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 La lune de sang

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Message#Sujet: Re: La lune de sang   Sam 16 Juil - 1:56

J'adooooore
J'apprécie de plus en plus Paul, l'air de rien

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Message#Sujet: Re: La lune de sang   Sam 16 Juil - 1:59

Huhu merci

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Message#Sujet: Re: La lune de sang   Ven 19 Aoû - 21:52

J'espère que la suite va vous plaire. Very Happy

LA LUNE DE SANG


Chapitre 15


Après notre petite conversation, Paul décida de retourner un peu dans sa chambre, sans aucun doute chamboulé par la conversation que nous venions d’avoir. Cela ne devait pas être facile pour lui de parler d’Elizabeth, mais j’appréciai vraiment qu’il m’en ait parlé. Il n’en avait pas vraiment eu besoin, il aurait très bien pu continuer de me remballer comme il savait si bien le faire. Mais il s’était confié à moi et j’appréciais énormément. Je savais que c’était un peu égoïste sans doute, mais c’était exactement ce dont j’avais besoin en cet instant. La mort d’Erwan s’était déroulée il y a seulement quelque jour dans mon esprit, je ne m’en étais pas encore remise. Et puisqu’Edouard se trouvait encore dans sa chambre à dormir, il ne me restait plus que Paul. A part Francis bien sûr, mais je ne le connaissais pas autant que je connaissais Paul. Nous n’avions jamais été les meilleurs amis du monde, on pouvait même dire que nous avions été clairement ennemis et pourtant, nous parvenions mutuellement à nous sous tenir maintenant. Cela me permettait de me sentir un peu plus légère. Le fait qu’il se soit confié sur la mort d’Elizabeth me confirmait qu’il ne me détestait pas tant que ça en plus.

Et cette conversation m’avait fait réfléchir. Paul avait dormi pendant vingt ans après la mort d’Elizabeth, l’idée que je puisse dormir autant me serrait le cœur. Qu’est-ce qui se serait passé si j’avais dormi autant de temps ? Ma mère ne serait peut-être plus là. Non pas qu’elle soit si âgée que ça, mais je savais d’expérience qu’on n’avait pas toujours la chance de mourir très vieux. Et Lexie… elle aurait été bien différente avec vingt années de plus. Je m’en voulais déjà d’avoir disparu pendant une année – et vu comment elle s’était réconfortée en seulement un an, je n’osais pas imaginer pendant vingt ans – qu’est-ce que cela aurait été si j’avais dormi beaucoup plus. Un vampire normal n’avait sans doute pas ce genre de préoccupation. Si Edouard mettait plusieurs années à se remettre de la mort d’Erwan, il allait retrouver ses proches comme ils étaient avant de s’endormir. Paul et moi n’allions pas prendre une ride, nous n’avions pas vraiment de raison de mourir si nous restions prudents. Sauf que j’étais loin d’être une vampire normale, j’avais encore trop d’attache avec ma vie d’humaine, j’avais des attaches (même si cela semblait à sens unique) avec des personnes mortels. Il fallait que je fasse quelque chose pour changer tout ça. Comment ? Je me disais de plus en plus qu’il était temps que je coupe le cordon avec ma mère et encore plus après ce qui s’était passé. Ma mère allait épouser Sébastien, elle semblait avoir une belle vie. Elle avait semblé heureuse pendant cette année, j’avais envie que ça continue comme ça. Et si ça devait passer par la meute, si ça devait passer par cet homme, alors il fallait que je l’accepte. Même si, de mon côté, il était plus qu’évident que je ne pouvais pas me rapprocher d’eux de nouveau. Ce n’était pas l’envie qui me manquait, mais ils étaient bien trop toxiques pour moi. Et je ne supportais ce qui s’était passé entre Lexie et Antoine.

C’était la pleine lune, alors je savais que les loups de la meute allaient être chez Sébastien s’ils n’avaient pas changé leurs habitudes. Je ne pensais pas que c’était le cas, cela m’étonnerait qu’ils s’installent chez ma mère pour leurs transformations. Je pris la décision de me rendre chez elle, même si je n’étais pas vraiment à l’aise avec l’idée de me promener seule dehors lors d’une nuit de pleine lune. Mais puisqu’il n’y avait eu aucune attaque de loup-garou pendant l’année qui venait de s’écouler, il n’y avait aucune raison que je risque quelque chose. Je fis le chemin vers chez ma mère sans doute un peu plus rapidement que d’habitude, sentant tout de même une certaine angoisse. Plusieurs fois, je m’arrêtai pour observer autour de moi. Le moindre bruit un peu suspect attirait mon attention, mais il n’y avait aucune raison que je m’inquiète. Je fus tout de même soulagée quand j’arrivai enfin devant la porte de mon ancienne maison, qui me semblait si étrangère maintenant. Rien que l’odeur autour était différente, mais je me forçais à ne pas y prêter attention. Quand ma mère ouvrit après que j’ai frappé, elle me serra dans ses bras comme si de rien n’était. Comme s’il ne s’était rien passé du tout.

– Tu vas bien ma chérie ? me demanda-t-elle après que nous nous fûmes installés autour de la table pour boire un verre.
– Oui très bien.
Je ne savais pas si elle se rendait compte de ce qui s’était passé avec Sébastien, ou si son esprit l’avait occulté pour ne pas contredire les « ordres » d’Edouard. Alors, je préférai rester un peu vague.
– Et toi, tu vas bien ?
– Parfaitement bien.
Le sourire qu’elle afficha en me répondant me fit sourire à mon tour. Elle semblait vraiment sincère, vraiment heureuse. Mon regard se porta une seconde sur la bague qu’elle portait à son annulaire gauche, cette bague qu’elle avait dû recevoir de la part de Sébastien. Je m’étais toujours dis que je serais heureuse en apprenant que ma mère aimait de nouveau quelqu’un et qu’elle voulait se remarier. C’était plus difficile que je ne le pensais.
– Elle est belle n’est-ce pas ? Son sourire s’agrandit plus encore. Sébastien est vraiment quelqu’un de bien.
Je ne pouvais pas vraiment dire le contraire. Notre petit différent ne le montrait pas, mais à la base je l’appréciais. C’était juste si… compliqué. Maintenant que je me trouvais avec ma mère ici, détendue, je me demandais vraiment comment j’avais pu m’énerver à ce point. Mais elle ne m’en parlait pas, elle ne devait pas s’en souvenir. Ou si c’était le cas, elle jouait très bien la comédie.
– Lexie aussi est une bonne personne.
La remarque de ma mère me sorti un peu de mes pensées et je tournai mon regard surpris vers elle, qui me regardait avec un air mutin que je reconnaissais que trop bien. Elle voulait me faire passer un message, c’était la tête qu’elle avait toujours dans ces conditions.
– J’ai jamais dit le contraire, répondis-je alors, peut-être plus sèchement que je ne l’aurais voulu.
– On a beaucoup parlé de toi, tu sais ?
– Comment ça ?
Elle ne répondit pas de suite à ma question, se contentant de me regarder comme si j’étais encore une petite fille.
– Tu lui manques beaucoup.
– Maman, de quoi est-ce que vous avez parlé avec elle ? Qu’est-ce qu’elle t’a dit ?
Ma mère poussa un soupir avant de reprendre.
– Je sais que vous vous êtes fréquentez et je sais que tu l’as quitté.
Cette remarque serra mon cœur immobile dans ma poitrine. Je n’avais pas eu l’occasion de parler de ma relation avec Lexie à ma mère, c’était elle qui avait dû lui dire alors. Je ne savais pas vraiment comment je devais le prendre. Et si ma mère savait ça, que savait-elle d’autre ?
– C’est plus compliqué que ça tu sais…
Je ne voulais pas qu’elle commence à se faire des idées sur ce que je vivais, elle ne pouvait pas comprendre, elle n’avait pas toutes les données. Et je n’avais pas non plus spécialement envie de voir ma mère défendre Lexie. D’accord, on pouvait dire que je l’avais quitté, mais ce n’était pas aussi simple quand même.
– Je sais bien, reprit-elle. Et je ne veux pas m’occuper de ce qui ne me regarde pas. Mais sache juste que j’aime beaucoup cette fille et que depuis que tu l’as quitté, elle est vraiment triste.
Ma mère avait vraiment le don pour me faire culpabiliser. Mais même si Lexie lui semblait triste, elle avait eu l’air de trouver des bras pour se réconforter pendant mon absence. Ma mère n’ajouta plus rien, se contentant de me regarder en silence pendant quelques secondes, avant de remettre une mèche de mes cheveux derrière mon oreille.
– Je veux juste que tu saches que… parfois, il ne faut pas attendre pour profiter de ce que la vie nous offre. Ou c’est trop tard.
Une lueur triste passant dans ses yeux, je savais exactement à quoi elle pensait. Mais je n’avais pas envie de la voir triste, pas ce soir. Parce que je ne savais pas si j’allais revenir la voir. Il fallait que je prenne un peu de recules par rapport à elle, il fallait que je brise mes attaches avec ma vie d’humaine.
– Bon, dis-moi, il est où Sébastien ce soir ? demandais-je alors, dans le but de savoir un peu ce que ma mère connaissait sur son futur mari.
– Oh, il est avec Lexie. Tu sais, il passe une soirée par mois en tête à tête tous les deux.
J’osais croire qu’elle n’était pas en train de me mentir et qu’elle le pensait vraiment. Même si au fond, je me disais que c’était sans doute mieux qu’elle sache la vérité sur son futur mari quand même.

Nous discutâmes pendant presque deux heures, sans interruption. Je ne savais toujours pas quoi penser exactement de l’union de ma mère avec Sébastien, mais je voyais bien qu’elle était heureuse quand même et c’était la seule chose qui comptait. Si je devais disparaître de sa vie – ce qui était la décision la plus raisonnable que je pouvais prendre – j’appréciais l’idée qu’elle puisse quand même être entourée. Et malgré mon scandale lors de ma venue la dernière fois, je devais bien reconnaitre que la meute était une bonne chose pour elle. Elle était en sécurité avec eux, ils ne laisseraient rien lui arriver. J’avais donc pris congé de ma mère le cœur plus léger, mais qui restait quand même extrêmement lourd. C’était peut-être la dernière fois que j’allais pouvoir la voir, que j’allais m’autoriser à la voir. Je pensais donc à tout ce que nous nous étions dit, à ce qu’elle m’avait raconté sur Sébastien, sur mon chemin de retour. J’avais vraiment envie de me confier à quelqu’un, de parler un peu de tout ça à quelqu’un. Je savais que Paul ferait l’effort maintenant de m’écouter, mais il n’était pas vraiment objectif quand il était question des loups-garous et Edouard dormait toujours. Erwan me manquait tellement…

Je levai un instant mon regard vers la pleine lune. Si elle n’était pas le symbole de très mauvais souvenir, je pourrais presque la trouver belle. Elle était parfaitement ronde, dans ce ciel sans aucun nuage. Autrefois une pleine lune ne voulait rien dire pour moi, maintenant elle me rappelait cette horrible nuit où j’avais perdu mon meilleur ami. Et je pensais à Lexie dans sa cage, qui avait dû souffrir pendant sa transformation. Alors que je continuais de contempler le cercle lumineux, un bruit derrière moi attira mon attention. Sans réfléchir, je m’étais retournée sur moi-même et je fixais le vide. Il n’y avait rien. La nuit n’était pas un problème, j’y voyais parfaitement et la pleine lune éclairait bien. Il n’y avait rien du tout et pourtant, j’avais vraiment entendu quelque chose. Le même bruit qui s’éleva de nouveau derrière moi.

Cette fois-ci, quand je fis volte-face, il y avait bien quelque chose devant moi. Une grande masse noire avec des yeux jaunes. Ce n’était pas noir parce que nous étions plongés dans le noir, ça l’était parce que les poils de la bête étaient noirs encre. Si mon cœur battait encore, il était évident qu’il se serait emballé en cet instant précis. Ce n’était pas le cas, mais mon corps se figea lui. Mes jambes tremblaient, mais j’étais incapable de les bouger pour courir. Je me contentai d’observer le loup devant moi, il me semblait plus petit que ceux de la meute de Lexie. Il était courbé sur ses pattes, sa gueule légèrement ouverte et ses yeux qui ne me quittaient pas une seconde. Il était en position d’attaque, prêt à bondir à tout moment. Je ne savais pas vraiment ce qu’il attendait, s’il voulait que je me mette à courir ou pas avant de me pourchasser. Je glissai lentement ma main dans la poche de mon pantalon, dans le but d’attraper mon téléphone et me rendit compte qu’il ne s’y trouvait pas. La panique me prit un peu plus de nouveau en découvrant que je l’avais oublié, que je n’avais rien pour appeler Paul et le prévenir de ce qui était en train d’arriver. Je ne sus pas combien de temps je restai ainsi, à l’observer, mais je fini par arriver à me retourner et à me mettre à courir.

Je courais vite sans avoir besoin de faire beaucoup d’effort, c’était ma nature maintenant. Et pourtant, alors que je courais le plus rapidement possible, j’avais le sentiment d’avoir le souffle coupé. Le lycan s’était mis à courir juste après moi et il me poursuivait. Le vent venait de mon dos, je parvenais à sentir son horrible odeur. C’était un mélange de terre, de sang, de vieilles nourritures, j’étais incapable de tout analyser mais si j’avais encore eu mon odorat d’humaine, elle m’aurait donné envie de vomir. Je l’entendais régulièrement grogner dans mon dos, quand il était un peu plus proche de moi et j’accélérais encore. J’avais passé les bords de la ville et me retrouvait dans la forêt, à courir entre les arbres. J’avais cru que les arbres aurait pu le retenir un peu, le ralentir, mais ce n’était visiblement pas le cas. Alors, j’essayais simplement de courir un peu plus vite encore. Je tentais tant bien que mal de faire demi-tour, pour rejoindre la ville et si possible ma maison, mais je n’y parvenais pas. J’avais le sentiment que ce lycan était en train de jouer avec moi, qu’il s’amusait à me voir courir et à m’empêcher de revenir vers le village. Parfois, je le trouvais devant moi et il me laissait le temps de repartir de l’autre côté. Cela dura pendant plusieurs minutes, jusqu’à ce que mon pied se prenne à une branche et que je tombe lourdement sur le sol.

Quand je me retournais, dos à un arbre, il était là encore une fois, devant moi. Sa gueule s’élargit et je pouvais voir les crocs acérés qui devaient mourir d’envie de me croquer. Il fit lentement quelques pas vers moi, j’étais complètement à sa merci. Je pouvais toujours tenter de me redresser et de courir à nouveau, mais il était bien trop proche pour que cela marche. Et je me sentais tellement fatiguée, je ne pensais pas qu’une créature de ma condition puisse être aussi fatiguée. Je comprenais donc ce qui était en train de se passer, il allait me mordre et j’allais terminer comme Erwan. C’était surement lui, le loup-garou qui s’en était prêt à mon meilleur ami. Dans le cas contraire, la coïncidence était beaucoup trop grande. Serrant mes poings, je fermai les yeux dans le but de ne pas le voir s’approcher plus. Il était déjà si proche que j’étais incapable de respirer autre chose que son horrible odeur, je parvenais même à sentir ma propre peur. Quand j’entendis un grognement, je me recourbai sur moi-même en attendant le moment où ses crocs allaient me frapper.

Mais ce ne fut pas ce qui arriva. J’entendis les plaintes du loup, ce qui me fit ouvrir les yeux. Le lycan noir n’était plus devant moi, mais il y en avait un autre de présent. Il me tournait le dos, faisant face à mon agresseur et grognant comme jamais. Je la reconnu, à son pelage, à son odeur, c’était Lexie. Cette information me soulagea énormément. Pendant quelques secondes, ils semblèrent se contenter de se grogner dessus avant que le lycan noir ne saute sur Lexie, mais elle se décala suffisamment pour pouvoir planter sa mâchoire puissante dans le cou de son adversaire. Je sentis l’odeur du sang du lycan couler des blessures, en même temps qu’il poussa un horrible hurlement. Lexie serra plus encore la poigne de sa mâchoire, avant de lâcher le lycan qui recula vivement. Il tourna ses yeux jaunes vers moi, ce qui me provoqua un frisson, avant de faire volte-face et de s’enfuir. Ce fut à ce moment-là que je permis de respirer à nouveau. Lexie se tourna vers moi et me fixa de ses grands yeux bruns, avant de s’approcher doucement. Je ne bougeai pas d’un cil, la laissant faire. Elle s’allongea à mes côtés et posa délicatement sa tête sur mes jambes, me fixant toujours. Je levai ma main pour venir caresser doucement ses poils au sommet de sa tête. Elle venait de me sauver la vie…

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Message#Sujet: Re: La lune de sang   Ven 19 Aoû - 21:58

Piouuuuuf j'ai eu peur pour Emilie, là xD
J'adore trop !!!!!!!!!!

Et Lexie c'est vraiment la meilleure !!!

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Mon coeur est fait de poudre il n'attend qu'une étincelle.

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Message#Sujet: Re: La lune de sang   Ven 19 Aoû - 22:14

La peur c'est le bien
Merci

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Message#Sujet: Re: La lune de sang   Dim 21 Aoû - 1:00

J'ai enfin rattrapé mon retard !! Et j'adore !
J'ai tellement le coeur brisé pour Lexie ! J'ai hâte de connaître la suite !
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Message#Sujet: Re: La lune de sang   Dim 21 Aoû - 1:10

Je suis contente que ça te plaise

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Message#Sujet: Re: La lune de sang   Ven 26 Aoû - 22:43

LA LUNE DE SANG


Chapitre 16


J’aurais sans doute dû me lever et prendre la décision de rentrer chez moi, afin de me mettre en sécurité pendant la fin de la nuit de pleine lune, mais je ne bougeai pas d’un pouce. Lexie non plus ne bougea pas, elle se contentait de me regarder avec ses grands yeux, sa tête toujours posée sur mes jambes. Ma main caressait mécaniquement les poils au-dessus de sa tête, je me sentais tellement plus sereine à ses côtés. Les heures s’écoulèrent, Lexie s’endormi pendant un temps, mais je la sentis toujours sur la défensive, prête à sauter sur ses pattes en cas de besoin. Moi, j’étais plus détendue, mais je ne parvins pas à fermer les yeux. Je ne les détournais pas de Lexie, mais je ne pouvais pas me résoudre de les fermer, au cas où. Et puis… j’aimais bien trop la regarder dormir. C’était la première fois que je la voyais d’aussi près dans sa forme de loup. En un coup de dent, elle pouvait me tuer, mais je n’avais pas du tout peur d’elle. Bien au contraire, j’aimais le contact de sa tête contre mes jambes, j’aimais la sensation que ses poils laissaient sur mes doigts. Elle dégageait une chaleur que j’appréciais énormément, j’aurais pu rester encore bien plus longtemps dans cette position. Mais la nuit prit fin.

Le jour fini par pointer le bout de son nez, quand la lune disparu complètement du ciel, Lexie se leva d’un bout et s’éloigna de moi. Je ne bougeai pas, me doutant qu’elle n’avait pas besoin que je m’approche d’elle. Elle poussa des grognements, s’écrasant sur le sol. J’entendis de nouveau ses os se briser et ses grognements se changeaient petit-à-petit en cris, alors que sa peau perdait les poils qui la recouvraient. L’instant me sembla durer une éternité, j’avais tellement mal pour elle. Au bout d’un moment, elle ne fit plus aucun bruit et mouvement et resta un instant allongée sur le sol. Je me levai doucement, m’avançant de quelques pas vers elle, toujours allongée sur le sol, complètement nue. Je réalisai en cet instant précis qu’elle était effectivement nue et ça me perturbai plus que ce que je pensais. Parce que malgré tout ça, je la trouvais tout simplement magnifique. Elle fit soudainement quelque mouvement, avant de se lever d’un coup et de s’approcher de moi à une vitesse incroyable (même pour moi). Je ne savais pas si c’était parce que j’étais perturbée par la nuit qui venait de se passer, par l’angoisse que j’avais ressentie, ou par la tenue de Lexie, mais je ne réalisai qu’elle lançait sa main sur ma joue que quand elle y atterrit.
– Je peux savoir ce qui te prend de te promener en pleine nuit de pleine lune dehors toi ?
– Eh bien… je…
– Tu te rends compte de ce qui aurait pu arriver au moins ? reprit-elle sans me laisser le temps d’en placer une, plus en colère que je ne l’avais jamais vu être. Tu es complètement inconsciente de sortir alors que c’est la pleine lune !
– C’est toi qui me parle d’inconscience ?
C’était quand même la première à prendre des risques non ? Elle était justement du genre à prendre des risques, à ne pas se montrer responsable du tout. A moins qu’elle ait changé à ce point en un an. Et puis… c’était quoi cette gifle qu’elle venait de me mettre ?
– Je t’interdis de retourner la situation ! s’exclama-t-elle en me pointant du doigt. D’accord, je prends des risques, mais je ne mets pas ma vie en danger comme toi. Qu’est-ce qui se serait passé si je n’étais pas arrivé ? Tu serais morte !
Sa voix se brisa quand elle prononça ces derniers mots et je vis des yeux d’humidifier. Son cœur battait plus rapidement sous l’effet de la colère et de l’inquiétude. Je voyais bien qu’elle était touchée par ce qui venait d’arriver et même si ça ne devrait pas le faire, ça me fit du bien. Parce que j’appréciais sincèrement qu’elle s’inquiète pour moi, qu’elle se fasse du souci pour moi et qu’elle soit peinée de ma potentielle mort. C’était bien qu’elle tenait à moi non ? C’était justement ce dont j’avais besoin. Sans dire quoi que ce soit, je la pris dans mes bras et elle resserra mon étreinte. J’inspirai longuement pour m’imprégner de son odeur, cette odeur qui m’avait tant manqué et que j’avais l’impression de retrouver comme avant. Il n’y avait plus cet arrière-goût amer, il n’y avait plus que ce que j’appréciais avant que tout ça n’arrive.
– Je suis désolée… dis-je, après quelques minutes d’éteindre.
Lexie s’écarta de moi, croisant les bras sur sa poitrine toujours nue, et me regardant d’un air dur.
– Pourquoi tu étais dehors ?
– J’avais besoin de voir ma mère.
– Et tu ne pouvais pas la voir un autre soir ?
Je voyais bien qu’elle était toujours en colère et je ne savais pas vraiment comment parvenir à la calmer. Si c’était possible, j’avais effectivement agis inconsciemment. Moi qui avais pourtant l’habitude de toujours trop réfléchir.
– J’ai pas réfléchis, avouai-je dans un léger sourire. Paul m’a dit qu’il n’y avait pas eu d’attaque depuis la mort d’Erwan et j’ai cru qu’il n’y avait pas de risque.
Lexie m’observa encore quelques secondes avant ses yeux durs avant de baisser ses bras dans un soupir.
– Comment ça se fait que tu es dehors toi aussi ? Tu n’es pas censée être dans une cage pendant la pleine lune ?
Mon ton était neutre, mais elle me lança de nouveau un regard noir, avant de répondre.
– J’avais un mauvais pressentiment. Et apparemment j’ai bien fait de ne pas être dans ma cage.

Elle avait raison, sans elle je serais surement morte maintenant. Si elle n’avait pas pris le risque de ne pas être dans sa cage ce soir, ce loup-garou m’aurait croqué sans hésitation. A cette idée, je fus parcouru d’un frisson. Lexie m’avait sauvé la vie et je n’avais aucun moyen de la remercier comme il le fallait. J’avais été idiote de croire que je ne risquais rien, puisqu’apparemment le lycan qui s’en était pris à Erwan était encore dans les parages. C’était lui, j’en étais persuadé.

– Heureusement que tu étais là.
Finis-je par dire, dans un fin sourire, tentant de réduire un peu la lourdeur de l’atmosphère. Je me rendais compte qu’elle était vraiment énervée contre moi et elle avait vraiment de bonnes raisons. A sa place, j’aurais réagi exactement de la même manière.
– Je ne sais vraiment pas si tu le mérites, me rétorqua-t-elle toujours d’un ton dur.
– Je ne t’ai jamais vu aussi énervé.
Me ton se faisait de plus en plus léger, dans le but de pouvoir calmer un peu le jeu. Elle avait de bonnes raisons de m’en vouloir, mais je n’avais pas envie de me disputer avec elle. Je n’avais plus envie de me prendre la tête avec elle, ça commençait à faire beaucoup trop longtemps.
– Depuis que je te connais, je me prends constamment la tête. Tu as une très mauvaise influence sur moi. Et je ne crois pas que tu le mérites vu comment tu m’as évité pendant un an !
– Je ne t’ai pas évité Lexie, j’ai dormi. Elle me lança un regard perplexe et presque vexé même, ne comprenant évidemment pas ce que je voulais dire par là. Après la mort d’Erwan, je me suis endormi pendant un an. C’est un truc de… vampire. Paul a dormi pendant deux mois et Edouard continue de dormir là. On ne sait pas du tout quand il va se réveiller.
Et clairement, ça m’angoissait. J’avais vraiment besoin qu’il se réveil, j’avais besoin de lui. Plus encore maintenant que je venais de vivre une nuit si mouvementé.
– Et ce que tu m’as dit avant ?
Sa voix était un peu plus douce, même si toujours amère. Avec ce que je lui avais dit, ça se comprenait quand même.
– Je ne vais pas te dire que je ne pensais pas ce que j’ai dit…
Je pensais chaque mot que j’avais prononcé en effet, sur le moment. Maintenant, je m’en voulais amèrement d’avoir dit tout ça, de m’être énervé aussi après mon réveil quand j’avais découvert pour les fiançailles de ma mère et de Sébastien. Je n’avais vraiment pas agis comme je le devais.
– Mais, je suis vraiment désolée. J’étais complètement chamboulée par ce qui s’est passé. Je ne voulais pas te faire de mal, je ne voulais pas disparaitre pendant tout ce temps non plus. J’ai vraiment été choquée en découvrant que j’avais dormi un an… Et je comprends que, ça soit différent pour toi maintenant.
A cette pensée, à la pensée d’Antoine qui semblait vraiment proche de Lexie, je sentis mon cœur immobile se serrer. Lexie poussa un long soupir, posant ses mains sur ses hanches, n’aillant vraiment aucun souci avec sa nudité.
– Je ne sais pas ce que tu as imaginé Emilie, mais il n’y a rien entre moi et Antoine. C’est un frère pour moi, il est complètement paumé depuis qu’il est devenu un loup-garou. Je l’ai juste pris sous mon aile et… il m’a soutenu parce que j’étais vraiment mal.

Mon cœur se serra plus encore en entendant les paroles de Lexie. Elle ne mentait pas, je le sentais bien et je m’étais donc fait des idées idiotes. Je me sentais encore plus mal à l’aise maintenant. Je m’en voulais de lui faire de la peine, elle ne méritait vraiment pas ça. Je ne pouvais pas faire grand-chose contre mon année de sommeil, mais j’aurais pu m’épargner la jalousie inutile. J’avais vraiment tout faux ces derniers temps. Je m’étais pris encore la tête pour rien, au point de m’éloigner de celle que j’aimais tellement. Parce que je l’aimais, vraiment, je ne pouvais que plus m’en rendre compte maintenant. Elle m’avait tellement manqué…

Je m’approchai un peu plus de Lexie, passant une main dans ses cheveux avant de coller mes lèvres sur les siennes. Ce simple contact me provoqua un long frisson, ses lèvres m’avaient tellement manqué aussi. Le goût était toujours le même et la chaleur encore plus agréable. Lexie passa ses bras autour de mon cou, se collant un peu plus à moi, pour prolonger notre baiser. C’était comme si cette année qui venait de s’écoulait n’existait plus, comme si nous ne nous étions pas quitté une seconde. Nous nous embrassâmes pendant de longues secondes, qui me donnèrent vraiment envie d’arrêter le temps. Si c’était possible, je l’aurais fait directement. Mais nos lèvres finirent par se quitter, sans que nous nous éloignions de trop.

– Bon, on va dire que ça va, reprit Lexie en souriant, de ce sourire qui la rendait vraiment craquante.
– Tu ne m’en veux plus ?
– Si, mais je suis sûre que tu vas savoir te faire pardonner.
J’aimais la légèreté que sa voix avait reprise. Je l’aimais vraiment plus comme ça que quand elle s’énervée, même si elle avait eu de bonne raison d’être en colère.
– Mais en attendant, je pense qu’on peut rentrer quand même.
Sur ces mots, Lexie s’écarta de moi pour se mettre en route dans une direction comme si elle savait parfaitement où aller pour rentrer. J’étais complètement perdue, je n’avais aucune idée de par où il fallait que j’aille pour rejoindre ma maison. Je la regardais s’éloigner, comme si de rien n’était.
– Tu es au courant que tu es toute nue ? demandai-je sur le ton de la plaisanterie, en m’approchant d’elle.
– Oui, ça te pose un problème ? Elle tourna son regard taquin vers moi. Ça te perturbe ?
Je ne répondis pas à sa question, parce qu’effectivement je ne pouvais pas dire que ça ne me faisait rien.
– A moins que tu ne caches des habits quelque part, je n’ai pas vraiment le choix.

Sans plus de cérémonie, elle continua de marcher comme si de rien n’était. Je la préférais vraiment quand elle était décontractée comme ça, plutôt que quand elle se prenait la tête. J’avais le sentiment de retrouver la lycane qu’elle était avant la mort d’Erwan. Rien n’était résolu encore, mais je me sentais quand même plus légère. Et puis que la route était longue, nous eûmes vraiment beaucoup de temps pour parler de tout ça. En courant, je pourrais sans doute pu rejoindre le village assez rapidement, mais Lexie ne pouvait pas suivre mon rythme. Alors, nous profitâmes un peu de cet instant pour parler de tout ce qui s’était passé pendant cette année. Lexie me raconta ce qu’elle avait vécu au sein de la meute, ils avaient cherché pendant un temps des indices sur le lycan qui s’en était pris à Erwan. Je m’en voulais encore plus de ma crise de nerf à mon réveil. Je racontai à Lexie ma rencontre avec Francis, ce que j’avais appris sur ma nature aussi. Cela me faisait vraiment du bien de pouvoir parler de tout ça avec la jeune femme. Et nous arrivâmes à la même conclusion, je devais réveiller Edouard pour parler de tout ça avec lui. Paul et lui devaient être au courant de la présence de ce lycan, ainsi que Sébastien d’ailleurs. Je n’avais aucune idée de ce qui allait se passer, mais on devait en parler de toute façon.

Quand nous arrivâmes, après plusieurs heures de marche, aux abords du village et des premières maisons, nous profitâmes de voir des vêtements pendre sur du fil à linge pour en emprunter (pour ne pas dire voler). Lexie se contenta de prendre un pantalon et un t-shirt pas trop mouillé, dans le but de couvrir son corps avant de rentrer complètement dans le village et de croiser des personnes. Nous pûmes reprendre notre route et cela ne fut plus très long avant d’approcher de nos maisons respectives.
– Tu es sûres que tu ne veux pas que je vienne avec toi ?
J’adressai un léger sourire à Lexie pour la rassurer. Nous avions convenu d’aller retrouver respectivement nos « pères » afin de leur parler de ce qui venait d’arriver. Lexie devait aller rassurer Sébastien aussi, qui était dans tous ses états d’après ses dires. Elle parvenait à le ressentir, à cause du lien de la meute. Et de mon côté, je devais aller réveiller Edouard sans savoir comment j’allais m’y prendre.
– Il ne vaut mieux pas que tu sois présente.
Je n’avais aucune idée de comment ça allait se passer et il valait mieux éviter qu’une lycane soit dans les parages. Au vu de la situation, il ne fallait pas tenter le diable. Même si, je devais bien avouer que j’aurais apprécié que Lexie soit avec moi quand même. J’avais vraiment du mal à me séparer d’elle maintenant. Je vins déposer mes lèvres sur les siennes, savourant encore une fois la chaleur de sa peau.
– Dès que je l’ai réveillé et que je lui ai raconté tout, je t’appel. J’avais autant besoin de la rassurer que de me rassurer moi. C’est promis.
– De toute façon, si tu ne le fais pas, je viens de bouffer toute crue.
Mes lèvres s’étirèrent dans un grand sourire. Cela faisait vraiment longtemps que je n’avais pas souri autant. J’avais vraiment envie de croire en cet instant que les choses pouvaient s’arranger, même si rien n’était fait encore. J’allais réveiller Edouard, il allait forcément savoir ce qu’il fallait faire et j’avais retrouvé Lexie. La lycane me regardait avec des yeux pétillants, j’avais vraiment le sentiment de respirer de nouveau depuis mon réveil.
– C’est tentant…
Le sourire de Lexie s’agrandit plus encore, avant qu’elle ne vienne de nouveau m’embrasser. C’était si agréable.
– Je t’aime, soufflai-je sans détourner mon regard de ses yeux. J’entendis son cœur se mettre à battre plus rapidement.
– Moi aussi.

Je rentrais rapidement dans la maison, avec l’intention de me diriger directement vers la chambre d’Edouard. Je tendis l’oreille dans l’espoir de voir si Paul se trouvait dans les parages, mais je n’entendis aucune présence. Il n’était peut-être pas là, ce qui ne m’étonnait pas vraiment. Tant pis, j’avais la ferme intention de ne pas l’attendre de tout façon. Je montai vivement les escaliers, marchai dans le couloir et ce ne fut que quand je touchai la poignée de la chambre d’Edouard que je me mis à frissonner.
– Je t’ai déjà dit que ce n’était pas une bonne idée de le réveiller.
La voix de Francis venait de s’élever dans mon dos, je n’avais pas senti sa présence avant. Je fus incapable de boucher, il s’approcha dans mon dos et posa une main sur mon épaule.
– Je t’avais prévenu… tu ne me laisses pas le choix.

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Message#Sujet: Re: La lune de sang   Ven 26 Aoû - 22:54

Lexie et Emilie sont trooooooooop mignonnes, je les adore
Bon, par contre, ce chapitre est beaucoup trop heureux
Je me méfie Shocked Shocked

J'adore j'adore j'adore !!!

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Message#Sujet: Re: La lune de sang   Ven 26 Aoû - 22:59

Je suis contente
Et... hum... oui, tu peux te méfier

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Message#Sujet: Re: La lune de sang   Ven 2 Sep - 23:21

LA LUNE DE SANG


Chapitre 17


Quand Pénélope dansait de cette manière, je ne parvenais pas du tout à détourner mon regard d’elle. Elle était vraiment belle, c’était la plus belle femme que j’avais eu l’occasion de croiser dans ma vie. Et elle m’avait fait le plus beau cadeau que j’aurais pu rêver, elle me permettait de passer le reste de mon existence à ses côtés. Et celle-ci allait vraiment être longue. Alors que je l’observai et que j’espérais honteusement qu’elle tourne ses grands yeux bleus vers moi, Francis vint s’installer à côté de moi et passa une main autour de mon cou.
– Alors bon frère, tu es encore en train de reluquer notre maman ?
– Ne l’appel pas comme ça, sifflai-je entre mes dents.
– Pourquoi ? Ce n’est pas ce qu’elle est peut-être ? Reprit-il en me donnant une tape sur le torse. Elle t’a bien mordu non ? Et moi aussi ? Elle est notre mère !
– Arrête avec ça !
Francis éclata de rire, ce qui attira l’attention de Pénélope, puisqu’elle tourna son regard vers nous en souriant. Son sourire était si magnifique que je peinais à détourner encore une fois mon regard d’elle. Elle m’envoutait complètement. Je savais bien que c’était vraiment le cas, elle s’amusait avec moi comme avec beaucoup d’autre. Mais je ne le lui en voulais pas du tout, je l’aimais comme elle était. Même si elle jouait avec moi, avec cette manière qu’elle avait de me regarder tout en continuant de danser.

Depuis que j’étais devenu un vampire – cela remontait à quelque année maintenant, j’avais commencé à perdre le compte exact – je vivais dans cette grande communauté de vampire. On était plus d’une dizaine dans ce grand château. J’étais arrivé en même temps que Francis. Je ne le connaissais pas avant, mais nous avions été transformés la même nuit. Une nuit comme celle-ci, alors que la fête battait son plein dans le château. C’était un rituel devenu très récurent, au moins deux fois par semaine. Un groupe de deux ou trois vampires partaient dans les villages voisins afin de rassembler plusieurs humains et les faire venir dans le château. Et nous passions la nuit à nous amuser, à danser au rythme des instruments de musique et à nous nourrir de sang humain. Nous avions pris la décision de nous nourrir de cette manière, nous montrant particulièrement prudents, dans le but de ne pas se faire trop remarquer. Les conflits entre notre race et celle des lycan faisaient rage dans le pays. La nuit de ma mort, Pénélope avait porté son dévolu sur moi et sur Francis. Elle nous avait transformé tous les deux, faisant de nous presque des frères. Ça ne me dérangeait pas, nous nous entendions bien avec Francis, même s’il savait aussi parfaitement me taper sur le système.

Je continuais de regarder Pénélope et son corps de rêve se dandiner sous mes yeux, quand elle me fit signe d’approcher. Même si j’avais eu envie de résister à sa demande, j’en aurais été parfaitement incapable. Je me levai donc, pour m’approcher d’elle et de son sourire ravageur. Quand je me retrouvai devant elle, elle enroula ses bras autour de mon cou et approcha son visage du mien, sans pour autant provoquer le moindre contact.
– J’ai une surprise pour toi mon chéri, me dit-elle de sa voix douce et mélodieuse, qui la faisait passer pour un ange. Ce qu’elle n’était évidemment pas, je le savais parfaitement.
– Une surprise ?
– Oui, je suis sûre que tu vas adorer.
Sans plus de cérémonie, Pénélope attrapa ma main avant de m’entraîner avec elle. Je tournai une seconde mon regard vers Francis qui se trouvait toujours sur le canapé que j’occupais précédemment. Je ne pus m’empêche de lire une lueur de jalousie dans ses yeux, je la connaissais par cœur. Nous nous adorions, mais Francis aimait tout autant Pénélope que moi et je savais qu’il était particulièrement jaloux. Je ne pouvais pas lui en vouloir, dès que notre « mère » accordait plus de temps à mon « frère », j’étais tout autant jaloux que lui. Pénélope m’entraîna donc avec elle, vers une salle qui se trouvait un peu à l’écart. Ce château était si grand que si l’un d’entre nous avait envie de se retrouver seul, ça ne posait pas du tout de problème. Elle ouvrit une porte et nous entrâmes dans la pièce. Celle-ci était plongée dans le noir, mais je parvenais sans problème à y voir. Une jeune femme était allongée sur le lit, ne bougeant pas d’un cil. Elle était vivante, je le savais, mais elle ne semblait pas maitresse de son corps.
– Amuses toi un peu Edouard, glissa Pénélope à mon oreille, alors que j’observais cette humaine. Elle s’installa dans mon dos, posant ses mains sur mes épaules et approchant plus encore ses lèvres de mon oreille. Imagines que c’est moi et fais lui tout ce que tu souhaites me faire, mon cher Edouard. Elle est tout à toi, complètement dévouée, elle t’appartient… je t’appartiens.

Je fus incapable de maitriser les heures qui suivirent, je me contentai simplement de suivre les ordres de Pénélope. Et ce ne fut qu’au petit matin que je pus vraiment me rendre compte de ce que j’avais fait à cette fille. Boire du sang humain ne me plaisait pas vraiment en réalité, je le faisais parce que je n’avais pas le choix et que je savais parfaitement que les autres vampires ne le comprendraient pas. Je me forçais donc à être comme les autres et je pouvais faire avec. Ce que j’avais fait à cette pauvre fille me révulsait plus encore que de simplement boire son sang. Pénélope connaissait ma faiblesse et elle en jouait, elle s’amusait avec. Quand je sortis de cette chambre, ce fut elle que je croisais en premier. Elle me souriait, parce qu’elle savait parfaitement qu’elle avait réussi.
– Je suis certaine que tu as passé un très bon moment.
Elle plongea son regard sans le mien et j’avais forcément envie de croire que ce moment que je venais de vivre était merveilleux en effet. Elle s’approcha de moi, colla ses lèvres sur les miennes, pour m’embrasser avec passion, mélangeant le goût du sang de ses victimes avec la mienne.
– Un jour, tu auras le droit de me faire tout ce que tu as fait à cette jeune fille.



– Il y a des loups-garous à moins d’une journée de course du château, annonça l’une des vampires qui rentrait du « marché ».
Nous étions tous réunis dans le hall, à cause de la présence de ces lycans. Nous n’étions pas forcément angoissés non plus, mais ce n’était pas forcément rassurant. Même si nous savions tous nous défendre (et plus encore les plus vieux vampires), nous pouvions quand même nous faire avoir par une grande meute de loups-garous.
– Ils ne sont pas encore assez proches pour que ça soit utile pour nous d’intervenir.
C’était le plus vieux de notre groupe qui venait de prendre la parole. Celui qui jouait un peu le rôle de chef.
– On pourrait peut-être décider d’agir avant qu’il ne soit trop tard non ?
Francis venait de prendre la parole, à la surprise générale. Nous n’avions pas vraiment l’habitude de donner notre avis dans ce genre de réunion. Francis et moi étions plutôt jeunes comparés aux autres et ils n’attendaient pas notre avis. Ils ne l’appréciaient pas vraiment non plus, au vue des regards noirs qui se tournèrent vers Francis. Pénélope s’approcha de lui, posant une main sur sa joue.
– Laisses les grands parler mon biquet.

Peu de temps après la réunion, je me retrouvai seul avec Francis dans une des nombreuses chambres du château. Je le sentais tendu et je savais parfaitement pour quelle raison. Il ne tarda pas à me le confirmer d’ailleurs.
– J’en reviens pas qu’on n’ait pas notre mot à dire !
– Tu sais très bien qu’ils n’attendent pas de notre part qu’on donne notre avis, répondis-je dans le but de le tempérer un peu.
– Je ne vois pas pourquoi notre avis compterait moins que la leur.
J’étais un peu d’accord avec mon frère, mais je n’avais pas spécialement envie de m’imposer. Ce n’était pas mon truc.
– Tu vas voir que ces enfoirés de loups vont nous attaquer.
– Pourquoi tu parles d’eux comme ça, tu n’en sais rien.
– Je n’en sais rien ? S’emporta-t-il, me regardant d’un air mauvais. C’est toi qui n’en sais rien. Je ne veux pas me faire avoir parce que des imbéciles ne pensent qu’à faire la fête.
– Et tu veux qu’on fasse quoi au juste ?
Je ne voyais pas vraiment ce qu’on pouvait faire d’autre que ça. On était mort, on se contentait de profiter de cette mort en jouissant de la luxure et de gourmandise. Nous n’étions que des produits du diable.
– Prendre le pouvoir !
Francis était plus sûr de lui que jamais je ne l’avais vu. Il ne disait pas ça comme ça, il le pensait sincèrement.
– On peut être plus fort qu’eux si on le souhaite, on a qu’à se battre et prendre le pouvoir sur eux. Pourquoi est-ce qu’on devrait se montrer prudent ? On est immortel, ils ne sont que des humains couverts de poil une fois par mois.
– Tu te rends compte de ce que tu es en train de dire Francis ? demandai-je surpris par le discourt qu’il venait de me lancer.
– Bien sûr que je m’en rends compte, on est en guerre Edouard ! On ne peut pas se contenter de se cacher dans ce château et de faire comme si de rien n’était.
– On ne l’a pas demandé cette guerre.
Moi en tout cas, je n’en voulais pas. Je n’étais pas entièrement satisfait de ma vie de vampire, mais je m’en contentais. Je n’avais pas envie de rentrer dans un conflit que je n’avais jamais demandé.
– Peut-être, mais on la vit. Alors autant en profiter. On peut prendre le pouvoir et dominer tout ça.
Je ne répondis pas à sa remarque, je ne savais vraiment pas quoi penser de tout ça.
– Tu es avec moi Edouard, ou contre moi ?
– Aucun des deux… soufflai-je, n’aillant aucune envie de prendre parti pour une opinion ou une autre. Francis n’avait sans doute pas tort au fond, mais le conflit ne m’intéressait pas et je n’avais aucune envie de prendre de décision contraire au reste du groupe.
– Alors, tu es contre moi.

C’était la première fois que je voyais Francis aussi énervé que ça. Je comprenais le fait qu’il soit frustré de ne pas avoir son mot à dire, mais je n’en revenais pas de la position qu’il prenait envers les loups-garous. Evidemment, j’avais parfaitement conscience du conflit qui nous engagé contre cette race, mais il me semblait si loin. Ma vie ne tournait qu’autour de ce que je vivais dans ce château, auprès de mes congénères, auprès de Pénélope.

– Ils n’ont pas vraiment apprécié les propos de Francis tu sais ?
Le regard de Pénélope était plongé dans le mien, comme à chaque fois qu’elle me parlait. Nous étions seuls dans ma chambre et j’appréciais sa présence à mes côtés. Sa main était posée sur la cuisse.
– Il faut le comprendre aussi, il est frustré de ne pas avoir son mot à dire.
Je n’aimais pas m’opposer – même si je ne le faisais pas vraiment en réalité – à Pénélope, mais je ne pouvais pas m’empêcher de défendre Francis quand même. Parce que même si je n’étais pas tout à fait d’accord avec sa façon de faire, je comprenais parfaitement ce qu’il ressentait.
– Mais on ne vous demande pas d’avoir un avis. Pénélope afficha un sourire en coin, remontant sa main le long de mon torse. Toi au moins, tu sais rester à ta place mon chéri.
Je sentis un frisson parcourir mon échine, au contact de sa main et aux propos qu’elle m’adressait. Je ne pouvais pas m’empêcher d’aimer la rendre fière de moi.
– Je vais te dire un petit secret, dit-elle d’une voix qui me semblait encore plus douce que d’habitude, approchant une nouvelle fois sa bouche de mon oreille. Je sentis son souffle se déposer sur mon échine, à chaque fois qu’elle prononça un mot. Tu as toujours été mon préféré.
Ces quelques mots ne pouvaient que me rendre plus qu’heureux, mais je n’avais aucune idée à cet instant que les choses allaient très mal tourner.

Quelques jours plus tard, lors d’une escapade de camarade vampire, il y eu un incident. Les loups-garous étaient toujours dans le coin et visiblement, ils avaient repéré la trace de nos camarades. Ils avaient été attaqués peu de temps après le départ du château et l’un d’entre eux était mort.
– Je vous avais prévenu que nous devions agir, maintenant il est trop tard.
Francis avait de nouveau outrepassé son rôle et avait pris la parole devant tout le monde. Pénélope le regardait avec des yeux sombres, je n’avais jamais vu la vampire avoir ce genre de regard envers quelqu’un. Il me faisait froid au dos.
– Biquet, je t’ai déjà dit de ne pas parler quand on ne te demande pas de le faire.
Sa voix était douce et sombre à la fois, alors qu’elle s’approchait de mon frère, qui ne bougeait plus du tout. Je sentais la pression du pouvoir de Pénélope sur lui, elle n’avait aucune envie de le laisser agir plus que ce qu’il venait de faire. Il avait dépassé les bornes. Sans prendre la parole, elle lui ordonna par le regard de s’en aller. Ce qu’il fit sans même broncher, mais je savais qu’il n’allait pas en rester là. Et pour une fois, j’avais raison.

Quand je partis me reposer, après la réunion de notre groupe de vampire, Pénélope me retrouva dans ma chambre. C’était la première fois qu’elle me rejoignit de cette manière et ce fut la première fois qu’elle m’embrassa comme elle le fit. Ce fut la première fois qu’elle s’offrit à moi de cette manière et je fus le plus heureux des hommes en cet instant. J’aurais aimé que cet instant dure à jamais, j’osais même croire qu’à partir de maintenant je pourrais être heureux de cette manière jusqu’à la fin des temps. Mais ce fut sans compter sur la venue de Francis.

Nous étions encore allongés dans mon lit quand il fit son apparition et sans que je ne parvienne à réaliser ce qui se passait, il sautait sur Pénélope. Elle cria, elle hurla, mais il était enragé. Je pensais incapable de notre part de nous en prendre directement à notre « mère », mais il le fit. Et avant même que j’ai le temps de réagir, il lui avait arraché la gorge…
– Qu’as-tu fais ? m’écriai-je en m’approchant vivement du corps de Pénélope que je savais à présent sans vie. Mon cœur ne battait pas, mais il me faisait atrocement mal.
– Tu crois que je n’avais pas remarqué ton petit jeu avec elle ?
La voix de Francis était sombre et son regard noir me lançait des éclairs. Je ne comprenais pas ce qui venait de lui prendre, mais ce que je savais c’était qu’il venait de me la prendre. Qu’il venait de tuer celle que j’aimais plus fort que moi-même, celle qui me faisait encore respirer maintenant. Sans plus réfléchir, je fonçai sur lui pour le plaquer contre le mur, un long grognement sortant de ma gorge. J’avais envie de lui réserver le même sort que celui qu’il avait donné à Pénélope, il ne méritait pas de vivre.
– Tu me l’as prise ! lançai-je dans un grognement.
– C’est toi qui me la pris. Francis leva sa jambe pour me donner un coup de pied dans le ventre, profitant de ma surprise pour me plaquer contre le sol. Tu me la prise, tu la retournés contre moi.
– Je n’ai rien fais.
Je tentais de me débattre, de le faire lâcher prise, mais j’étais bien obligé de me rendre compte qu’il était beaucoup plus fort que moi. J’étais incapable de me dégager de l’emprise de celui que je considérais jusqu’alors comme mon frère.
– Je l’aimais… La voix de Francis se brisa sous ces paroles. Mais tu l’as retourné contre moi, tu l’as forcé à s’opposer à moi. Alors je te l’ai prise oui.
Francis lâcha son emprise alors, mais je ne me levai pas pour autant. J’étais complètement désemparé, je venais de perdre ma raison de vivre.
– Tus moi... suppliai-je alors, levant mon regard vers mon frère. Je n’avais aucune raison de vivre sans Pénélope.
– Oh non, Edouard, je ne vais pas te tuer. Jamais. Francis marqua une pause, son regard empli de haine dans le mien. Mais je vais m’efforcer à détruire ta vie pendant les siècles à venir.

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Message#Sujet: Re: La lune de sang   Ven 2 Sep - 23:29

Oh mon dieu !!!!
Je suis sur le cul xD
Et quelle garce, la Pénélope !!

J'adore ce nouveau chapitre !!!

Je veux la suite !!!

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Message#Sujet: Re: La lune de sang   Ven 2 Sep - 23:33

J'aime te mettre sur le cul Cool Cool Cool
Je suis contente qu'il te plaise

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Message#Sujet: Re: La lune de sang   Sam 24 Sep - 0:42

LA LUNE DE SANG


Chapitre 18


– Où est-elle ? La voix de Lexie s’éleva vivement dans la maison silencieuse, après qu’elle ait rapidement passé la porte, sans prendre la peine de frapper. Emilie ! Cria-telle de plus belle.
– Qu’est-ce que tu fiches ici ?
C’était Paul qui venait d’arriver dans l’entrée de la maison, où se trouvait la lycane. Au vu de son visage, il n’appréciait vraiment pas la présence de Lexie chez lui, surtout de cette manière.
– Je cherche Emilie ! Elle devait m’appeler et elle ne l’a pas fait.
Le regard de Paul changea, alors qu’il comprenait que quelque chose était arrivé.
– Où est-elle ? Demanda vivement Lexie.
– Je n’en sais rien…

***

Quand j’ouvris mes yeux, j’étais incapable de savoir où je me trouvais. La pièce où je me trouvais était plongé dans le noir et malgré ma vue de buveuse de sang, je ne parvenais pas à distinguer tout ce qui s’y trouvait. Mais un détail ne put que me sauter aux yeux, les barreaux qui étaient tout autour de moi. Je me trouvais dans une cage et je n’avais aucune idée de la manière dont j’étais arrivé là. Le dernier souvenir que j’avais, c’était le moment où j’avais décidé d’aller réveiller Edouard pour tout lui raconter. Avant l’intervention de Francis… Je ne parvenais pas à me souvenir de ce qui s’était passé après ses derniers mots.

En tournant mon regard vers l’autre bout de la pièce, je pus distinguer une autre cage. Il y avait une masse dans un coin de celle-ci, une masse vivante. J’entendais son souffle, un souffle lent. Quoi que puisse être cette masse, elle était en train de dormir. J’humai un peu l’air en fermant les yeux, me concentrant sur les odeurs que j’étais capable de sentir. Il y avait une odeur familière, une odeur bien trop familière même. Je n’avais plus aucun doute sur l’identité de cette masse dans la cage… c’était le loup qui m’avait agressé. Mon corps se raidit complètement et je ne pus m’empêcher de me  sentir soulagé que nous soyons tous les deux bloqués dans une cage.

Au bout d’un moment, le lycan fini par se réveiller. Je l’entendis grogner, remuer, puis s’étirer avant de se lever complètement. Mes yeux ne le quittaient pas une seconde, alors que j’étais assise le plus au fond de ma propre cage, les genoux relevés sur ma poitrine. Je pus voir un peu plus à quoi il ressemblait. C’était un homme, d’une assez grande taille apparemment, mais très maigre. Il n’était vêtu que d’une grande chemise sale et troué par endroit. Ses cheveux étaient grisonnants. Il se retourna pour me faire face, son visage me paraissait plus jeune que ce que j’avais imaginé en premier abord. Ses yeux était sombre, beaucoup moins jaune que dans sa forme de loup, mais je n’avais aucun doute sur son identité, c’était bien lui. Il avait le même regard, même si l’étonnement se lisait dans ses yeux.
– Tiens, j’ai une colocataire maintenant ? dit-il d’une voix roque, qui ne semblait pas être sortie de sa bouche depuis longtemps.
Je ne répondis pas à sa remarque, me contentant simplement de le regarder en sentant un frisson parcourir mon échine. Il me semblait plus agréable que sous sa forme de bête, mais je ne pouvais pas m’empêcher d’avoir peur. Alors qu’il ne pouvait évidemment rien me faire, à moins qu’il soit capable de briser ces barreaux contrairement à moi.
– On se connaît ? me demanda-t-il alors, d’un ton sérieux, avant de s’assoir à même le sol et de se gratter la tête. Il n’avait pas l’air dérangé lui en tout cas par sa présence dans une cage.
– Vous avez essayé de me tuer.
Son regard se releva vivement vers moi, visiblement surpris, il m’observa pendant un temps sans rien dire. Avant de reprendre la parole.
– Ah oui, je vois…
Ça me faisait une belle jambe qu’il voit, moi de mon côté je ne voyais rien du tout. Et j’avais l’intention de profiter de son réveil pour avoir des réponses aux questions que je me posais depuis mon réveil.
– On est où ?
– Je ne sais pas, me répondit-il dans une sorte de grognement, visiblement agacé par ma question.
– Pourquoi je suis là ?
– Comment tu veux que je sache ?
Je soupirai d’agacement à mon tour. Je ne savais pas s’il se moquait de moi ou s’il ne connaissait vraiment pas les réponses à mes questions. Je ne pouvais pas m’empêcher d’espérer la deuxième solution, puisqu’il se trouvait quand même dans une position similaire et bien pire encore.
– A mon avis, le connaissant, tu vas bientôt le savoir.
– Qui ?
Il ne répondra jamais à ma question.


Les heures passèrent, je pus échanger encore quelques mots avec mon « colocataire ». J’appris notamment qu’il s’appelait Joseph, mais rien d’autre de bien concret. Je ne savais toujours pas pourquoi j’étais là, pourquoi il était là et la raison qui l’avait poussé à m’attaquer. Comment avait-il pu sortir de cette cage d’ailleurs afin de le faire. Mais j’avais compris qu’il y avait quelqu’un, ce « il » dont il me parla plusieurs fois sans entrer dans les détails. Je n’avais aucune idée du nombre d’heure qui s’étaient écoulés depuis mon réveil, mais je savais qu’il y en avait beaucoup. Parce que Joseph était passé par plusieurs phrases de sommeil et que je sentais ma faim augmenter de plus en plus. Je me sentais de plus en plus faible aussi.

J’étais allongée sur le sol dur d’ailleurs, quand un bruit attira mon attention. Le bruit d’une porte qui venait de s’ouvrir lourdement, un peu plus loin quelque part. Joseph qui dormait jusque-là, remua lentement.
– Ça y est, il arrive…
Il y avait quelque chose dans le ton de la voix de mon colocataire qui me fit froid dans le dos. Je ne savais pas qui était ce « il », mais il m’impressionnait d’avance, juste parce que je sentais le stresse du lycan à l’idée de son arrivé. Je me levai au moment où la porte de la pièce où nous nous trouvions s’ouvrait. Quand mes yeux se posèrent sur l’homme qui entrait, le frisson que j’avais ressenti précédemment n’était en rien avec celui que j’eue.

– Francis…
– Emilie, quel plaisir de te revoir.
Sa manière de me parler ne ressemblait plus du tout à celle qu’il avait quand nous étions chez moi. Il me faisait peur maintenant, il y avait quelque chose de sombre dans son regard. Francis s’approcha de ma cage, se positionnant juste devant moi, me cachant Joseph de l’autre côté qui n’avait pas pris la peine de se lever lui. Mon regard le toisait, j’étais incapable de dire quoi que ce soit alors que moult questions se trouvaient au bord de mes lèvres. Il me regardait en souriant, droit comme un piqué. Il était si impressionnant de cette manière.
– Comment te sens-tu ici ? J’espère que le manque de confort ne te gêne pas trop.
Je ne pouvais pas croire en ses mots, malgré le ton amical qu’il utilisa.
– Je n’avais malheureusement pas de chambre confortable à te proposer. Du moins, aucune chambre t’empêchant de me fausser compagnie.
– Pourquoi je suis là ? demandai-je alors la gorge serrée, osant enfin prendre la parole.
– Ça n’a rien de personnel, crois-moi. Il marqua une pause, ne perdant pas son sourire. Même si je dois quand même t’avouer que ta façon d’être a le don de me fatiguer. Tu es tellement inutile comme vampire.
Ce qui ne répondait évidemment pas à ma question. Je ne repris pas la parole, me contentant d’observer les yeux de Francis dans l’espoir d’y lire une vraie réponse. Il garda le silence pendant quelques secondes avant de reprendre
– Je me sers simplement de toi, pour toucher Edouard. Tu aurais dû faire confiance à d’autre personne.
– Pourquoi ?
– C’est comme ça. Pour qu’il souffre.
Francis se retourna alors, décidant visiblement de ne plus me prêter attention, se dirigeant vers Joseph. Il tapa sur l’un des barreaux de la cage de mon colocataire pour le faire réagir, ce qui marcha puisqu’il se retourna vers lui.
– Prépares toi mon chien, la prochaine pleine lune sera ta plus grande réussite.
Et sans plus de cérémonie, le vampire quitta la pièce, me laissant sans voix.

***

– Pourquoi il ne se réveil pas ? demanda Lexie à Paul qui se trouvait devant lui, dans le salon de la maison de la meute.
– Je ne sais pas, j’ai tout essayé, il ne se réveil pas.
– Et on fait quoi alors ? Ça fait des jours qu’elle a disparu !
Sébastien qui se trouvait près de Lexie posa une main sur son épaule pour l’inviter au calme, ce qui sembla marcher seulement un peu.
– Je vais tenter encore de le faire, je vais continuer. Vous avez réussi à retrouver la trace de Francis ?
La voix de Paul se durci légèrement quand il prononça le nom de son congénère, qui avait évidemment disparu aussi.
– Non, répondit Sébastien. Nous avons suivi son odeur, mais on l’a perdu.
– On n’a vraiment aucune piste alors… ? La voix de Lexie se brisa plus encore.

***

– Qu’est-ce que je peux faire pour toi ?
La voix de Francis était si douce, mais je ne me laissais pas du tout avoir par son ton. Mon regard dur ne le lâchait pas une seconde. Je ne m’étais pas levé quand il avait passé le pas de la porte de ma prison, j’en étais incapable. Je me sentais si faible…
– J’ai faim…
Le sourire de Francis se fit encore plus grand, il savait parfaitement que j’avais faim. Je ne savais pas depuis combien de temps je me trouvais dans cette cage, mais je savais que ça commençait à faire longtemps. J’avais tellement faim, je n’avais jamais eu aussi faim de ma vie. Il le savait, mais il n’avait pas l’intention de me nourrir. Alors qu’il prenait la peine d’apporter de temps en temps – mais à des quantités trop peu suffisante quand même – de la nourriture pour Joseph. Moi, je n’avais le droit à rien et je ne savais même pas pourquoi.
– Je sais, mais ce n’est pas encore le moment.
Mon regard se déplaça lentement vers Joseph qui était en train de déguste une viande bleue.
– Ne t’en fais pas, tu ne peux pas mourir de faim.
Il se mit à rire, mais je ne goûtais évidemment pas à sa plaisanterie. Il s’approcha de la cage de Joseph et l’observa manger en silence pendant quelques secondes.
– Lèves toi.
Sur cet ordre, le lycan abandonna sa nourriture pour se lever dans la seconde. J’avais eu l’occasion de constater que Francis l’avait entièrement sous son contrôle. Joseph obéissait au moindre de ses ordres et j’avais donc compris que c’était pour cette raison qu’il s’en était pris à moi. Et à Erwan aussi sans doute.
– Tends ton bras.
Il tendit son bras. Francis attrapa l’avant-bras du lycan dans sa main, le griffant au point que je vois son sang perler des entailles qui venaient d’apparaître. Mes sens se mirent en éveille, ma salive envahit ma bouche. Sans même m’en rendre compte, je m’étais levée et je me trouvais au bord de ma cage. Francis tourna son regard satisfait vers moi.
– Bientôt.

Les jours suivants me semblèrent passer encore plus lentement. Je ne parvenais plus à bouger, j’étais allongé sur le sol, conscient, mais incapable de faire le moindre mouvement. Je me sentais si lourde, si fatiguée. Par moment, mon esprit s’évadait un peu sur des souvenirs qui me semblaient de plus en plus lointains, comme s’ils venaient d’une autre vie. Je ne parvenais même plus à savoir ce qui s’était réellement passé et ce que j’inventais. Même quand je me voyais planter mes dents dans le cou doux de Lexie, que je me voyais me délecter de son sang que je savais sucré et particulièrement délicieux, je ne savais plus si je l’avais fait ou pas. J’avais tellement faim…
– Ce soir, c’est la pleine lune.
Joseph me sorti de mes songes, mais je ne bougeai toujours pas. Je l’entendis se mouvoir dans sa cage, se redresser sans doute. Il ne me parlait pas souvent et je ne savais même pas s’il me parlait vraiment là, ou s’il se contentait de se faire cette réflexion pour lui tout seul. C’était la pleine lune ce soir… cela faisait un moi alors qu’il s’en était pris à moi. Mon cœur se serra à cette idée, ça faisait tellement longtemps que j’étais enfermé et que je n’avais pas mangé.

***

– C’est la pleine lune ce soir, informa Sébastien.
Sébastien, Lexie et Paul se trouvaient cette fois-ci dans la maison des vampires.
– Ça fait un mois.
Lexie avait visiblement perdue du poids, ses traits étaient tirés. Cela faisait longtemps qu’elle n’avait pas dormi vraiment.
– Est-ce que vos formes de loup ne peuvent pas nous aider à avoir plus de piste ? demanda Paul, qui avait pris ses marques auprès de la meute de loup.
– Malheureusement non, répondit Sébastien d’un ton plus sombre. C’est une nuit spéciale, la lune n’est pas la même. Nous ne serons d’aucune aide.
– La lune de sang ? reprit Paul. Sébastien confirma d’un simple signe de tête.
Les lycans s’apprêtaient à prendre congés quand un bruit attira leur attention. Le bruit d’une porte qui s’ouvrait à l’étage. Edouard s’était réveillé.

***

La porte s’ouvrit encore une fois. J’avais pris tellement l’habitude des visites de Francis que je n’y prêtais même plus attention. Mon regard était tourné vers le mur de l’autre côté de la porte. Pourtant, je savais que cette fois-ci, sa visite avait quelque chose de spécial. Si c’était la pleine lune, peut-être qu’il venait libérer Joseph pour qu’il parte de nouveau faire des ravages. Je n’avais pas envie qu’il s’en prenne aux autres, mais qu’est-ce que je pourrais faire ? J’avais envie que Francis me libère, mais je n’avais aucun espoir à ce sujet. D’ailleurs, sans bouger, le sentit Francis se diriger vers la cage de mon colocataire.
– Ce soir c’est la pleine lune, dit-il enjoué.
– Tu vas encore me sortir alors ?
– Non, pas ce soir.
Un silence s’installa pendant quelque seconde, avant que Francis ne reprenne la parole.
– C’est une soirée spéciale aujourd’hui. Tu ne peux pas le savoir, mais ce soir c’est la lune de sang.
J’entendis un grognement, que je savais être de la part de Joseph, sans que je comprenne ce qui était en train de se passer. C’était quoi cette histoire de lune de sang ?
– Tu avais prévu ça depuis le début ?
– Non ! répondit vivement Francis, visiblement fier de la situation. Je n’avais pas prévu que ça prendrait autant de temps, mais quand j’ai vu à quel point ça traîné, j’ai pensé à ça oui.
Plusieurs secondes de silence encore une fois.
– Ce soir mon cher, tu es libre pour de bon ! Francis s’approcha de ma cage, d’un pas qui me semblait léger. Je me demandais même s’il n’était pas en train de sautiller sur place même. Ce soir ma belle, reprit-il en s’adressant à moi, tu vas manger.
A ces simples mots, mes sens se remirent en alerte.

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Message#Sujet: Re: La lune de sang   Sam 24 Sep - 0:51

Quel beau salaud, ce Francis !!

Bon, il me faut la suite, c'est vital, j'ai besoin de savoir ce qui va se passer !

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Message#Sujet: Re: La lune de sang   Sam 24 Sep - 0:56

Mouahahaha, moi je sais *sort loin*


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Message#Sujet: Re: La lune de sang   Ven 30 Sep - 22:41

LA LUNE DE SANG


Chapitre 19


Francis avait disparu de la pièce aussi rapidement qu’il était venu, sans se montrer plus explicite, me laissant sur mon interrogation. Je ne savais évidemment pas ce qu’il entendait par le fait qu’il allait manger, il n’avait rien voulu me dire. Et je n’avais pas la force de questionner Joseph qui était en train de tourner en rond dans sa propre cage. Je ne savais pas ce que c’était que cette lune de sang, ce que cela signifiait pour mon colocataire, mais ça avait vraiment l’air de le perturber. Moi, je me concentrais surtout sur l’idée que j’allais manger, il n’y avait plus que cette idée dans mon esprit. J’avais tellement faim que je ne pouvais qu’avoir envie de me nourrir, de n’importe quel sang. Et ce fut en cet instant que je me rendis compte du problème de ma situation, j’avais envie de me nourrir à tout prix.

Au retour de Francis, sans même tourner mon regard vers lui, je sentis la différence. Je la sentis oui, parce qu’il y avait une odeur toute nouvelle, une odeur qui ne manquait pas d’être alléchante. Mais ce ne fut pas que l’odeur qui attira mon attention, le son que j’entendis également. Celui d’un cœur qui battait à une allure vive, transit par la peur. Il y avait un humain avec Francis, je le savais sans même le voir. Une jeune humaine d’ailleurs, une enfant j’en étais certaine. Comme prise d’une force soudaine, je parvins à me redresser et à m’approcher de mes barreaux. Mon regard se posa sur la jeune fille qui accompagnait Francis, alors que ma bouche se remplissait de salive. Elle était jeune vraiment, elle ne devait sans doute pas avoir beaucoup plus d’une dizaine d’année. Elle avait une longue chevelure blonde, des tâches de rousseurs sur le visage sous des yeux bleus. Des yeux bleus et rouge, parce qu’elle avait énormément pleuré apparemment. Elle était vraiment pâle, si je n’entendais pas si vivement son cœur battre, je pourrais me demander si elle était vraiment vivante. Elle avait l’aspect d’une jolie poupée de porcelaine. Francis s’approcha de ma cage tenant toujours sa jeune prisonnière par le bras. Il souriait comme souvent, me regardant de ses yeux intenses. Je comprenais que trop bien ce qui était en train de se passer.
– Tu as faim n’est-ce pas ? me demanda-t-il, son sourire s’agrandissant encore. Je ne répondis pas, il n’y avait aucune raison que je le fasse, il savait parfaitement que j’avais faim.
– Qu’est-ce que tu penses d’elle ?
Il tira la jeune fille pour l’approcher de ma cage, attrapant son visage dans sa main pour le tourner vers moi. J’humai son odeur, elle avait vraiment peur. Je sentis son cœur s’accélérer alors que les secondes s’écoulaient.
– Elle est mignonne non ? Je suis sûr qu’elle a très bon goût.
Je ne répondis toujours pas, j’en étais incapable. Mais je ne pouvais pas m’empêcher de penser à ce sang qui coulait le long des petites veines de cette fille, de ce sang dont l’odeur arrivait jusqu’à mes narines. Ma gorge se serrait, je n’avais aucune envie de le faire, mais je ne pouvais pas m’empêcher de penser à mes dents se plantant dans la peau si délicate de cet enfant, pour m’emparer vivement de son liquide vitale. Je me sentais si faible, j’avais besoin de son sang…
– Fais-toi plaisir !

Sur ces mots, Francis ouvrit ma cage et jeta littéralement la jeune fille dedans avant de la refermer aussi sec. L’enfant tomba au sol, dans un cri, tremblante de peur. Mon regard ne l’avait pas quitté pendant ce temps, mais je m’étais éloignée de quelques pas. Parce que je savais parfaitement ce que Francis attendait de moi et je n’avais aucune envie de le faire. Du moins, j’essayais de me convaincre que je n’avais pas envie. Le cœur de la jeune fille s’accéléra encore plus, mon attention entière était tournée vers ces battements, au point que je ne faisais même plus attention à ce qui m’entourait. Ces battements qui accéléraient aussi la vitesse du sang qui circulait dans ses veines. J’entendis la voix de Francis s’élever au loin, mais je fus bien incapable de savoir ce qu’il dit. Il devait parler à Joseph de toute façon et s’il me parlait à moi, je n’en avais que faire.
Sans que je sache vraiment comment cela arriva, je m’étais approché vivement de la jeune fille et avait planté mes crocs dans son cou, dans cette peau douce et fine. Rapidement, le sang de l’enfant remplit ma bouche et coula dans le long de ma gorge. Ce sang avait un goût magnifique, comme jamais je n’aurais imaginé. Il était sucré, chaud et doux. Elle cria, sans pour autant chercher à se débattre et ce cri ne fit qu’amplifier ma vitesse de succion. Cela dura pendant plusieurs secondes, mais ça me sembla bien trop rapide. Au bout d’un moment, le cœur de la jeune fille se mit à battre beaucoup moins vite et son corps se relâcha complètement. Je forçai plus mon étreinte afin que son corps ne tombe pas, pour que je poursuive mon œuvre. Jusqu’à l’instant où son cœur se mit à battre et plus aucun liquide ne quitta ses veines. Je la lâchai, son corps tomba lourdement sur le sol, plus pâle encore qu’avant. Ses yeux étaient ouverts et montraient l’effroi qu’elle avait ressenti avant de pousser son dernier souffle. Je venais de la tuer… et j’avais envie de continuer.

– Alors ?
La voix de Francis s’éleva derrière moi, plus enjoué encore qu’avant. Je me retournai doucement, posant mon regard sur son visage. Il semblait vraiment satisfait de ce qu’il venait de voir et ça me donnait encore plus la nausée.
– Tu en voudrais bien plus non ?
Je sentis un long frisson parcourir mon corps à cette remarque, parce que je savais parfaitement qu’il avait raison. J’en avais vraiment envie oui, j’avais envie de plus de sang, j’avais envie d’étancher plus ma soif. Ce sang m’avait fait un bien fou, je me sentais bien plus en forme, mais j’en avais besoin de beaucoup plus. Je n’avais jamais connu vraiment la faim depuis que j’étais devenu un vampire, maintenant c’était fait et je n’avais plus envie de la connaître. Et ce sang, c’était tellement différent de celui que j’avais l’habitude de boire.
– Le sang des enfants est beaucoup plus agréable au goût que celui des adultes, ils ont encore ce sucre agréable en bouche, reprit Francis, sérieusement. Je savais que je ne devrais pas me pencher sur ces détails normalement, mais je ne pus m’empêcher de l’écouter attentivement. Malheureusement, ils sont plus petits et donc ils ont moins de litre de sang dans leurs veines. Tu viens de boire la moitié de ce qu’un vampire normal a besoin pour survivre et vu ton état… tu en as besoin de beaucoup plus. C’est pour ça que ce n’est pas forcément bien vu de se nourrir que de jeunes enfants, ce n’est pas suffisant même si c’est très bon. Une simple gourmandise.
Il me faisait vraiment froid dans le dos, alors qu’il parlait des humains comme de simple sucrerie, des bonbons. Comme si je venais simplement de me vider un paquet de sucrerie, alors que j’avais pris la vie d’une petite fille. Elle n’avait rien demandé et je venais de la tuer…
– Edouard a vraiment une mauvaise influence sur toi, tu ne sais rien de ce qui est agréable dans notre condition. Je n’aimais pas qu’il me parle comme s’il lisait dans mon esprit, j’avais vraiment le sentiment qu’il le faisait. Enfin, on ne va pas s’arrêter en si bon chemin.
Il s’approcha un peu de la cage de Joseph, lui adressant un sourire encore plus amusé. Il l’observa pendant quelques secondes, sans rien dire, avant de retourner son regard vers moi.
– Est-ce que tu sais ce qu’est la lune de sang ?
Encore cette histoire de lune de sang. Je ne répondis rien, me contentant simplement d’attendre que Francis reprenne la parole, je savais qu’il attendait juste de pouvoir tout m’expliquer.
– C’est un phénomène astronomique, qui rend la lune rouge comme le sang lors d’une éclipse de lune. Et ce soit, plus particulièrement encore, la lune sera à son point le plus proche de la Terre.
Je regardais étonnée Francis, ne comprenant pas vraiment où il voulait en venir.
– Ce phénomène a des répercussions sur nos espèces. Il tourna son regard vers Joseph, qui lui lança un regard noir. Il reprit, sans le lâcher des yeux. Les loups-garous ne se transforme pas comme d’habitude, ils restent humains pendant toute la nuit.
Je ne m’attendais pas du tout à apprendre une telle chose, je n’imaginais pas qu’un tel phénomène pourrait avoir des conséquences de ce genre. Et j’étais loin de me douter du pire, parce que quand Francis reprit la parole, il sembla plus heureux encore.
– Et si un vampire boit le sang d’un lycan pendant cette nuit, il récupère encore plus de force qu’en temps normal.
– Tu veux boire le sang de Joseph pour être plus fort ? demandai-je finalement, d’une voix rendu roque après ces nombreux jours de silence.
– Non. Francis sourit de plus belle, me lançant un regard amusé. C’est toi qui va le faire.

– Je ne le ferais pas !
Je répétais cette phrase encore et encore, en vain puisque Francis ne perdait pas l’idée de me faire boire le sang de mon colocataire de prison. Il n’était vraiment pas question que je bois le sang de Joseph. Je ne voyais vraiment pas l’intérêt que le vampire avait de me forcer à boire le sang du lycan, à quoi cela pouvait bien lui servir de me rendre plus forte. Dans tous les cas, je n’avais aucune envie de le faire.
– Je ne te laisse pas le choix.
– Je ne le ferais pas.
Nous fûmes coupés par le cri de Joseph qui s’effondra au sol. J’entendais ses os se briser, comme lors des transformations de la meute de Lexie. Il cria pendant plusieurs secondes, avant que tout ne s’arrête aussi rapidement que ça avait commencé, sans qu’il ne soit devenu une bête poilue. Il avait souffert quand même, mais il n’avait rien à voir avec le loup qui avait tenté de me tuer le mois précédent.
– Enfin, c’est le moment.
Je me reculai loin dans ma cage, alors que Francis ouvrait celle de Joseph puis la mienne. Le lycan était toujours allongé sur le sol, visiblement trop faible encore pour se lever. Je parvenais à ne pas me concentrer de trop sur les battements du cœur de Joseph, me disant que je pouvais vraiment me retenir de boire son sang.
– Tu vas finir par craquer, lança Francis tout confiant qu’il était.
– Je n’ai qu’à attendre la fin de la nuit alors, lançai-je tentant d’être le plus confiante possible, même si ce n’était pas vraiment le cas. Je ne savais pas ce que voulait vraiment le buveur de sang, je ne savais pas ce qu’il cherchait, mais je me disais qu’en évitant de boire le sang du lycan pendant la lune de sang, c’était une manière de mettre à mal son plan. Et quoi que puisse être ce plan, je ne pouvais évidemment pas l’accepter. Je voulais vraiment croire que j’étais capable de résister, que je pouvais au moins me retenir le temps que la situation ne soit plus propice aux actes de mon geôlier. Même si je voulais vraiment me retenir pour éviter de tuer Joseph.
– Tu pourrais faire ça oui. Même si cette gamine ne t’a pas vraiment suffit, tu peux sans doute tenir quelques heures encore.
Bizarrement, les propos de Francis ne me rassurèrent pas du tout, il était beaucoup trop confiant encore. Comme s’il savait que j’allais craquer et pour cause, il allait tout faire pour.
– Il faut vraiment tout forcer soi-même, ça en devient fatiguant, dit-il dans un soupir, avant de s’approcher du lycan toujours au sol.
Il se pencha sur lui, je fermai les yeux pour ne pas assister au spectacle. J’étais persuadé qu’il allait se nourrir du sang de Joseph, afin de récupérer la force que la nuit devait lui accorder. J’aurais aimé pouvoir sauver le lycan, mais j’étais bien incapable de bouger. Quand l’odeur du sang du loup-garou – que je compris être encore plus tentant que celui de la jeune humaine – me parvint aux narines, je me raidis sur place. Mon corps tout entier avait envie de foncer sur cette nouvelle proie. Pendant plusieurs secondes, je ne bougeai pas, me rendant compte que les sons que j’entendais ne ressemblaient pas à un vampire qui suçait le sang d’une victime. Quand j’ouvris les yeux, Francis avait repris sa place, Joseph était toujours au sol vivant. Il était vivant encore, mais avec une grande plaie au niveau du poignet, son sang coulant abondamment sur le sol. Et je me rendis compte que j’avais encore si faim et que j’étais si faible.

Sans m’en rendre compte, j’étais maintenant aux côtés du lycan. Il me lança un regard triste et je me rendis compte qu’il était incapable de bouger. Francis devait le contrôler pour qu’il ne bouge pas. Il savait parfaitement ce qui allait se passer, comme je savais ce que j’allais faire. J’étais incapable de résister plus encore à cette odeur qui contrôlait tout mon être, qui me poussait à m’approcher encore et à me nourrir.
– Je suis désolée… prononçai-je dans un souffle, avant d’approcher vivement mes lèvres du poignet du lycan.
Rapidement, le sang de Joseph se mit à couler dans ma gorge, comme ce fut le cas pour la petite fille. Sauf que cette fois-ci, je me rendais bien compte de la différence. Le sang avait un goût vraiment différent, mais surtout il était en quantité bien plus grande. Le temps fut plus long, mes forces grandirent bien plus. Je savais parfaitement que les circonstances faisaient que ce sang avait des vertus intenses sur moi et ça me plaisait vraiment. La faiblesse que je ressentais depuis plusieurs jours avait disparue complètement, j’étais bien plus vivante. Je savourais littéralement ce sang, cette nourriture qui coulait entre mes lèvres, j’appréciais tout ça au point d’oublier les conséquences et la personne que j’étais en train de tuer encore une fois. Parce qu’au bout d’un moment, il poussa à son tour son dernier souffle. Et la culpabilité me reprit à ce moment-là seulement. Je regrettais d’avoir tué mon colocataire, de me retrouver au-dessus de son cadavre. Mais pire encore, je regrettais de ne pas avoir plus de sang, j’avais envie d’encore plus de sang.

Le rire de Francis me rappela sa présence, je me retournai vivement pour fondre sur lui. J’avais retrouvé toue ma force, plus encore même. Je me sentais bien plus rapide et plus forte. Arrivée à la hauteur du vampire, je lançai mon poing dans son visage qui le heurta vivement, le faisant reculer de plusieurs pas avant qu’il ne tombe sur le sol. Le voir ainsi se faire prendre dans mon geste me donna un regain d’énergie qui me poussa à foncer encore sur lui pour le chevaucher, enrouler mes mains autour de son cou et le maintenir au sol. J’avais tellement envie de le tuer pour ce qu’il venait de me forcer à faire, je savais que je pouvais le faire. Il allait mourir pour tout ce qu’il avait fait, pour Erwan, pour Joseph et pour cette petite fille qui n’avait rien demandé à personne. Le vampire attrapa mes bras de ses mains, plantant ses ongles dans ma peau, mais je ne flanchais pas. Jusqu’à ce que mes yeux croisent les siens, me figeant sur place.
– Tu pensais vraiment que j’allais te faire boire son sang, sans m’arranger pour avoir le dessus ? Tu me sous-estime gamine.
Sans que je puisse contrôler quoi que ce soit, je lâchai mon emprise et me levai. Francis fit de même, se positionnant devant moi.
– Pourquoi ?
C’était le seul mot que je parvins à prononcer, je ne comprenais vraiment pas pourquoi il faisait tout ça.
– J’ai besoin d’un pion pour relancer une guerre entre les vampires et les lycans. Et si ce pion est en plus une protégée d’Edouard, c’est encore mieux.
Il retrouva son sourire, posant une main sur son épaule, son regard toujours dans le mien. Je ne pouvais pas me détourner, je ne pouvais que dévorer ses paroles.
– La suite du programme va être géniale. Il marqua une pause, son sourire s’agrandissant plus encore. Tu vas aller voir ta mère et la tuer.

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Message#Sujet: Re: La lune de sang   Ven 30 Sep - 22:52

NOOOOOOOOOON NON NON NON c'est trop horrible comme fin de chapitre !!!! Je suis trop flipée pour la suite, là !!!!
J'ai adoré ! (Et je kiffe Francis )
Je veux la suite !!!!! Je veux je veux je veux !!!!!!!!!!!!!!!!

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Message#Sujet: Re: La lune de sang   Ven 30 Sep - 22:57


(T'es malsaine toi Shocked )

Je suis contente

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Message#Sujet: Re: La lune de sang   Sam 15 Oct - 0:51

LA LUNE DE SANG


Chapitre 12


La lune de sang donnait une lueur particulière à la rue où je me trouvais. Depuis que j’étais sortie de l’antre, j’avais du mal à éloigner mon regard de cette grande lune qui jonchait royalement le ciel. Elle était si majestueuse dans ce ciel, si rougeâtre. J’humais lentement l’atmosphère autour de moi, profitant de toutes ces flopées d’odeur que je parvenais à retrouver, avec encore plus de force. C’était comme si je n’avais jamais eu d’odorat, je découvrais tout de nouveau. Je ne savais pas si c’était ce sang que j’avais bu, si c’était ce mois entier enfermé dans une cage, mais j’avais le sentiment de vivre pour la première fois depuis que j’étais morte. Et j’adorais ça. Mon cœur ne battait pas, mais j’aurais presque pu l’entendre s’emballer à l’idée de ce sang que j’avais bu, à l’idée de ce sang que j’allais encore boire. J’observai cette lune, j’inspirai longuement et ce fut avec un large sourire sur le visage que je pris la route vers ma destinée.


Quand j’arrivais devant mon ancienne maison, je marquai un temps d’arrêt, inspirant longuement l’air autour de moi. Je parvenais facilement à distinguer l’odeur de ma mère, cette odeur qui faisait titiller mes papilles. Fermant les yeux, je parvins à distinguer de nombreuses autres odeurs et à savoir lesquelles étaient les plus récentes. Il y avait celle de ma mère donc, ainsi que l’odeur d’une humaine, celle de Chloé. Un fin sourire se dessina sur mes lèvres, j’appréciais de parvenir à distinguer toutes ces odeurs. Je savais donc qu’il y avait ma mère et Chloé dans la maison et personne d’autre. Sans plus d’attente, je décidais donc de me diriger vers la porte et de l’ouvrir pour m’engouffrer dans la maison. Je me retrouvai rapidement devant ma mère et Chloé, la jeune femme s’installant devant pour protéger la fiancée de l’alpha de la meute. Je parvenais à voir sur son visage qu’elle avait peur, je parvenais à le sentir même. Je voyais chaque pore de sa peau, chaque mouvement de frisson. Son cœur battait si rapidement que le bruit de ce dernier raisonnait dans mon oreille, se mêlant avec celui de ma mère se trouvant derrière elle. Elles avaient toutes les deux peur, mais je lisais aussi de l’incompréhension dans le regard de ma mère. Elle ne comprenait pas du tout ce qui était en train de se passer, je n’avais pas l’intention de lui laisser le temps de comprendre.
– Sors d’ici avant qu’ils n’arrivent ! me lança Chloé, sa voix tremblante.
Je ne répondis rien, je n’avais rien à répondre. Je me contentais de l’observer, un fin sourire sur le visage, mon regard plongé dans le sien. J’avais le sentiment de pouvoir plonger directement dans son esprit rien qu’avec son regard. Je voulais qu’elle se déplace, qu’elle me laisse le passage vers ma mère afin que je puisse me nourrir de son sang. J’avais bien mangé, mais j’avais encore faim. Tout mon corps réclamait le sang de ma mère, j’avais envie de vider ces veines qui me semblaient tellement accessible. Sans que je n’aie besoin de dire le moindre mot, Chloé se décala sur le côté, me tirant un plus grand sourire. Elle n’avait aucune envie de bouger, mais elle le faisait parce que je voulais qu’elle le fasse. Elle se décalait, contre sa volonté, pour me laisse libre accès aux veines de ma mère. Mon regard se posa sur celle-ci, mes sens se mirent encore plus en alerte, il fallait que je mange.

Je m’avançai vers ma mère, dans le but de mettre fin à ce supplice qui me donnait tant envie de boire son sang, quand je sentis une présence dans mon dos. En me retournant vivement, je me retrouvai nez à nez avec Laurent me fusillant du regard, un long grognement sortant de sa gorge.

– Je t’interdis de t’en prendre à elles, me lança-t-il la voix pleine de haine. Je parvenais à lire la colère dans ses yeux et je la trouvais particulièrement agréable. Ce feu dans son regard me donnait encore plus envie de m’amuser.
– Qu’est-ce que tu comptes faire pour m’en empêcher ?
La voix qui sorti de ma bouche était bien plus sombre que d’habitude, je la reconnu à peine. Mais ce changement ne me gêna pas plus que cela, je m’en amusais même, quand bien même j’avais le sentiment que ce n’était pas forcément moi qui parlait. Je pensais de toute façon chaque mot qui avait traversé le seuil de ma bouche. Comme ceux qui vinrent ensuite.
– Tu ne peux rien faire contre moi petit loup.
Les yeux de Laurent me lancèrent encore plus d’éclair, quand mon sourire s’agrandissait encore plus. Il savait parfaitement qu’il n’était pas de taille contre moi. Même si de visu, son physique pouvait laisser croire qu’il avait plus de force que moi, il ne pouvait rien faire sous sa forme humaine et il n’était pas prêt de prendre celle de son loup.

Rapidement, je me dirigeais vers Chloé qui n’avait pas bougée d’un pouce, me positionnant dans son dos. J’attrapai sa gorge dans ma main, la plaquant contre ma poitrine. Le regard de Laurent se transforma de nouveau, ce n’était plus de la colère, mais bien de la haine dans son regard. Je pouvais voir les poils de ses bras nus s’iriser sur sa peau, alors que son corps se courbait légèrement.
– Lâches là ! m’ordonna-t-il d’une voix grave.
Je pouvais voir le corps de Laurent se tendre encore plus, comme s’il était sur le point de se transformer. Je n’avais encore jamais vu de transformation spontané et je ne savais même pas si c’était possible lors d’une lune de sang.
– Tu as de la chance que ça ne soit pas ma cible.
Je n’avais que faire de Chloé, même si la proximité de sa gorge me donnait bien envie de goûter un peu à son sang. Mais elle n’était pas ma cible non, je voulais vider les veines de ma mère. Mon regard se tourna un instant vers elle d’ailleurs, qui s’était recroquevillé dans un coin de la pièce, avant de revenir se poser sur Laurent. D’un geste rapide, je lança la jeune femme sous ma coupe vers le lycan, avant de m’approcher vivement de celle que je souhaitais vider de son sang. Mais alors que j’étais qu’à quelques centimètres d’elle, je me retrouvai soudainement plaqué contre le sol. Les griffes de Laurent s’étaient développées sans qu’il ne se transforme vraiment et se retrouvaient plantés dans le haut de ma poitrine, afin de me maintenir allongée par terre. La sensation était loin d’être agréable, c’était même douloureux, mais j’adorais ça. Son mon cœur avait été capable de battre encore, il était évident qu’il se serait accéléré sous l’excitation que cette situation me faisait ressentir. Mon regard plongea dans le sien, il était à deux doigts de passer le cas et de tenter de me tuer.
– Je suis ravi que tu m’aies donné la possibilité de te tuer, je t’ai toujours trouvé désagréable.
– Le plaisir est pour moi mon petit loup.
Et sur ces mots, j’attrapai vivement le poignet de la main de Laurent qui se trouvait contre ma poitrine, le brisant d’un coup sec. Le lycan hurla et se releva vivement, me permettant de faire de même et de venir m’agripper dans son dos, mes jambes autour de sa taille et mes bras autour de ses épaules. Je me mis à serrer l’étreinte, coupant la respiration de ma victime. J’étais en train de le tuer et ça m’amusait grandement.

– Emilie !
La voix de Lexie s’éleva dans l’air, détournant mon attention de ma victime que je lâchais. Laurent tomba au sol, dans un gémissement de douleur. Lexie venait d’entrer dans la maison, en compagnie de Paul et d’Edouard. Me regard se perdit un instant sur celui que j’avais si longtemps considéré comme un père, mais qui ne méritait aucunement mon affection. Ainsi donc, il était réveillé ? Il était sorti de son sommeil pendant que j’étais enfermé dans cette cage, que j’étais privé de nourriture. Maintenant, il était réveillé au même moment où je me réveillais à moi-même.
– Si vous pensez que je ne sais pas que les autres loups sont présents, vous vous mettez le doigt dans l’œil.
Je ne savais pas exactement où ils se trouvaient, mais l’effluve de leurs odeurs me parvenaient jusqu’aux narines avec l’air qui arrivait de l’extérieur. Je me doutais que l’alpha devait attendre le bon moment pour venir sauver sa fiancée, tout comme le reste de la meute. Parce qu’ils avaient ce fichu sens de la « famille ». Laurent, à mes pieds, se redressa et s’approcha de Chloé qui s’était approchée de ma mère, dans le coin de la pièce. Même s’il était évident qu’il allait pouvoir rapidement se remettre de ce que je venais de lui faire, il n’était quand même pas en forme. Il n’allait pas me poser le moindre souci si je voulais m’occuper du sort de ma mère maintenant. Il était vraiment temps que je lui règle son compte avant que trop de personne ne vienne me déranger. Paul s’était approché du lycan et des humaines, souhaitant les aider à sortir de la maison. Je fis un pas vers eux, mais Lexie se positionna devant moi.
– Décales toi, lui ordonnai-je.
– Non !
La voix de Lexie était posée, elle ne tremblait pas. Rien chez elle ne laissait paraître une faille, elle n’avait vraiment pas l’intention de se décaler. Et cette confiance en elle ne put qu’attirer plus mon attention, mon regard ne quittait plus le sien, laissant le temps à Paul d’aider les humains et le lycan blessé à quitter la pièce. Tant pis, j’allais avoir l’occasion de retrouver ma mère plus tard pour en terminer avec elle, je n’étais pas à quelques minute près.
– Emilie, je t’en prie, reprend tes esprits.
Mes esprits n’avaient jamais été aussi en forme que maintenant. J’étais enfin moi-même, j’étais enfin vivante et il n’était pas question que je change quoi que ce soit à ça. Je ne répondis rien du tout, me contentant simplement de l’observer. Son cœur battait rapidement aussi, son sang coulait vivement dans ses veines. En inspirant longuement, je me laissais envahir par son odeur. Ce sang m’avait donné très souvent envie, je m’étais souvent demandé quel goût il pouvait bien avoir.
– Tu ne peux rien faire contre moi.
Je le pensais vraiment, elle ne pouvait rien contre moi. Même si elle pouvait être forte sous sa forme de loup, ce n’était pas le cas sous sa forme humaine. Et je n’avais jamais été aussi puissante que ce soit, aussi forte et pleine de pouvoir. Des pouvoirs que j’avais bien envie d’utiliser, juste pour le plaisir de les essayer. J’attendais simplement le bon moment pour le faire.
– Je ne veux rien faire contre toi Emilie. Je t’en prie, reprend toi. Tu ne dois pas te laisser berner par Francis. Je ne sais pas ce qu’il t’a fait, mais il se sert de toi.
Elle pouvait dire ce qu’elle voulait, ça ne me touchait pas du tout. Ce que je voyais, c’était simplement une lycane qui tentait de m’empêcher de faire ce que je voulais faire, qui cherchait des arguments vains et sans saveurs. Elle protégeait une membre de sa meute, parce qu’ils étaient comme ça et qu’ils ne pouvaient faire autrement. Elle cherchait simplement à gagner du temps. Ce qu’elle réussissait à faire, mais qui n’allait pas m’empêcher de planter mes crocs dans la peau de ma mère. La seule raison qui me poussait à ne pas bouger pour l’heure, c’était son aplombs et une grande envie de m’amuser un peu avec elle.
– Emilie, dis-moi quelque chose… Son ton s’était fait plus suppliant encore, mais je ne bronchais pas du tout. Tu ne peux pas avoir complètement disparu !
Elle semblait vraiment y croire quand elle affirmait ça.

– Tu ne dois pas te laisser contrôler…, commença Edouard en amorçant un pas vers moi.
– On ne bouge pas !
Lançai-je en leva mon bras vers Edouard, sans détourner pour autant mon regard de Lexie. Je le sentis s’arrêter net dans son mouvement, cherchant à prendre la parole sans y parvenir. Il était entièrement sous mon contrôle, je parvenais à le sentir en moi-même. Edouard ne pouvait pas faire le moindre mouvement, parce qu’il était sous mon contrôle. Pour une fois, ce n’était pas lui qui avait le dessus, la situation changeait radicalement. Edouard incapable de bouger, il n’y avait donc techniquement que moi et Lexie.

– Tu ne vas pas pouvoir me retenir tu sais ? lui demandai-je dans un fin sourire, ne doutant aucunement de mes capacités à me sortir de cette situation rapidement.
– Je ne veux pas te faire de mal Emilie… mais je ne te laisserais pas t’en prendre à ta mère. Tu vas le regretter si tu le fais.
– Les regrets c’est pour les faibles.
Affirmai-je sur de moi, sans savoir finalement si je le pensais vraiment. Je me laissais simplement guider par mes instincts et ceux-ci me poussaient à vouloir me débarrasser de Lexie afin de parvenir plus rapidement à ma cible première.

Finalement, après ces quelques mots, il me semblait temps d’agir enfin. Je fonçais sur Lexie, qui parvint à m’éviter en se décalant sur le côté. Mais elle n’était pas assez rapide pour m’échapper complètement, puisque je parvins à attraper son bras dans le mouvement. Dans le geste, son épaule se brisa et elle se mit à hurler, ce qui attisa plus encore mes sens. Sa douleur me faisait vraiment beaucoup de plaisir, elle était complètement à ma merci, je le sentais. La plaquant contre le sol, je m’installai à califourchon sur elle pour l’empêcher de se relever, plaquant la paume de ma main sur son épaule brisée. Elle cria encore et ce cri s’intensifia quand mes crocs se plantèrent dans la peau de son cou. Le sang de la lycane s’engouffra dans ma bouche, m’enveloppant entièrement. Son sang était encore plus délicieux que celui de Joseph, il y avait cette pointe de sucrée qui me titilla les sens. Je savais qu’il était délicieux, je l’avais senti les nombreuses fois où j’avais pu humer son odeur. Elle était délicieuse et mon plaisir augmenter grandement au fur et à mesure que ce sang coulait le long de ma gorge. Lexie planta les ongles d’une de ses mains dans mon bras, dans le but de m’arrêter, mais cela me donna simplement envie de continuer encore et encore. Elle criait, mais sa voix se fit de plus en plus faible au fil des secondes, au fils du sang qui s’échappaient de son corps pour rejoindre le moins. Au même rythme que la diminution de l’allure de son cœur. Elle finit par n’émettre plus aucun son, puisqu’elle perdit connaissance, ce qui ne m’arrêta pas du tout. Je continuais donc, savourant ce délice qui m’était offert. J’avais la vie de cette femme entre mes lèvres, c’était une sensation vraiment agréable. Celle que je n’avais connu que trois fois dans mon existence, et cela en une seule nuit. Son cœur battait plus lentement, il allait bientôt s’arrêter. Elle allait bientôt mourir.

Ce fut comme un si un éclair traversait mon esprit, alors que je réalisais que Lexie était en train de mourir. Mes lèvres se séparèrent vivement du cou plein de sang de la lycane, ma main se plaquant immédiatement contre la plaie que j’avais créé et qui continuait de couler.
– Lexie…, ma voix était de nouveau comme avant, mais elle tremblait énormément. Lexie, je t’en prie… réveille toi.

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Message#Sujet: Re: La lune de sang   Sam 15 Oct - 0:58

Je l'appréhendais un peu, j'avoue, mais j'ai espéré jusqu'au bout xDDDD
Lexiiiiiiiiiiiiiie
J'ai tellement adoré ce chapitre !!

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Message#Sujet: Re: La lune de sang   Sam 15 Oct - 1:11

*fais un gros calin de réconfort*

Je suis contente que ça te plaise malgré tout

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Message#Sujet: Re: La lune de sang   Ven 4 Nov - 23:19

LA LUNE DE SANG


Chapitre 21


– Je t’en supplie…
La main que j’avais plaquée contre la plaie du cou de Lexie tremblait énormément, mais je parvenais tant bien que mal à stopper l’écoulement. Je n’avais aucune idée de l’utilité de ce geste, mais je ne pouvais pas m’en empêcher. Mon autre main était posée sur sa chevelure, aussi rempli de sang que l’autre. Je ne pouvais pas m’empêcher de supplier encore et encore Lexie pour qu’elle se réveille, pour qu’elle ouvre les yeux. Mais au fil des secondes, elle ne bougeait toujours pas. Mes larmes qui tombaient sur son visage se mélangeaient au sang qui s’y trouvait, sans que cela ne semble changer quoi que ce soit.
– Je suis tellement désolée…, ma voix se brisa à chaque mot que je prononçais. Ne m’abandonne pas…

Quand une main se posa sur mon épaule, je réagis à peine à ce contact. Mon attention était complètement tournée sur le visage de Lexie, sur lequel j’attendais la moindre réaction qui puisse me prouver qu’elle allait se réveiller à un moment ou à un autre. Ce ne fut que quand Edouard prit la parole que je compris que c’était lui.
– Il faut que tu la laisses.
Mon cœur se serra quand j’entendis ces mots, il n’était pas question que je la laisse non. Il n’était pas question que je parte, que je l’abandonne.
– Emilie regardes moi, m’ordonna mon « père » sans que je ne bouge pour autant. Je sentais qu’il voulait m’obliger à le faire, mais je n’avais aucune envie de détourner mon regard. Je ne pouvais pas détourner mes yeux de ceux clos de Lexie, que je rêvais de voir s’ouvrir de nouveau. Emilie, répéta-t-il.
Edouard attrapa mon visage dans ses mains pour me forcer à tourner ma tête pour que je l’observe enfin. Il plongea son regard dans le mien, mais ses prunelles ne me rassurèrent pas comme avant.
– Je l’ai tué… elle est morte… Parvins-je à articuler entre deux sanglots. Je n’avais aucune envie de m’y résigner, mais je ne pouvais que m’en rendre compte. Je l’avais tué, j’avais bu beaucoup trop de son sang. Je ne voyais rien chez elle qui puisse me pousser à croire qu’elle était encore vivante.
– Non, elle n’est pas morte Emilie. La voix d’Edouard était si douce, je ne me souvenais pas de l’avoir entendu de cette manière déjà un jour. Il passa son pousse sur l’une de mes joues pour essuyer mes larmes, avant de reprendre. Concentre toi et écoute bien. Son cœur bat encore, faiblement, mais il bat.
Je fermai un instant mes yeux pour me concentrer sur les sons que j’entendais et ce fut à ce moment-là que je me rendis compte qu’il avait raison, je pouvais entendre son cœur. Mais il était si faible…
– Si elle avait été humaine, elle serait morte, reprit-il toujours avec la même douceur. Mais elle n’est pas humaine, c’est une lycane et elle va s’en remettre.
J’ouvris vivement mes yeux pour les replonger dans ceux de mon père de cœur, cherchant à y lire de la sincérité. Je ne savais pas si je pouvais le croire.
– Lexie est forte, elle peut s’en remettre, répéta-t-il pour taire complètement mes doutes. Mais la meute a surement sentit sa détresse et ils vont revenir. S’ils te voient, ils vont comprendre et ils vont s’en prendre à toi.
– Je mérite qu’ils s’en prennent à moi…
A cause de moi, Lexie se trouvait dans un horrible état. Quoi qu’Edouard affirme, j’étais responsable et si la meute voulait s’en prendre à moi, je ne pouvais que le comprendre.
– Tu as été manipulé, tu ne mérites rien du tout. Et Lexie ne mérite pas plus de voir sa meute se venger sur toi.
Mon cœur se serra encore plus, l’entendre prononcer le nom de la lycane me faisait vraiment mal au cœur.
– C’est Francis le responsable et tu dois l’arrêter, reprit Edouard, ne lâchant pas mon regard de ses yeux. Mes dents se serrèrent quand je me remis à penser à Francis et à ce qu’il m’avait fait. Tout ça, c’était de sa faute. Je ne suis pas assez fort pour le battre, mais toi tu l’es. Tu es la seule à pouvoir le faire.
Je comprenais parfaitement ce qu’il voulait dire par là. Edouard avait toujours été à mes yeux un vampire très fort, mais il venait à peine de se réveiller d’un long sommeil et il n’avait pas bu de sang humain depuis si longtemps qu’il ne pouvait pas faire grand-chose contre Francis. Paul non plus n’était pas à sa hauteur, parce qu’il ne se nourrissait plus de sang humain. Alors que moi… mon organisme était fort avec tout ce sang de lycan que je venais d’ingérer, dont le sang de celle que j’aimais. Edouard n’avait pas besoin d’exprimer le fond de sa pensée, parce que j’avais la même. Francis était le responsable, à cause de lui je m’en étais pris à Lexie. Je ne pouvais pas laisser passer ça, je devais le tuer…


Ce fut à contre cœur que j’acceptai de m’éloigner de Lexie, la laissant entre les mains d’Edouard. Je lui faisais confiance, je savais qu’il allait prendre soin d’elle avant que sa meute arrive, mais je craignais qu’elle ne parvienne tout de même pas à s’en sortir. Je ne fis aucun détour en quittant la maison de ma mère, je me rendis directement à l’antre de Francis pensant l’y trouver. Mes habits étaient encore remplit du sang de ma petite-amie, ils ne pouvaient que me rappeler ce que je devais faire. Il était temps que je mette un terme aux agissements de cet enfoiré, que je l’empêche de continuer de nous pourrir la vie. Quand j’arrivais sur place, je le trouvai là où je l’avais quitté, dans le sous-sol avec les cages. Quand il me vit arrivé, il souriait de plus belle. Un sourire que j’avais bien l’intention de lui arracher de son visage.
– Hum, excuse-moi de te le dire, mais il manque un peu de sang humain sur tes habits là.
– T’es qu’un enfoiré ! Je vais te faire payer tout ça !
Francis s’approcha vivement de moi, mais je parvins à décortiquer tous ses mouvements. Je ne pris pas la peine pour autant de bouger, le laissant s’approcher et planter son regard dans le mien.
– Je t’ai demandé de tuer ta mère, alors va le faire.
Je sentis un frisson parcourir mon corps, il essayait encore une fois de me manipuler. Mais j’étais bien plus forte maintenant, il ne pouvait plus utiliser son influence sur moi. En toute réponse, je lançai mon poing vivement dans la figure ce qui le fit reculer de plusieurs pas en arrière.
– J’ai bu bien trop de sang de lycan pour que tu puisses avoir le dessus sur moi encore ! Lançai-je vivement, laissant ma haine teindre le ton de ma voix. Je vais te faire payer ce que tu m’as fait faire !
– Je vois, j’aurais dû m’en douter que tu ne parviendrais pas à te contrôler, affirma-t-il en souriant de nouveau, se massant la mâchoire. Laisse-moi deviner, c’est le sang de ta petite copine que tu as bu n’est-ce pas ?
Je le voyais jubiler, ce qui m’énerva encore plus. Il était en train de s’amuser de la situation, alors que j’étais plus forte que lui.
– Ça va, ne fait pas cette tête. Tu seras pas la première à tuer la personne que tu aimes, crois-moi.

Sur ces mots, je m’avançai vivement de Francis dans le but de lui donner un nouveau coup de poing, me laissant tout simplement guider par ma rage. A cause de lui, j’avais bu le sang de Lexie, il devait payer pour ça. Mais au moment où je lançais mon poing dans sa direction, Francis m’esquiva pour envoyer violement son genou dans mon ventre, ce qui me fit tomber au sol. Il me donna un coup de pied dans le visage, ce qui me tira un grognement de douleur. Je me relevai vivement, mais à peine debout je reçu un nouveau coup dans la tempe qui me refit tomber sous le choc.
– Tu es peut-être plus forte que moi gamine, mais tu manques cruellement d’expérience.
Il m’attrapa par le col pour me relever, avant de me plaquer contre le mur et de m’assigner plusieurs coups au visage de nouveau. Je tentai de me protéger de mes bras, avant d’attraper son bras. Mais à peine j’avais posé mes mains sur ce dernier, ce fut un coup de boule que je reçu dans le nez. Francis me relâcha et je tombai sonnée au sol.
– Si je ne peux pas me servir de toi pour faire du mal à mon vieux frère, je n’ai qu’à te tuer. Ça me va très bien aussi, tu es tellement agaçante. Pendant qu’il parlait, Francis m’envoyait de nouveau des coups de pieds dans le ventre. Toujours à chialer sur ton sort, pauvre petite que tu es. Je reçu de nouveau plusieurs coups. Tu lui ressembles bien, une emmerdeuse de première. C’était si dur que ça de tuer ta mère ?

Francis s’arrêta un instant, s’éloignant vers une table en bois installée dans un coin de la pièce. D’un coup de pied, il la brisa et attrapa le pied devenu pointu, avant de se retourner de nouveau vers moi.
– Tu aurais dû tuer ta mère, crois-moi. Il s’avança vers moi, en souriant de plus belle. Tu n’imagines même pas ce que je vais lui faire pour la peine. Et si ta copine est encore en vie, je vais vraiment m’amuser avec elle aussi.
Pris d’un regain de haine envers Francis, je me levai rapidement et fonçai vers lui. Il tenta de me donner un nouveau coup de poing, mais je parvins à l’esquiver et donner un coup dans son bras qui tenait son pieu de fortune, le faisant lâcher dans la manœuvre. Je l’attrapai vivement et le planta dans le torse du buveur de sang.
– Raté, faut apprendre à viser le cœur, me lança-t-il enjoué en retirant le morceau de bois de son corps.
Je profitai de ce laps de temps court pour me glisser dans le dos de Francis et grimper sur ses épaules, enroulant mes jambes autour de lui et plantant mes ongles dans son cou. Il poussa un cri de douleur et nous tombâmes ensemble sur le sol. J’enfonçai mes doigts dans sa peau, sous ses cris violents, tirant vivement vers le haut.
– Ça connard… c’est pour Lexie.
J’entendis les muscles et la peau de Francis se déchirer et je tirai encore plus fort, jusqu’à ce que d’un coup, sa tête se détache et vole jusqu’à l’autre bout de la pièce. Son corps se transforma rapidement en tas de cendre.


Il me fallut plusieurs minutes pour réaliser complètement ce que j’avais fait. Je restai un moment allonger sur le sol froid, avant de me relever pour quitter l’antre de Francis. Je n’hésitai pas une seule seconde sur l’endroit où je devais me rendre. Je ne pouvais pas retourner chez ma mère, il valait mieux que je retrouve Edouard chez nous. Quand j’arrivai, je ne vis personne. Mon cœur se serra de plus belle, je me doutais qu’ils devaient être auprès des lycans et je craignais bien trop la conséquence de mes actes. Je décidai d’aller me doucher et me changer, pour enlever entièrement l’odeur du sang de Lexie. Ce qui ne fonctionna pas vraiment, ma bouche était encore pleine de son goût. Quand je fus entièrement propre, je m’installai sur le canapé, le regard tourné vers la porte attendant l’entrée des vampires. J’attendis longtemps, de longues heures sans bouger d’un cil. Et chaque minute qui s’écoulait, me faisait craindre plus encore d’avoir tué celle qui avait réussi à faire battre mon cœur mort.

J’entendis les pas d’Edouard et de Paul s’approcher de la maison avant qu’ils ne passent le pas de la porte. Quand il le fit, je me levai vivement pour scruter le visage d’Edouard et tenter de décrypter quelque chose. Il s’approcha doucement de moi pour me prendre dans mes bras, j’étais au bord des larmes en craignant son verdict.
– Ne t’en fais pas, dit-il doucement à mon oreille. Elle va s’en remettre.
Sans que je parvienne à contrôler quoi que ce soit, je m’effondrai en sanglot. Je sentais toute la tension qui m’avait fait tenir debout depuis tout ce temps s’enlever d’un coup et je pleurais, encore et encore, me laissant aller dans les bras de mon père de cœur. Je ne sus combien de temps nous restâmes comme ça, avant que je ne finisse par m’effondrer de sommeil.

A mon réveil, Edouard m’expliqua que Lexie avait repris connaissance quelques heures après l’arrivée de la meute. Elle avait expliqué à tout le monde que Francis était arrivé, l’avait agressé et que j’avais décidé de le poursuivre. Si la meute avait semblé croire à son récit, Edouard m’affirma que ce n’était pas le cas de Sébastien. Elle allait avoir besoin de plusieurs jours pour s’en remettre, mais elle allait parfaitement s’en sortir. Nous parlâmes aussi longuement du sang humain que j’avais ingérer et que j’allais avoir du mal à me sevrer, les prochains jours risquaient d’être difficile. J’allais avoir envie de boire du sang humain et il valait mieux que j’éviter le contact avec eux. J’avais pris cependant une grande décision, il fallait absolument que je vois ma mère. Il était temps que je mette un terme à tout cela, je ne pouvais pas faire comme si je n’étais pas un monstre. Je ne pouvais pas continuer comme ça, elle ne pouvait pas continuer comme ça. Edouard accepta de m’accompagner chez elle, assurant qu’il allait m’empêcher de lui faire quoi que ce soit. Quand nous arrivâmes devant chez elle, Sébastien se tenait à la porte.
– Tu peux te contrôler ? me demanda-t-il durement. Je voyais son regard me scruter entièrement, il ne me faisait pas du tout confiance.
– Je peux, affirmais-je sûre de moi. Je voulais croire que j’étais vraiment capable de me contrôler. Ça ne sera pas long, repris-je. J’ai juste besoin de lui parler un petit peu avant de partir. Je marquai une pause, Sébastien semblait avoir compris où je voulais en venir. Je peux compter sur vous pour prendre soin d’elle ? Pour la rendre heureuse ?
– Tu peux.

Il ouvrit la porte pour me laisser entrer seule dans la maison. Ma mère se trouvait dans le salon et ne fut pas étonnée de me voir. Edouard avait pris soin d’effacer de nouveau sa mémoire, pour lui faire oublier cette horrible soirée. J’en avais assez de devoir constamment modifier sa mémoire pour qu’elle n’ait pas peur de moi. Ce n’était pas une vie, ni pour elle…ni pour moi.
– Emilie, je suis contente de te voir.
Elle s’approcha de moi, pour me prendre dans ses bras, mais je la retins par les épaules. Je me sentais capable de résister, mais je ne voulais pas tenter le diable. Je plongeai mon regard dans le sien. J’étais encore suffisamment forte pour utiliser mon influence, pour faire ce que j’avais à faire.
– Maman, tu sais que je t’aime ?
– Bien sûr… qu’est-ce qu’il se passe ?
– Je veux que tu t’en rappelles toujours, à quel point je t’aime.
Ma voix se mit à trembler légèrement, alors que mes yeux se remplissaient de nouveau de larmes. J’inspirai longuement avant de reprendre.
– Tu viens de recevoir un coup de téléphone. Emilie se trouvait sur un bateau avec Erwan, ils avaient décidé de partir faire un tour.
Le corps de ma mère se tendit immédiatement, je ne coupai pas le contact de nos regards. Je pris quelques secondes pour me concentrer encore plus, afin que ma voix ne tremble pas du tout. Et je repris mon récit.
– Il y a eu une tempête et leur bateau a disparu en mer. Il n’y a aucune chance de les retrouver… ils sont mort, tous les deux. Le corps de ma mère se mit à trembler. Au vu des circonstances, tu ne souhaites pas faire de funérailles, tu ne souhaites pas enterrer ta fille. Je m’en voulais un peu de la manipuler de cette manière, mais je n’avais pas le choix. Il était temps que je disparaisse de sa vie. Ça va être très difficile au début… mais tu es forte et tu vas t’en remettre. Parce que tu sais qu’Emilie ne veut que ton bonheur, qu’elle veut que tu sois heureuse. Alors tu vas vivre, tu vas être heureuse avec ton nouveau mari et tu vas profiter de chaque instant que t’offre la vie.
Je brisai le contact de nos regards, ma mère ne bougea pas. Elle était complètement perdue dans ses pensées, le temps que mon emprise s’installe définitivement. Je profitai de ce temps pour sortir de la maison, afin de rejoindre Edouard et Sébastien. Le lycan ne me lança aucun regard avant de retourner à l’intérieur. Quand la porte de la maison se referma, j’entendis ma mère se mettre à hurler.


Quand Edouard m’avait dit que les premiers jours seraient difficiles, je n’avais pas songé que ça le serait autant. Je me sentais en manque, complètement. Je me forçais à boire le sang animal que nous prenions d’habitude, mais il avait un goût infâme. La plupart du temps, je restais enfermer dans ma chambre à attendre que le temps passe. Je n’avais pas pour habitude de sourire beaucoup, mais je ne l’avais pas fait une seule fois depuis toute cette histoire. Les jours passèrent, lentement. J’eue le sentiment de respirer de nouveau, que quand je vis Lexie sur le pas de la porte de ma chambre. Elle était exactement la même, il n’y avait plus aucune trace de ce qui s’était passé. Au pont qu’on aurait pu croire qu’il n’y avait rien eu, mais je ne pouvais pas oublier. Et si la voir me rendit heureuse, ça me rappela également que j’avais été à deux doigts de la tuer.
– Tu as l’intention de disparaître de ma vie, comme de celle de ta mère ?
– Non… dis-je, un fin sourire s’installant sur mon visage. Tu es bien trop têtue pour que je te force à faire quoi que ce soit.
Et je me sentais incapable de m’éloigner d’elle… si elle voulait encore de moi. Lexie afficha un large sourire et s’approcha de moi, mais je fis un pas en arrière. Son odeur emplissait la pièce et mes sens se remettaient en alerte, je sentais que j’avais faim de son sang. Je ne voulais pas prendre de risque.
– Ça va aller, me dit-elle doucement approchant un peu plus. Tu peux te contrôler, Edouard me l’a dit.
Elle s’approcha encore et je retins mon souffle, jusqu’à ce qu’elle vienne déposer ses lèvres sur les miennes. Ce geste eut le don de me détendre complètement. Je savais bien qu’au fond, j’avais encore envie de boire son sang. Mais je me contrôlais, parce qu’elle était celle qui me rendait plus forte.
– Tu m’as tellement manqué, soufflais-je avant de la serrer plus fortement dans mes bras. Comment tu te sens.
– Super bien, s’exclama-t-elle, enjouée comme à son habitude. Elle brisa notre étreinte pour me faire face. Je suis certaine qu’un bon drainage, c’est positif pour la santé.
– Ne plaisante pas avec ça !
– Avec quoi ?
– J’étais à deux doigts de te tuer !
Je savais bien que Lexie était du genre à tout prendre à la légère, mais je ne pouvais pas le faire moi. Comment elle pouvait plaisanter avec le fait que j’avais failli la tuer, que j’étais un monstre assoiffé de son sang. Si je ne m’étais pas retenu… j’avais envie de pleurer de nouveau rien que d’y penser.
– Tu étais à deux doigts de me tuer oui, reprit-elle sérieusement. Elle posa ses mains sur mes joues, plongeant son merveilleux regard dans le mien. Tu aurais pu me tuer, ton instinct te disait de me tuer. Mais tu ne l’as pas fait Emilie… Tu t’es retenue. Pour moi, c’est une belle preuve d’amour. Alors oui j’en plaisante, parce que je ne veux pas que ça te bouffe. Je ne veux plus que tu y penses, parce que je t’aime et que le plus important c’est que je suis là.
Il ne suffisait à Lexie que de quelques mots pour qu’elle panse toutes mes plaies. Je ne savais vraiment pas ce que ça allait donner, ce que nous allions bien pouvoir donner toutes les deux. Mais une chose était certaine, je n’avais plus envie de me passer de sa présence. J’avais tellement besoin d’elle.

– Bon, on fait quoi maintenant ? me demanda-t-elle tout sourire de nouveau, se mordant la lèvre inférieur d’une manière qui laissait mon imagination divaguer.
– Je propose qu’on… profite de la vie.
– Ça me plait !

Ça me plaisait aussi.


FIN

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Message#Sujet: Re: La lune de sang   Ven 4 Nov - 23:33

Aaaaaaaaaaaaaan !!!!!!!!!!!
T'imagines même pas comme je suis soulagée pour Lexie, j'ai flippé à mort xD
Elle est tellement badass, Emilie ! Cool Cool Cool
C'est trop triste pour sa mère, par contre Sad Sad.

Sérieux, ça me fait tout bizarre que ce soit fini, j'en veux encoooore !!!!!!!

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Message#Sujet: Re: La lune de sang   Ven 4 Nov - 23:50

Je suis contente que ça te plaise
Et je suis sadique mais pas trop quand même finalement

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Message#Sujet: Re: La lune de sang   

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La lune de sang
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