surprit en posant le bol vide sur la table.
– C’est normal, tu vas avoir besoin de temps avant de te sentir rassasier.
Je sentais déjà les biens fait du sang dans mon organisme, je me sentais moins fatiguée, moins rouillée. Paul prit le temps de me préparer un autre bol, que j’attendis avec impatience, comme un chaton devant un bol de lait. A peine l’avait-il déposé sur la table que je l’attaquais à son tour.
– Comment tu te sens ?
– Mieux, m’exclamai-je avec une force nouvelle, comme un cri venant du cœur.
Je me sentais vraiment mieux oui, j’avais la sensation de ne pas avoir mangé depuis des lustres.
– Pourquoi tu te montres gentil avec moi ?
J’étais étonné de le voir me préparer du sang comme ça, comme s’il avait attendu que j’arrive pour le faire. Il me regardait différemment de tout à l’heure aussi, il y avait quelque chose de différent chez lui. Il y avait quelque chose de différent dans l’atmosphère aussi. Maintenant que ma faim ne me perturbait plus, je pouvais me concentrer un peu plus sur ce qui m’entourait. L’odeur de la maison n’avait pas changé, mais il y en avait des nouvelles parmi celles que je connaissais.
– Je n’ai pas de raison de ne pas l’être avec toi aujourd’hui.
Je lançai un regard septique à Paul, il n’avait pas non plus de raison d’être gentil. Et puis, il se remettait quand même bien rapidement de notre dernière dispute. Quand j’avais lu son journal (même si ce n’était pas vraiment comparable en termes de dispute), il ne m’avait pas adressé la parole pendant très longtemps.
– A ton avis, ça fait combien de temps que tu dors ?
– Pourquoi ? demandai-je, ne comprenant pas du tout où il voulait en venir. Pourquoi il me parlait de ça d’un coup, alors que je me demandais simplement pour quelle raison il se montrait sympathique avec moi. Quelques heures, peut-être un jour ou deux…
J’avais fini par répondre, sans vraiment de conviction. J’avais dormi profondément, c’était une certitude, mais je ne pouvais pas vraiment savoir combien de temps. Sans doute un moment, pour que j’ai si faim que ça, pour que je sois si groggy à mon réveil.
– Tu es bien loin.
– Ça fait combien de temps ?
J’étais prise d’une soudaine angoisse en attendant la réponse de Paul et les secondes qu’il mit avant de me répondre me parurent bien longues.
– Un an.

J’en croyais pas mes oreilles et pourtant j’avais bien entendu ce qu’il venait de me dire. Ça faisait un an que je dormais ? Je n’arrivais vraiment pas à le croire, je ne pouvais pas avoir dormi si longtemps sans m’en rendre compte. Aucun mot ne parvenait à sortir de ma bouche, alors que je réalisais petit-à-petit ce qu’il venait de m’annoncer. Je m’attendais à ce que Paul se mette à rire d’un coup pour me dire que c’était juste une farce et qu’il se moquait de moi. Je n’avais jamais autant espéré qu’il se moque de moi. Mais je voyais bien dans son regard qu’il disait la vérité, j’avais dormi pendant un an…
– Comment c’est possible ?
– Au cas où tu l’ais oublié entre temps, tu es un vampire je te rappel. Paul se mit alors à sourire, fier de sa petite remarque que je ne goûtais pas du tout de mon côté. Tu as encore énormément de chose à découvrir sur nos particularités.
J’aurais bien aimé qu’on m’en parle avant de me retrouver devant le fait accompli, je ne pensais vraiment pas que j’aurais pu « dormir » à ce point. Et je ne comprenais toujours pas pourquoi. Mon regard devait en dire long sur les questions qui traversaient mon esprit, parce que Paul reprit la parole avant même que je ne lui ai demandée quoi que ce soit, non sans soupirer quand même au passage.
– Quand on se trouve submerger par des émotions trop fortes, c’est généralement ce qui se passe. Me demande pas la raison, j’en sais rien. Je sais juste que c’est comme ça.
– De là à dormir un an quand même ?
– Un an, ce n’est vraiment pas grand-chose. Je pensais que tu étais partie pour bien plus longtemps que ça. J’ai fait bien pire une fois.
Ma gorge se serra encore une fois à l’idée que j’aurai pu dormir bien plus longtemps. Comme si une année entière n’était pas suffisante. C’était déjà énorme de dormir tout ce temps.
– Au bout de quelques centaines d’année, une journée n’est qu’un grain de sable dans l’existence et une année pas beaucoup plus.
– Je n’ai même pas une centaine d’année.
Et heureusement, j’avais bien du mal à imaginer ce que je pourrais devenir dans cent ans. Dans cent ans, ma mère ne serait plus.
– Ma mère ? Il faut que j’aille la voir, je ne sais même pas si elle va bien !
– Elle va bien.
La réponse de Paul me surpris, il était bien surprenant depuis que je m’étais réveillé.
– Il est où le vrai Paul ? Il leva les yeux au ciel, ne goutant apparemment pas plus à ma remarque que moi tout à l’heure à la sienne. Excuses moi d’être étonné d’apprendre que tu es au courant de comment va ma mère alors que tu n’as pas arrêté de me répéter que j’étais idiote de continuer à la voir.
– Ce n’est pas parce que j’ai gardé un œil de loin sur elle, que je te trouve moins idiote de garder contact avec elle. Elle est humaine et les humains finissent toujours par mourir.

La remarque de Paul me fit froid dans le dos. Je savais parfaitement qu’il avait raison bien sûr, mais je n’aimais pas penser à ça. Mais je savais aussi qu’il ne disait pas ça méchamment, du moins je n’en avais pas l’impression, il parlait d’expérience. Et forcément, je ne pouvais que penser à cette partie de son histoire que j’avais lu dans son journal. Elizabeth était une humaine et il l’avait aimé, au point de garder le collier de perle qu’elle portait à son cou alors qu’il n’était plus censé appartenir à son existence. Les propos de Paul me revinrent à l’esprit, concernant le temps long qu’il avait passé à dormir autrefois. J’ouvris la bouche dans le but de dire quelque chose à ce sujet, mais il me lança un regard noir qui me coupa dans mon élan. Il y avait des sujets bien trop sensibles à aborder et ce n’était pas parce qu’il se montrait plus cordiale avec moi que je pouvais me permettre de les mettre sur la table.

– Les humains ont tendance à mourir plus rapidement quand ils sont en contact avec des loups-garous, lança une voix derrière moi.
Je me retournai vivement pour faire face à l’homme qui venait de parler et que je n’avais même pas senti approcher. Il avait tout l’air d’un jeune homme à peine sortie de l’adolescence, mais je savais parfaitement que ce n’était pas le cas. Il dégageait la même aura qu’Edouard, celle d’une personne aillant énormément d’année derrière elle. Il m’observait avec ses yeux persans, un large sourire sur le visage. Je ne le connaissais pas du tout et je ne comprenais pas ce qu’il faisait dans la cuisine de notre maison, mais j’étais apparemment la seule surprise de sa présence.
– Désolé de t’avoir fait peur, me dit-il en se rapprochant de moi pour prendre ma main dans la sienne et la lever vers son visage pour un baisemain. Ce n’était pas du tout dans mon intention. J’avais oublié que tu ne pouvais pas savoir que j’étais là.
– Vous êtes qui ? Ma voix semblait se perdre dans un abime sans fond, alors que je me perdais moi-même dans ce regard qu’il me lançait.
– Tu peux m’appeler Francis, son sourire s’agrandit de plus belle. Je suis heureux de faire ta connaissance Emilie.

Je me mis à apprécier l’intonation de mon prénom dans la bouche de cet homme étrange qui se trouvait devant mes yeux, au point d’oublier complètement qu’il n’avait pas répondu vraiment à ma question. Ce vampire me faisait énormément penser à Edouard, mais il avait quelque chose en plus. Quelque chose de bien plus attirant, de bien plus attractif. Il n’avait toujours par lâchait ma main et moi je n’avais pas quitté ses yeux du regard.

– C’est un ami d’Edouard.
La voix de Paul fit l’effet d’une masse dans mon esprit et je repris ma main, en même temps que je détournais mon regard de celui de Francis, pour le poser sur Paul qui me semblait de nouveau plus tendu. Finalement, il n’avait pas vraiment changé en un an.
– Il est arrivé pendant que tu dormais.
– Où est Edouard ?
Maintenant que j’y pensais, je ne savais même pas où il se trouvait.
– Malheureusement, il dort encore. Répondit Francis à mes côtés, alors que je m’efforçais de ne pas tourner de nouveau mes yeux vers lui. Alors, j’attends simplement qu’il se réveille.
Le fait d’apprendre qu’il était encore en train de dormir – et peut-être pour un bon moment d’après ce que je venais d’apprendre – me serra une nouvelle fois le cœur. Depuis que je le connaissais, c’était la première fois que je le voyais affecté par quelque chose à ce point. Même s’il fallait que je me mette en tête que mes derniers souvenirs remontaient à une année entière, je ne pouvais pas oublier le regard qu’il m’avait lancé.

– Je pensais que le sort de votre mère vous préoccupez plus que ça.
Cette fois-ci, je fus bien incapable de ne pas tourner mes yeux vers Francis. Ce dernier avait pris un air bien plus grave, bien plus sérieux, qui ne me disait rien qui vaille.
– Comme je disais, une humaine qui fréquente de trop près des loups-garous ne s’en tire jamais très bien. Il marqua une pause, comme s’il attendait une réaction de ma part, pendant que moi j’attendais simplement de savoir ce qu’il voulait dire par là. La question resta silencieuse, mais il finit tout de même par répondre. Quand on devient l’épouse d’un alfa de meute, on est forcément confronté à ce danger.

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Message#Sujet: Re: La lune de sang   Sam 9 Juil - 1:05

J'adoooooooooore !!!!!

Pauvre Emilie !!!!! Et une fois de plus, la fin me met au supplice, je veux connaître la suite !!!

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Message#Sujet: Re: La lune de sang   Ven 15 Juil - 21:52

LA LUNE DE SANG


Chapitre 13


Je savais bien que ma mère fréquentait Sébastien, ce n’était pas comme si je pouvais l’oublier bien sûr. Mais je n’arrivais pas à croire qu’elle soit sur le point de l’épouser. Quand Francis m’avait annoncé la nouvelle, j’étais complètement tombée des nues et mon sang n’avait fait qu’un tour en apprenant que les lycans n’avaient pas fait ce que je leur avais demandé. Je n’avais pas parlé spécifiquement de ma mère, bien sûr, mais c’était évident que je parlais d’elle aussi quand j’avais demandé à Lexie de disparaitre de mon existence. Ma mère faisait partie de mon existence, elle ne pouvait pas continuer de fréquenter ces créatures. Sauf qu’ils avaient profité de mon absence pour continuer leur petite manipulation et à cause d’eux, la vie de ma mère était en danger. Il n’était pas question que je les laisse faire. Ils m’avaient déjà pris mon meilleur ami, je n’allais pas les laisser prendre ma mère ensuite.

Je n’avais pas vraiment réfléchis à ce que je voulais faire quand j’ai claqué la porte de la maison, en partant en trombe. Mais j’avais suivi le chemin qui me menait vers cette ancienne maison que j’avais si longtemps habité avec ma mère. Je n’étais pas encore proche de la porte d’entrée que je pouvais sentit toute cette amas d’odeur de loup-garou, ils étaient partout. Cette odeur me ramena à la vision d’Erwan sur le canapé, à cette mort qui avait frappé. C’était une odeur de mort, de sang, de violence, il n’y avait plus rien de bon dans ces arômes que j’avais pourtant eu l’occasion d’humer longuement. Mon corps tout entier était tendu, mon instinct me disait de fuir, mais je n’avais pas l’intention de partir. Même si je savais parfaitement qu’il y avait des lycans derrière cette porte, qu’il y avait la mort dans cette maison. J’ouvris vivement la porte, sans me soucier de ne plus avoir le droit de le faire normalement. Sébastien était derrière se tenant droit comme un piquet, il m’avait forcément entendu approcher. Les autres membres de la meute se trouvaient derrière lui, comme s’il faisait un rempart. Mon regard se posa un instant sur Lexie, qui était là à me regarder. Elle avait changé en une année, pas au point d’être complètement différente, mais je voyais les détails qui avaient changé. Mais mon attention fut vite attirée par ma mère qui s’approchait vivement de moi, malgré la tension de Sébastien. Il n’avait aucun contrôle sur elle malheureusement. Elle vint me serrer dans ses bras, les effluves de son parfums montèrent rapidement dans mes narines, je me rendis compte en cet instant qu’elle m’avait vraiment manqué et à quel point j’avais encore faim.
– Ma chérie, je suis contente de te voir.
Je savais qu’elle ne s’était pas inquiétée de ma longue absence, c’était le contrôle d’Edouard. J’apprenais par la même occasion que même endormi comme il était, il pouvait continuer à avoir une influence sur ses « esclaves ». J’entourai mes bras autour de ma mère, afin de la serrer plus encore contre moi, sans dévier mon regard du visage tendu de Sébastien. Il n’aimait pas ça, alors j’en rajoutais.
– Je suis contente aussi.
Ma mère brisa notre étreinte et recula un peu, un grand sourire sur le visage. Elle semblait heureuse, ce qui ne me plaisait pas par contre.
– Tu restes déjeuner avec nous ? Toute la famille va arriver d’ici une heure pour mon anniversaire.
Cette nouvelle me fit de nouveau l’effet d’une lame froide dans mon cœur mort, j’avais complètement perdu la notion du temps. Je ne savais même pas quel jour on était, même si je pouvais maintenant le deviner. Derrière la meute, je remarquai une grande table contenant de nombreuses assiettes prêtes à recevoir les invités. Et ils étaient là parce qu’ils allaient passer ce moment avec ma mère. Pendant que moi, je n’étais plus rien du tout.

– Je vous avais dit de disparaître ! Lançais-je alors à Sébastien, un grognement coincé dans la gorge.
– Tu nous as demandé de rester loin de vous, pas de ta mère.
– C’est exactement la même chose.
– Tu aurais pu nous le préciser alors pendant cette longue année.
La colère montait de plus en plus en moins, au fur et à mesure des propos de Sébastien. Je n’aimais pas la manière dont il me parlait, dont il était en train de s’approprier ma mère. Nos regards noirs ne se lâchaient pas, je n’avais pas l’intention de baisser ma garde et encore moins de me rabaisser devant le lycan. Même si je ne savais pas vraiment ce que j’attendais de cet instant, de ce que je voulais vraiment. Je les haïssais tous, avec leurs odeurs de chiens mouillés. Ma mère nous regardait à tour de rôle, sans doute incapable de comprendre ce qui était en train de se passer.
– C’est ma mère, repris-je d’une voix dur. Je me retenais pour ne pas lui sauter à la gorge, sachant parfaitement que je ne faisais pas le poids contre lui. Mais qu’est-ce que j’avais envie de planter mes crocs dans sa chair.
– C’est ma femme.

Sans une, ni deux, je m’approchai vivement de Sébastien pour lui flaquer mon poing dans la figure. Je senti la tension augmenter d’un cran chez les autres loups-garous sans pour autant qu’ils ne bougent le moindre cil. Ils en avaient envie sans doute, mais Sébastien les retenait. Ce qui avait le don de m’agacer encore plus. Ma mère cependant s’approcha de moi.
– Mais qu’est-ce qu’il te prend, ça ne va pas !
Quand elle posa une main sur mon bras, j’eue le violent réflexe de la repousser, sans contrôler ma force. Elle tomba au sol, se cognant la tête par terre ce qui entailla sa peau. L’odeur de son sang remplit mes narines instantanément, mais je n’eue pas le temps de me pencher plus dessus puisqu’une large main s’empara de mon cou pour me plaquer contre le mur derrière moi. Mes yeux rencontrèrent en même temps ceux de mon « agresseur », ils étaient injectés de sang. La tension de ses muscles me faisait penser à celle d’un loup, quelque chose me disait qu’il pouvait très bien se transformer maintenant. Et qu’il avait bien envie de me tordre le cou tout de suite, sa poigne était vraiment puissante.
– T’en prendre à la femme de notre alpha, c’est t’en prendre à la meute, buveuse de sang.
La voix de Laurent qui me tenait la gorge était particulièrement sombre, ce qui me provoqua un long frisson. J’avais en face de moi plus un loup qu’un humain. La colère que j’avais ressentie précédemment laissait entièrement sa place à la peur maintenant. Ce que je pouvais voir de ses dents ne me disait rien qu’il vaille, s’il me mordait c’en était fini de moi. Sébastien pendant ce temps se trouvait près de ma mère, qui s’était relevé. Sa blessure n’était que superficiel, je le voyais d’où j’étais.

– Lâches là !
C’était cette fois-ci, Lexie qui intervenait. Je concentrais mon regard vers celui de Laurent, que je ne voulais pas perdre de vu au cas où. Même si au vu de nos positions, je serais bien incapable de me défaire de sa poigne s’il décidait de s’en prendre plus violement encore à moi.
– Sébastien fais quelque chose !
J’arrivais à entendre la détresse dans la voix de Lexie, ce qui me provoqua une pointe de tristesse. Elle était encore en train de me défendre. Pendant de longues secondes, personne ne bougea d’un cil jusqu’à ce que finalement Sébastien ne reprenne la parole.
– C’est bon, tu peux la lâcher.
Laurent n’était pas d’accord, mais il n’avait pas le choix. Alors il lâcha mon cou et par réflexe, je m’éloignai de plusieurs pas de lui, la respiration courte. La tension était encore bien palpable, mais Sébastien s’approcha de moi avec douceur. Ce qui ne manquait pas de contraster avec l’échange que nous venions d’avoir.
– Je sais que ce n’est pas facile pour toi en ce moment. Le regard noir que je lui lançai en disait long sur ce que je pouvais bien penser de ce qu’il me disait. Mais nous ne sommes pas tes ennemis Emilie. Nous n’avons rien fait à ton ami et je ne ferais jamais aucun mal à ta mère. Contrairement à toi.
– C’était un accident ! M’écriai-je, ne supportant pas qu’il puisse considérer que je venais de lui faire du mal, même s’il avait raison.
– Tu ferais mieux de partir.
Pendant de longues secondes encore, nous nous regardâmes sans dire aucun mot. Je me sentais tellement en colère contre lui, sans parvenir vraiment à comprendre pourquoi. Je ne supportais pas l’idée qu’il puisse encore fréquenter ma mère, qu’ils se retrouvent tous chez elle, si proche d’elle. Et pourtant, je savais parfaitement qu’ils n’avaient rien à voir avec Erwan, j’étais bien placée pour le savoir. Mais en même temps, ils restaient des créatures mortels, capable de faire du mal. Si un lycan avait tué Erwan, eux aussi pouvait tout aussi bien faire du mal à d’autres personnes. Comme moi…

Je tournai finalement mon regard de nouveau vers ma mère, qui m’observait sans comprendre ce qui se passait. Elle ne pouvait pas comprendre, parce que son esprit était conditionné pour ne pas le faire, pour ne pas réaliser que je n’étais plus la même jeune femme qu’autrefois. Et puis, finalement, je décidai de tourner les talons et de me diriger vers la porte d’entrée.

J’avais envie de quitter cet endroit aussi rapidement que j’étais venu. Je ne savais même pas ce que je faisais là au final, quel intérêt j’avais eu à venir. Je m’étais complètement laissé emporter par mes émotions. J’avais passé la porte de la maison et je m’engouffrais déjà dans la rue, quand la voix de Lexie s’éleva derrière moi.
– Attends !
Je me stoppai net, mais mis quelque seconde avant de me retourner. J’avais le sentiment de ne l’avoir quitté que la veille, alors que je savais parfaitement que c’était beaucoup plus long que ça. Elle me regardait avec ses grands yeux et je pouvais entendre son cœur battre rapidement. Elle avait à quelque chose près la même odeur qu’avant, même s’il y avait une pointe légèrement différente, un peu fruité. Elle n’avait pas tant changé que ça en un an, mais je voyais bien qu’il y avait des détails différents. Comme cette lueur bien plus sombre qu’avant dans ses yeux, ces lèvres qui ne s’étiraient pas dans un sourire comme j’avais eu l’habitude de voir.
– Qu’est-ce qu’il te prend sérieux ? me demanda-t-elle d’un ton sévère, que je n’avais jamais eu l’occasion de l’entendre utiliser. Tu disparais pendant un an et après tu reviens là, comme une furie.
– Je t’avais demandé de disparaître de mon existence !
Et je continuais de penser que ça concernait forcément ma mère, ils ne pouvaient pas s’imposer auprès d’elle, alors qu’elle était ma mère.
– On n’a eu aucun mal à le faire, pendant tout ce temps que tu as disparu !
Le ton de la voix de Lexie monta d’un cran, elle était tout aussi énervée que moi apparemment. Son sang coulait rapidement dans ses veines, je parvenais à le sentir. Et ça provoquait en moi une sensation que je n’avais encore jamais eu jusqu’à aujourd’hui… j’avais si faim.
– C’est plus compliqué que ça…
J’avais disparu, évidemment, mais ce n’était pas comme si j’avais vraiment eu le choix.
– Plus compliqué ? me demanda-t-elle, criant un peu plus fort. Je ne vois pas ce qui est compliqué non. Tu as complètement disparu, tu n’as plus du tout donné signe de vie. J’ai tenté de t’appeler plein de fois, je suis venue chez toi… mais rien du tout. Tu imagines ce que j’ai ressenti ?
Mon cœur incapable de battre se serra à ses propos, je parvenais à entendre le léger tremblement dans sa voix. Elle était en colère oui et triste aussi. Je m’en voulais tellement de lui avoir fait subir ça.
– Je n’ai pas décidé ça…
Je ne savais pas si c’était parce que je me retrouvais seule devant Lexie, ou parce qu’elle me parlait de ce qu’elle avait ressenti pendant toute cette année, mais ma colère avait complètement disparu. Je ne pouvais pas revenir sur les propos que j’avais adressés à la lycane, je savais parfaitement pourquoi j’avais eu envie de la voir disparaitre après la mort d’Erwan, mais je me rendais compte que c’était parfaitement injuste. Lexie me regardait toujours durement, attendant sans doute que je m’explique un peu plus sur ce que je voulais dire. Ce que j’avais l’intention de faire, jusqu’à ce qu’une nouvelle odeur arriva dans mes narines. Celle avec la pointe fruité que j’avais ressenti les effluves sur Lexie.
– Ça va Lexie ?
Je levai les yeux vers un jeune homme à la porte de chez moi – ou plutôt de chez ma mère – qui venait de sortir de la maison. C’était un lycan, je le sentais bien, mais je ne le connaissais pas du tout. Je ne l’avais même pas vu dans la maison. Une légère brise me ramena encore plus son odeur au nez, cette odeur que je sentais sur Lexie. Et je parvenais à distinguer celle de la lycane sur lui. Je n’avais pas besoin d’un dessin pour comprendre qu’ils étaient proches, beaucoup trop proche à mon goût.
– C’est bon Antoine, ça va.
– Je vois que tu as réussi à te consoler, lançais-je un peu trop sèchement à Lexie qui me lança de nouveau un regard noir.
– Commence pas ça Emilie, arrêtes de te faire des idées.
Des idées ? Je ne pensais pas m’en faire non. Et puis quoi après tout, j’avais rien à dire non ? C’était bien mieux comme ça, qu’elle reste avec les siens et je resterais avec les miens.
– Faites ce que vous voulez avec ma mère, ça ne me regarde plus du tout après tout.
Je ne pensais évidemment pas un mot de ce que je disais, mais je me sentais tellement blessée. Et au fond, je savais parfaitement qu’il valait mieux que j’évite cette maison pendant un moment. Même si c’était difficile à reconnaître, je venais quand même de lui faire du mal.
– Et fais ce que tu veux de la tienne. Ce qu’elle n’avait visiblement pas attendu pour faire, mais je n’avais pas mon mot à dire de toute façon.
Sans plus de mot, je fis volte-face pour m’éloigner. J’entendis Lexie tenter de me rattraper en m’appelant, mais je ne pris pas la peine de me retourner. Surtout pas quand je sentis cet Antoine s’approcher d’elle.

La première chose que je fis une fois arrivé chez moi, ce fut de me rendre dans la cuisine pour boire de nouveau du sang. C’était une sensation vraiment désagréable, j’avais tellement faim sans parvenir à complètement me rassasier. Je n’osais vraiment pas imaginer ce que cela faisait de dormir plus d’un an. A peine mon sang avalé, je ressentais encore le besoin d’en avaler encore plus. Mais j’avais surtout besoin de parler à quelqu’un, de parler à Edouard. Depuis mon réveil, je me sentais complètement perdue et je ne parvenais pas à me comprendre moi-même. Je me sentais tellement en colère contre les lycans, contre Lexie, mais je savais bien qu’ils n’étaient pas responsables de la mort d’Erwan. J’avais vraiment besoin de parler à celui que je considérais à présent comme un père pour moi, alors je montai les escaliers pour me rendre à sa chambre. Je venais à peine de poser mes doigts sur la poignée de sa chambre qu’une voix s’éleva derrière moi, me faisant sursauter. C’était Francis, qui me surprenait encore une fois.
– Si j’étais toi, je ne ferais pas ça, me dit-il tout sourire.
– Pourquoi, c’est un problème si je le réveil ?
Je demandais ça sérieusement, mais je ne pouvais m’empêcher de lui adresser une pointe de défi quand même. Je n’avais vraiment aucune idée de ce que pouvait provoquer le réveil d’un sommeil de ce genre, avant aujourd’hui je n’avais même pas connaissance de cet état.
– Tu te doutes bien qu’il peut difficilement mourir, puisqu’il est déjà mort. Son sourire s’agrandit. Mais s’il se trouve dans cet état, c’est qu’il en a besoin. Tu n’aurais pas apprécié qu’on te réveil.
– Et moi j’ai besoin de lui parler.
Francis s’approcha de moi et posa une délicate main sur mon épaule, plongeant de nouveau son regard dans le mien. Et à partir de ce moment, je ne pus m’empêcher de boire ses paroles.
– Je comprends bien que tout ça est vraiment difficile pour toi. Mais Edouard à besoin de repos, c’est une situation très compliquée pour lui. Il souffre énormément, il faut le laisser se reposer.
– Mais j’ai vraiment besoin de lui parler…
– Je suis sûr que tu n’en as pas si besoin que ça.
Oui, peut-être que je n’en avais pas si besoin que ça. Je me sentais complètement perdue, mais je ne voulais pas déranger Edouard non plus. Il avait besoin de se reposer et il ne fallait pas le déranger. Il souffrait énormément de la mort d’Erwan, je l’avais bien vu.
– Viens, laissons le tranquille.
Et sans plus de question, je suivis Francis.

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Message#Sujet: Re: La lune de sang   Ven 15 Juil - 22:15

J'adooooooore j'adore j'adore j'adore !!!!!
Mais pauvre Lexie, sérieux, j'ai trop pitié pour elle Sad Sad Sad Sad Sad

La suite ! La suite ! La suite ! La suite ! La suite ! La suite ! La suite !

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Message#Sujet: Re: La lune de sang   Ven 15 Juil - 22:18




Owi, fouette moi, ça viendra surement plus vite

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Message#Sujet: Re: La lune de sang   Ven 15 Juil - 22:27


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Message#Sujet: Re: La lune de sang   Ven 15 Juil - 22:45


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Message#Sujet: Re: La lune de sang   Sam 16 Juil - 1:43

Les fouets ça marche bien


LA LUNE DE SANG


Chapitre 14


Je tournais en rond, je ne savais pas du tout quoi faire. Je n’arrivais pas à rester en place, mais je n’avais rien à faire pour autant. Cela faisait plusieurs jours maintenant que j’étais réveillée, Edouard continuait de dormir. Je savais parfaitement qu’il pouvait dormir encore bien longtemps et par moment, je ne pouvais pas m’empêcher de l’envier. Pendant cette année où j’avais dormi, je n’avais pas vu le temps passer, je ne m’étais pas senti mal comme maintenant. J’avais tenté, plusieurs fois, de m’allonger dans mon lit et de chercher cette sérénité, de m’endormir aussi, mais rien. Je ne dormais plus comme je l’avais fait pendant tout ce temps. Les quelques fois où mes yeux se fermaient, pour reposer un peu mon corps, mes sommeils étaient bien agités. Quand je ne me trouvais pas dans ma chambre, ce qui était le cas les trois quart du temps, j’étais dans la cuisine. Ma soif était un peu plus étanchée, mais j’avais mis un temps avant de retrouver un certain équilibre. Je ne parvenais pas à aller dans le salon, à chaque fois que je voyais le canapé, je ne pouvais pas m’empêcher de voir l’image d’Erwan étendu. J’avais perdu plus qu’un ami à sa mort. Je croisais Paul de temps en temps, mais on ne se parlait plus vraiment. Francis errait toujours dans le coin, mais je me sentais mal à l’aise à chaque fois qu’il m’adressait la parole. Ce jour-là, à la tombée de la nuit, je trouvai Paul et Francis en pleine discussion dans la cuisine.

– J’ai toujours dis qu’ils étaient un problème, répliqua Paul à une remarque de Francis que je n’avais pas eu le loisir d’entendre.
– Qui est un problème ?
– Les loups-garous, me répondit-il en tournant son regard vers moi. Il y avait encore une fois cette lueur de colère que j’avais trop bien vu après la mort d’Erwan.
– Lesquels ?, demandai-je en me doutant parfaitement de la réponse, en m’installant sur une chaise.
– A ton avis ?
Je lançai un regard noir à Paul, je n’aimais vraiment pas quand il me provoquait comme ça. Il était loin le Paul sympathique de mon réveil, il n’avait pas tardé à disparaître.
– Tu as pu revoir ta mère depuis la dernière fois ?
Me corps se tendit quand Francis mentionna ma mère. Je n’avais pas pris la peine de lui rendre visite depuis la dernière fois, parce que je n’avais aucune envie de tomber sur l’un de ces fameux loups-garous. Et particulièrement sur Lexie en fait, qui ne disparaissait pas du tout de mes pensées, malgré ce que j’avais plus ou moins découvert.
– Non.
– Enfin, elle quitte les jupons de sa mère.
– La ferme Paul !
Je lançai un regard noir à ce dernier, qui se mit à rire. Je n’aimais vraiment pas quand il me cherchait, mais encore moins quand il osait parler de ma mère. Pendant ce temps, Francis nous regardait tranquillement en souriant. J’avais un peu le sentiment que rien ne pouvait vraiment le toucher. Il reportant cependant son attention sur moi, me regardant avec ses grands yeux bleus.
– Tu n’as pas peur pour elle ? Qu’ils lui fassent du mal ?
Je savais parfaitement pourquoi il me posait cette question, il voulait que je continue de parler des loups-garous. J’avais longuement pensé à tout ça depuis mon retour de chez ma mère, j’avais tourné cette scène encore et encore dans mon esprit. Je ne pouvais pas dire que je n’avais pas du tout peur pour elle, c’était le cas. Mais pas seulement à cause de la présence de la meute à ses côtes (plus proche encore que je ne l’aurais cru). J’avais peur pour elle tout le temps, j’avais peur du jour où elle allait mourir, alors que moi j’étais destiné à survivre éternellement. J’aurais évidemment préféré que la meute ne lui tourne pas autour, mais je n’étais pas bien placé pour faire une quelconque remarque.
– Non, je ne pense pas, répondis-je en soupirant. Paul resta étrangement silencieux, alors que je m’étais attendu à une de ces nouvelles remarques désagréables. Vu comment ils ont réagi quand je me suis rendue là-bas, je pense qu’ils la protègent surtout.
Ça me faisait un peu mal de le dire, mais c’était la vérité. Si Sébastien avait décidé d’en finir avec moi ce jour-là, Laurent se serait fait une joie de me tordre le coup. Ils avaient tous réagit avec vivacité quand j’avais poussé ma mère, elle faisait partie de la meute maintenant. Elle était une de leur femelle, ils devaient la protéger. Elle était sans doute même bien plus en sécurité à leurs côtés qu’avec moi.
– J’espère vraiment que tu as raison. Francis poussa un soupir, avant de m’adresser un nouveau sourire triste. Je ne suis pas vraiment du genre à arriver à faire confiance à des loups-garous.
– Moi non plus ! S’empressa d’ajouter Paul, comme si je pouvais douter une seconde qu’il n’avait pas confiance en eux.
– Et après ce qui est arrivé à votre ami…
– Ils n’ont rien à voir avec la mort d’Erwan.
– Cela n’empêche qu’ils sont dangereux !
– Pas plus que toi Paul !
Je ne pouvais pas m’empêcher de tenter de les défendre, malgré tout. Parce qu’ils n’avaient rien à voir avec la mort d’Erwan et qu’ils n’étaient pas plus dangereux que les vampires. Après tout, Paul, moi et Edouard (je ne pouvais pas l’assurer concernant Francis) ne buvions pas de sang humain, mais ça ne changeait pas notre nature. La meute de Lexie faisait en sorte de ne pas faire de mal aux humains pendant la pleine lune. Nous n’étions pas forcément mieux qu’eux, même si j’avais eu besoin d’un peu de temps avant de le comprendre de nouveau.
– Tu ne te sens plus du tout en colère alors ? me demanda Francis, en plongeant son regard dans le mien. Je mis plusieurs secondes avant de répondre à sa question, repensant à ce que j’avais pu ressentir quand j’étais chez ma mère. Oui j’étais en colère à ce moment-là…
– Non, mentis-je alors.
– Bien.

Et sur ces mots, Francis se leva et pris congés. Je ne savais pas pourquoi je venais de lui mentir, mais encore une fois je me sentais un peu mal à l’aise après son départ. Bien sûr que j’étais en colère contre la meute, parce que je me sentais exclues de la vie de ma mère. Qu’elle allait se remarier et que je n’avais plus ma place dans sa vie. Je me sentais en colère contre Lexie parce que je me rendais compte qu’elle pouvait trouver sa place dans les bras de quelqu’un d’autre, alors que je savais parfaitement que je n’avais aucun droit d’être jalouse. Mais en même temps, je n’arrêtais pas d’imaginer Lexie dans les bras de cet Antoine et ça m’agaçait fortement. Je regrettais vraiment d’avoir dormi si longtemps. Poussant un grand soupir, je posai ma tête entre mes bras sur la table.

– Tu sais, je ne suis pas Erwan, mais si tu as besoin de parler, je suis là, me dit alors Paul, qui n’avait pas bougé depuis le départ de Francis.
– Comme tu dis, tu n’es pas Erwan, répondis-je la tête toujours enfoui dans mes bras.
Avec Erwan, j’avais l’habitude de tout lui dire. Il était mon confident, je pouvais parler pendant des heures de ce que j’avais sur le cœur. Et j’avais toujours un tas de truc à raconter. Paul se leva et me prépara une tasse de sang qu’il déposa à mes côtés.
– Tu essais de m’acheter ?
– Peut-être bien.
Il m’adressa un sourire et je le lui rendis. Finalement, le Paul sympa n’était peut-être pas si loin. J’attrapais la paille se trouvant dans la tasse pour boire une longue gorgée du liquide, fermant les yeux le temps de savourer la sensation que ça me provoquait. Et dire qu’à une époque, j’aurais trouvé ça vraiment dégoutant.
– C’est la pleine lune dans trois jours.
La première pleine lune depuis mon réveille et elle me tordait les boyaux.
– Ouais…

Pendant un moment, nous restâmes sans prononcer le moindre mot. D’habitude, Paul se serait contenté de quitter la pièce en me lançant une nouvelle réplique, ou en m’ignorant tout simplement. Ce ne fut que quand j’eue terminé ma tasse qu’il reprit la parole.
– J’ai cherché des indices sur celui qui a tué Erwan.
Je fus surprise par cette révélation soudaine et la venue de ce sujet sur le tapis, que je ne répondis rien du tout et me contentai de le regarder en attendant la suite.
– Pendant que tu dormais, j’ai fouillé partout. Mais je n’ai rien trouvé. Mon cœur se serra de nouveau à cette révélation, un faux espoir. Je ne sais pas qui c’est, mais il n’a laissé aucune trace.
– Il n’y avait rien du tout ? Ma voix trahissait ma déception, il me fit un non de la tête.
– Rien, mais j’ai dormi pendant deux mois. Les traces ont surement eu le temps de disparaître.
– On n’a aucun moyen de savoir qui c’est alors ?
– J’ai rien trouvé en tout cas. Paul poussa un long soupir, baissant son regard. A chaque pleine lune, je regarde s’il n’y a pas eu des disparitions ou des morts inquiétantes. Et j’ai surveillé tes potes aussi.
Je lui lançai un nouveau regard noir, même si je n’étais pas vraiment étonnée qu’il ait gardé un œil sur eux. C’était sans doute comme ça qu’il avait fait de même pour ma mère.
– Tu sais bien que ce n’est pas eux.
– Je sais.
Je me surpris à apprécier de l’entendre me le dire. Il n’y avait aucune raison de croire que la meute de Lexie puisse être responsable, j’étais là quand ils se trouvaient dans leurs cages. Du moins, pour la majorité des membres du groupe. Parce qu’il y avait quand même ce nouveau loup-garou dont je ne connaissais rien et celui-là, il n’était pas dans les cages la nuit de l’attaque d’Erwan.
– Il y a un nouveau loup dans leur meute, tu l’as vu ? Paul m’adressa un grand sourire, sans me répondre. Quoi ?
– T’es jalouse, ça se voit.
– Ça n’a rien à voir. C’était vrai, ça n’avait vraiment rien à voir avec ça. D’accord, cet Antoine ne m’inspirait pas du tout confiance et je me doutais que ça avait forcément un rapport avec Lexie. Mais il n’empêchait qu’il était arrivé récemment dans la meute. Je pose juste la question.
– Si tu le dis. Il continua de me sourire amusé par la situation apparemment. Ce n’est pas lui. Il est arrivé, il y a trois ou quatre mois et c’est un tout jeune louveteau.

Ça voulait dire qu’il n’était pas encore un loup-garou quand Erwan était mort ? J’avais encore un peu de mal avec la notion du temps, à me rendre compte que ça faisait vraiment un an. Je ne savais pas vraiment si je devais être soulagée ou pas d’apprendre cette nouvelle. C’était bien, je préférais évidemment que ce nouveau loup dans la meute de Lexie ne soit pas l’assassin de mon meilleur ami. Mais en même temps, ils n’avaient vraiment pas mis longtemps avant de s’approcher. Bon, il ne nous avait pas fallu longtemps non plus pour le faire, mais j’avais cru que c’était spéciale entre nous. En tout cas, l’enquête sur celui qui nous avait pris Erwan était au point mort. C’était désespérant.



– Je peux te poser une question ?
Je me trouvai dans ma chambre avec Paul, ce qui ne manquait pas d’être vraiment étrange. Il avait accepté de passer un peu de temps avec moi, sans doute pour que j’arrête de tourner en rond dans la maison. J’appréciais vraiment le geste, parce que je savais qu’il faisait énormément d’effort et j’en profitais peut-être un peu trop.
– Ce n’est pas parce que j’ai accepté de te tenir compagnie que tu dois me parler, me répondit-il sans lever les yeux du livre qu’il était en train de lire.
Le mien était posé sur le sol, je n’arrivais pas du tout à me concentrer sur quoi que ce soit. La pleine lune était pour ce soir et sans comprendre pourquoi, ça m’angoissait énormément. Je continuai de planter mon regard sur Paul, assis sur le fauteuil pendant que moi j’étais assise par terre. Au bout d’un moment, mon regard sembla l’agacer plus que ma voix.
– Quoi ?
– Pendant combien de temps tu as dormi le plus ?
– Si c’est pour que tu poses ce genre de question, je n’ai aucune raison de rester. Il se leva brusquement et s’approcha de la porte.
– Attends ! Je me levai à mon tour. C’est à cause d’Elizabeth ?
Paul se retourna rapidement et s’approcha de moi avant que je n’ai eu le temps d’esquisser le moindre mouvement, attrapant mon col. Je ne fis aucun mouvement, me contentant simplement de regarder les yeux encore remplit de colère de Paul. Mais au bout de quelques secondes, il sembla se calmer et fini par me lâcher.
– On ne t’a jamais dit que tu étais trop curieuse ?
J’avais eu l’occasion de souvent l’entendre celle-là oui, mais je n’y pouvais rien. J’avais besoin de savoir.
– Elle a été tué par un loup-garou c’est ça ? Je me reculai d’un pas, me préparant à une nouvelle « attaque » du vampire, mais il ne bougea pas. C’est pour ça que tu les détestes à ce point…
Il poussa un soupir et reparti s’installer sur le fauteuil, je m’installai donc sur mon lit.
– Je n’ai pas pu m’empêcher de me rendre dans son village. La première fois que je l’ai fait, je l’ai croisé. Evidemment, elle ne m’a pas du tout reconnu.
L’image des belles boucles blondes d’Elizabeth me revint en mémoire, du moins l’image que je m’étais faite en lisant le journal de Paul.
– Elle semblait heureuse, alors je suis rentré. Et la fois suivante, je voulais simplement m’assurer qu’elle l’était vraiment. Je ne l’ai pas croisé, mais j’ai vu son époux. Il pleurait.
Je comprenais évidemment ce qui s’était passé, c’était bien ce que j’avais deviné de ma lecture. Un ou plusieurs loups-garous se trouvaient dans le village, ils causaient des victimes. Paul garda le silence pendant plusieurs minutes, comme s’il se perdait dans ses souvenirs. Je m’en voulais soudainement de lui faire revivre ça. Mais malgré tout, je ne pus m’empêcher de lui poser une autre question.
– Tu as fait quoi du coup ?
– J’ai été la voir. Il leva son regard vers moi, avant de reprendre. Et je suis entré dans une rage folle. Bizarrement, je n’avais aucun souci à l’imaginer s’énerver, je l’avais déjà vu faire. Je les ai tous tué, tous. Je n’ai pas bu leur sang, je me suis contenté de leur tordre le coup, de leur arraché le cœur… tous, hommes, femmes, enfants.
Je regrettais amèrement ma question, mon sang se glaça et je fus bien incapable de dire quoi que ce soit. Je parvenais à comprendre sa triste, il avait perdu la femme qu’il aimait et il avait eu envie de se venger. Je comprenais bien mieux d’où sa rage pour les lycans venait et pourquoi il se montrait si dure avec les vies humaines. Comme il devait regretter de ne pas avoir transformé Elizabeth, comme elle le lui avait demandé.
– J’ai rencontré Edouard juste après, reprit-il. Je lui ai tout raconté et il m’a aidé. C’est à partir de ce moment-là que j’ai décidé de ne plus boire de sang humain. Je me suis installé avec Edouard du coup et j’ai dormi pendant vingt ans.

Je me plaignais de cette année de sommeil que je venais de subir, mais il avait déjà dormi pendant vingt ans. Je ne parvenais pas du tout à imaginer comment j’aurais réagis si j’avais dormi autant de temps, trop de chose aurait eu le temps de changer. Maintenant, j’espérais qu’Edouard n’était pas parti pour dormir autant de temps.

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