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 Ce mal qui grandit en moi (Jane)

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Message#Sujet: Ce mal qui grandit en moi (Jane)   Mer 22 Juin - 0:28

Ce mal qui grandit en moi

Elle n'avait pas dormi de la nuit. Elle n'en avait pas été capable. Elle avait tremblé de fièvre toute la nuit, en proie à des hallucinations certes légères, mais suffisantes pour ne pas laisser sa place au sommeil. Elle avait le crâne lourd comme cela n'avait jamais été le cas même quand elle avait souffert de la plus horrible des grippes existantes. Elle avait tenté de se calmer un peu avec ce qu'il lui restait de médicaments que lui avait confiés Arseliann lors de sa dernière visite, mais rien ne faisait d'effet. Elle se sentait absolument mal, horrible. Si cela n'avait tenu qu'à elle, elle serait restée clouée à son lit le jour durant pour essayer de récupérer un peu du sommeil qui ne lui avait pas été accordé durant la nuit.

D'accord, cela ne tenait normalement qu'à elle. Mais il fallait bien gagner sa vie, et elle n'avait pas d'autre moyen de subvenir à ses besoins. Son travail, c'était sa vie, elle voyait dans sa présence sur le marché une obligation réelle, surtout que les ressources étaient minimes, dernièrement. Les clients se faisaient rares, et il n'y avait pas à se demander longtemps pourquoi, entre la chaleur écrasante (qui justifiait peut-être ses cauchemars) et cette épidémie qui faisait de ravage, personne ne voulait sortir de chez elle. Oui, une épidémie courait les rues de notre terre. Mais dans ce cas, alors, ne songeait-elle pas en être victime ? Si, peut-être. Elle n'avait pas envie de se laisser abattre. Tant qu'elle se voyait capable de tenir debout, elle irait travailler, un point c'est tout.

Tenir debout était un mot très fort, sûrement. Elle avait tremblé de tous ses membres et elle chancelait quand elle quitta son lit et que ses pieds se posèrent au sol. Elle se lava et s'habilla laborieusement, puis se mit en route jusqu'à son stand. Elle se sentit comme un pantin frigorifié malgré la chaleur oppressante, qui s'occupait mécaniquement de son stand et attendait que le temps passe. Elle ne se sentait pas capable d'alpaguer ses clients comme elle en avait pourtant l'habitude. Elle faisait acte de présence et c'est tout, ce qui n'était pas forcément ce qu'on peut imaginer de plus utile à l'affaire. Elle avait fort heureusement trouvé une place assiste, et un parasol la protégeait légèrement du caniar. Elle se sentait sombrer doucement mais sûrement dans une presque inconscience, et elle craignit presque d'être victime d'une nouvelle hallucination quand elle vit sa fille apparaître face à elle.


"Jane ?"
demanda-t-elle d'une voix bien trop faible.


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Message#Sujet: Re: Ce mal qui grandit en moi (Jane)   Sam 25 Juin - 11:38


Ce mal qui grandit en moi.
I

l faisait réellement une chaleur écrasante à l'extérieur, de celles, caniculaire, qui vous étouffent et vous oppressent, car en dépit de tous vos efforts, l'air manque et vous avait le sentiment de respirer un vide compact et étouffant. Autant dire que ça ne donnait vraiment pas envie de mettre un pied à l'extérieur, d'autant que quand ce risque était pris, on pouvait se faire littéralement dévorer par les moustiques. Ceci dit, ce n'était pas la chaleur terrible de ce début d'été ou même la maladie qui faisait grand bruit dans toute notre terre (puisque Jane se croyait naïvement immunisée contre elle) qui avaient retenu Jane de sortir si longtemps de sa tanière pour voir le monde extérieur, loin de là, c'était tout simplement l'envie de rester chez elle, de profiter de ce nouveau cocon qu'elle n'aurait pas imaginé il n'y a pas si longtemps que cela si simplement construire avec Edward. Depuis qu'ils étaient ensemble, officiellement ensemble, Jane devait bien admettre difficilement passer à côté de la moindre occasion de lui consacrer tout son temps. Il faut dire qu'elle n'avait de toute manière pas grand chose d'autre à faire et qu'ils en avaient par ailleurs à rattraper. Toutes ces années de disputes vaines, de rage, de haine, de jalousie, de manipulation et de mépris leur avaient sans doute été nécessaires, Jane n'irait pas le nier, mais il était tout de même plaisant que de tourner enfin la page et de se construire un nouvel univers, un nouveau décor et de nouvelles perspectives. Oui, Jane, au fond, n'avait jamais vraiment envie de quitter son cocon.

Mais certaines situations l'exigeaient tout de même. Elle pouvait bien moins roucouler tranquillement tel le pigeon moyen depuis que Ambre avait été diagnostiquée victime de l'épidémie qui sévissait dans tout le village (et l'attention qu'Edward portait à sa sœur dernièrement tapait plus encore sur le système de la jeune femme, même si elle savait que ce serait complètement dépassé de sa part de s'en plaindre). Et aussi, il fallait bien se nourrir. Déjà que Jane squattait la demeure des Baker, elle voulait faire de son mieux pour, faute de convaincre Ambre, se mettre au moins Preston dans la poche. Faire les courses pour toute la communauté, même s'il fallait affronter le caniar pour ça, c'était sûrement un bon début. Elle s'était donc rendue sur la place du marché, sac de course en mains. Inévitablement, elle devait passer devant l'étal que tenait sa mère... Et elle ne mit pas longtemps à réaliser que quelque chose clochait. Elle ne semblait pas bien du tout. La voix faible, chancelante, Jane craignit même qu'elle ne tombe dans les pommes.

-Maman !
Jane s'approcha vivement d'elle, dans une situation comme celle-ci, elle pouvait bien laisser de côté leurs différends. Ça va ?


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Message#Sujet: Re: Ce mal qui grandit en moi (Jane)   Mar 9 Aoû - 0:04

Ce mal qui grandit en moi

Même si Jane s'était précipité très rapidement vers elle, Nat eut le sentiment que cette dernière courait au ralenti dans sa direction. Ses sens étaient altérés. Elle faisait à peine la différence entre ce qui était réel ou n'était que le simple fruit de son imagination. Elle avait l'impression que le monde vivait tout à coup au ralenti, elle avait froid, sa vision se brouillait... Pour répondre à la question de Jane, non, elle n'allait pas bien, pas bien du tout. La seule et unique chose qu'elle trouvait de positif dans la situation... c'était que Jane se souciait d'elle, mais elle n'était pas sûre que le jeu en valait vraiment la chandelle, elle ne se sentait en était de rien, même pas de passer du temps avec sa fille alors que c'était une chose dont elle rêvait depuis des années. Pour l'instant, elle n'était même pas capable de réfléchir à ce qui lui arrivait, elle le subissait, et tout avait l'air fou et proche de l'hallucination : Jane, son état, les décors du marché, le sol qui tanguait sous ses pieds... Oui, la réponse à la question de Jane était très claire. Elle n'allait pas bien. Non, c'était pire, elle allait vraiment mal. Et l'entendre l'appeler "maman", même si c'était agréable, n'allait apparemment pas l'aider à se sentir mieux. Elle fit tout d'abord non de la tête, dans un premier temps incapable de prononcer la parole, comme si les mots restaient bloqués dans sa gorge et qu'il y avait une barrière invisible qui leur interdisait d'aller plus loin. Mais finalement, elle arriva à parler, d'une voix rauque qui ne lui ressemblait pas franchement. Elle se rendait compte que Jane était la première personne à laquelle elle adressait la parole de sa journée.

"Je ne sais pas... Pas vraiment, je crois..."
Elle croyait, elle ne savait pas... Elle disait cela pour ne pas alarmer son interlocutrice. Mais elle ne pouvait pas vraiment dire le contraire, elle allait mal. Elle se sentait mal, et elle se sentait vraiment proche de chanceler, malheureusement. "Est-ce que tu accepterais de m'aider à rentrer chez moi ?"

Il fallait bien qu'elle s'y résigne, elle n'était définitivement pas en état de travailler, elle n'était en état de rien d'ailleurs, à peine à faire la conversation avec Jane, et pourtant, il y avait tant de choses qu'elle avait envie de lui dire ! Sauf que les mots ne sortaient définitivement pas. Elle comprendrait que Jane ne veuille pas perdre son temps à l'aider. Mais elle avait besoin d'être soutenu. Pour la première fois depuis longtemps, elle devait reconnaître qu'elle avait besoin de soutien, qu'elle ne s'en sortirait pas seule.


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Message#Sujet: Re: Ce mal qui grandit en moi (Jane)   Jeu 11 Aoû - 22:15


Ce mal qui grandit en moi.
N

atasha n'avait pas réellement besoin de répondre à sa question, son état parlait de lui-même. Si elle lui avait dit, pour la rassurer, qu'elle allait bien, Jane ne l'aurait pas cru un seul instant. Elle était pâle, fiévreuse, elle tremblait. C'était terrible, jamais Jane ne l'avait vue dans cet état. Elle l'avait vue malade, déjà, bien sûr, évidemment que c'était déjà arrivé. Mais là, ce n'était pas pareil. Là, c'était beaucoup plus alarmant. Et d'autant plus alarmant que la jeune femme n'ignorait rien du mal qui rongeait notre terre depuis peu, propagée par les moustiques, et dont elle se croyait, innocemment et naïvement, immunisée contre cette situation. Sa mère, toute humaine qu'elle était, ne l'était pas, elle, malheureusement, par contre, et c'était une chose qui inquiétait profondément Jane. Que Natasha aille mal, c'était déjà très difficile à voir, mais l'entendre lui dire que ça n'allait pas, c'était encore pire. Jane connaissait très bien sa mère, vraiment très bien, plus qu'elle voulait bien l'admettre. Elle avait la même fierté qu'elle, Jane savait pertinemment qu'elle l'avait héritée d'elle (et elle en était d'autant plus sûre qu'elle avait rencontré son père, à présent), alors elle aurait refusé de l'inquiéter si ce n'était pas vraiment grave. Mais si, ça l'était, c'était réellement grave, et suffisamment pour que Natasha aille jusqu'à lui demander de la raccompagner chez elle. Non seulement elle abandonnait son travail en pleine journée, mais en plus elle sollicitait son aide, prenant le risque de se faire rembarrer. C'est sûr, c'était beaucoup d'un coup. Et ça méritait bien que Jane baisse sa garde et accède à la requête de sa génitrice, chose qu'elle n'aurait jamais fait en d'autres circonstances.

-Tu crois peut-être que je vais te laisser crever là ?
répliqua-t-elle, qui ne savait malgré tout s'empêcher de se montrer un rien désagréable avec sa mère, avant tout parce que l'habitude avait depuis longtemps pris le dessus sur les sentiments réels qu'elle éprouvait pour la femme qui l'avait mise au monde et élevée. Trop de tension, trop de non-dits. Ça ne pouvait pas se dissiper comme cela, pas même dans les situations d'urgence. Ce fut tout de même avec douceur qu'elle se rapprocha d'elle, lui tendant ses épaules afin qu'elle puisse s'appuyer sur ces dernière afin de réussir à marcher plus simplement. Ce fut également avec davantage de douceur et de considération, le tout teinté d'une pointe d'inquiétude, qu'elle reprit la parole. Tu es sûre que tu ne veux pas que je t'emmène chez le médecin, plutôt ?

Non, parce que là, elle était vraiment très inquiète. Et elle n'avait aucune envie de voir la vérité en face et d'admettre l'horrible vérité.



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Message#Sujet: Re: Ce mal qui grandit en moi (Jane)   Jeu 15 Sep - 23:13

Ce mal qui grandit en moi

La façon dont sa fille s'exprimait était très crue, mais Natasha ne lui en tint pas rigueur. Jane avait toujours eu un langage très fleuri, et tous les efforts de Nat pour la corriger n'avaient jamais servi à rien. Au final, elle était trop fatiguée pour la reprendre, et elle savait, au final, que son interlocutrice n'avait pas totalement tort. Elle allait très mal, et suspecter que cela puisse avoir des conséquences morbides sur elle était un constat fataliste, mais qui avait de bonnes raisons d'être fait. Une maladie décimait les habitants du village. Des gens mouraient... Est-ce qu'elle finirait par en faire partie ? Elle le craignait, malheureusement, même si elle n'avait pas la moindre envie d'inquiéter Jane... sauf que ce semblait être trop tard, pour cela. Elle affichait une réelle angoisse, lui demandait si elle ne préférait pas voir un médecin. Elle s'inquiétait bel et bien. Nat aurait pu apprécier de voir sa fille se soucier d'elle. Bon, c'est vrai, ça lui faisait plaisir, parce que parfois, elle avait le sentiment que son sort indifférait totalement sa fille... mais elle aurait voulu que les choses se fassent en d'autres circonstances. Tant pis. Elle n'avait rien décidé. Et le mal qui la rongeait était en train d'obscurcir chacune de ses pensées. Elle ne s'était jamais sentie mal à ce point, et ça lui faisait vraiment peur. Seule, elle savait qu'elle n'arriverait pas à rentrer chez elle. Pour le moment, elle ne voyait pas quoi faire. Quoi faire sinon s'allonger dans son lit et s'abandonner à ce point, à cette fatigue extrême qui s'emparait d'elle en cet instant.

"Non"
, répondit-elle, sûre d'elle, après que sa fille lui ait proposé de la conduire chez le médecin. Ce serait sans doute la décision la plus sage, la plus judicieuse. Mais elle ne pouvait pas, ne savait pas s'y résoudre. Elle n'avait pas envie d'affronter la réalité. Et puis, elle se sentait vraiment trop fatiguée. "Plus tard, peut-être, je le ferai venir. Là je veux juste m'allonger dans mon lit." Elle marqua une pause. Elle savait qu'elle devait être raisonnable et accepter le diagnostic d'un professionnel, mais pas tout de suite. Là, tout de suite, elle voulait juste prendre un peu de repos. "Qui sait, c'est peut-être rien."

Nat détestait les médecins, ou tout ce qui y ressemblait de près ou de loin, véritablement. Elle n'allait les voir qu'en dernier recours. Et là elle avait très peur. Ça n'arrangeait vraiment rien.


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Message#Sujet: Re: Ce mal qui grandit en moi (Jane)   Ven 16 Sep - 17:48


Ce mal qui grandit en moi.
D

ans des moments tels que celui-là, on ne pouvait pas douter du fait que Jane et Natasha soient mère et fille, toutes les deux. Face à cette situation d'urgence, elles avaient tendance à réagir de la même manière, et si leurs rôles avaient été inversés, il ne faisait aucun doute que l'une comme l'autre auraient eu les mêmes comportements. Natasha n'aurait pas une seule seconde hésité à courir à son aide en dépit de leurs différends, qui étaient loin d'être complètement réglés encore, et elle, elle aurait sans doute refusé d'aller voir quelque docteur que ce soit, parce qu'elles avaient la même phobie du corps médical, toutes les deux, et qu'en l'occurrence, si Natasha n'avait pas envie encore, forcément, de se confronter au terrible verdict, au diagnostic de sa maladie... Natasha n'en était pas impatiente, Jane non plus, elle n'avait surtout pas envie d'entendre un professionnel affirmait que le temps de sa mère lui était comptait. C'était une affirmation trop douloureuse à encaisser. Mais en même temps, elles ne pouvaient pas prétendre et faire semblant, elles savaient bien qu'il y avait peu de chances pour qu'il s'agisse d'autre chose, d'autant que Natasha se montrait faible, vraiment très faible. Ce n'était absolument pas pour rassurer Jane. Que se passerait-il si elle devait perdre sa maman ? Elle ne le supporterait pas. Elle pouvait dire ce qu'elle voulait à son sujet, il n'en demeurait pas moins qu'elle était l'un de ses uniques points de repère fiables en ce bas monde. Elle l'avait déçue, parfois, mais elle n'avait jamais eu à douter de son amour pour elle ou de ce qu'elle était capable de lui donner, ce totalement désintéressée. Vraiment, elle lui devait plus que la vie. Et la perspective de peut-être la perdre était décidément trop douloureuse.

-Ok, ok...
répondit simplement Jane, qui savait très bien qu'il n'était pas inutile d'argumenter.

Au final, c'était sûrement mieux ainsi. La jeune femme allait conduire Natasha chez elle plutôt que dans une salle d'attente où les microbes seraient légion et les risques d'être contaminée si elle ne l'était pas, donc, importants. Pour le moment, c'était son bien-être qui passait avant le reste, et Jane en avait bien conscience. Elle pourrait bien demander directement au médecin de venir la trouver de toute manière. Ce serait plus simple et plus prudent. Laissant Natasha prendre appui sur ses épaules, elle la conduisit donc jusque chez elle, jusqu'à sa chambre. Elle l'aida à s'allonger, déposa une main sur son front. Elle était brûlante, malheureusement.

-Je vais prendre soin de toi, je vais tout faire pour que tu guérisses, c'est promis,
dit-elle avec une douceur qu'elle n'avait plus donné depuis longtemps vis-à-vis de sa génitrice.

Et elle y tenait, elle comptait vraiment. Elle ne l'abandonnerait pas. Du moins elle l'affirmait, parce qu'elle pensait ne rien risquer. Elle avait tort.



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Message#Sujet: Re: Ce mal qui grandit en moi (Jane)   Sam 1 Oct - 0:34

Ce mal qui grandit en moi

Nat se sentit soulagée en entendant que sa fille n'insistait pas, qu'elle lui laissait le choix de ne pas voir de médecin tout de suite. Elle n'y couperait sûrement pas, elle passerait sans doute à la casserole à un moment ou à un autre, mais plus tard ce serait, mieux ce serait, le médecin, c'était vraiment le dernier recours, si elle ne voyait pas d'autres options (et elle savait bien qu'il n'y en aurait pas d'autres, d'options). Là, elle ne rêvait que d'un bon lit, d'une bonne tasse de thé, de couettes bien chaudes. Elle avait froid, d'un coup. Froid, puis chaud, elle était secouée de tremblements. Elle se laissa littéralement porter jusqu'à chez elle. Elle remarqua à peine le chemin. Sur le chemin, appuyée sur l'épaule de Jane, elle se sentait à chaque seconde partir un peu. Elle ne sut même pas comment elle arriva à atteindre son lit sans s'effondrer auparavant. C'était la présence de sa fille qui lui avait donné cette force, elle en était sûre. Elle voulait faire bonne figure auprès de Jane, même si ça devenait de plus en plus difficile à mesure que le temps passait, que les minutes défilaient et qu'elle sentait la maladie la gagner. Maintenant qu'elle l'admettait, elle se faisait une bonne place dans son corps, et c'était très désagréable. Vraiment très désagréable. Au moins, elle avait son lit, maintenant, et la caresse des doigts de Jane sur son front, qui l'apaisait, même si elle imaginait bien que son front devait être brûlant et couvert de sueur, et que ce contact ne devait pas être désagréable pour sa fille.

"Merci"
, souffla-t-elle, vraiment émue par les propos de Jane, qu'elle voyait douce et attentionnée avec elle.

Elle aurait aimé qu'elles aient une autre occasion de se rabibocher, que ça ne se fasse pas dans l'inquiétude et la douleur, n'empêche que dans un moment pareil, elle était heureuse de pouvoir compter sur elle. Natasha attrapa la main de Jane pour la serrer dans la sienne tout en tournant son regard dans sa direction.


"Vraiment, merci d'être là."
Sa voix était éraillée et fatiguée. Décidément, elle n'allait pas bien du tout. Mais elle ne délirait pas, elle était sincère. "Je t'aime."

C'était un peu fataliste de lui dire ça maintenant, comme admettre qu'elle n'aurait peut-être pas d'autres occasions de dire à sa fille combien elle tenait à elle. Malgré leurs différends, et même si elle lui en faisait voir des vertes et des pas mûres, Natasha aimait sa fille. C'était à elle qu'elle tenait plus qu'à n'importe qui d'autre au monde.



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Message#Sujet: Re: Ce mal qui grandit en moi (Jane)   Sam 1 Oct - 10:55


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J

ane haussa les épaules quand elle entendit sa mère la remercier. Elle n'avait vraiment pas à la remercier pour ça, surtout pas pour ça. Elle avait beau être une fille ingrate, nourrir encore beaucoup de griefs (pour la plupart infondés) à l'égard de sa mère, elle avait beau lui avoir dit des choses ignobles, elle avait beau l'avoir malmenée comme jamais, elle restait sa mère, et Jane ne pouvait pas la voir souffrir comme c'était le cas sans avoir mal à son tour. Elle avait beau avoir dit tout le mal de sa génitrice en sa présence et dans son dos, cela ne signifiait absolument pas qu'elle considérait qu'elle méritait son sort. Au contraire, elle pensait que personne ne le méritait moins qu'elle... Elle devait s'en sortir, il fallait qu'elle s'en sorte. Si la maladie devait la consumer, elle ne le supporterait pas. Ça lui ferait trop de mal, elle n'y arriverait pas. La voir ainsi, fiévreuse, brûlante, malade, c'était une épreuve insupportable à ses yeux. Elle ne savait pas quoi dire, elle ne savait pas quoi faire. La jeune femme sourit doucement quand Natasha lui dit qu'elle l'aimait. Elle le savait, bien sûr. En dépit de leurs différends, de leurs prises de tête perpétuelles, elle avait entièrement conscience du fait que sa mère l'aimait. Elle avait parfois mal agi, mais elle ne cherchait jamais qu'à la protéger quoi qu'il en soit. Elle ne connaissait personne qui soit affublé d'un si grand instinct maternel, ce que Jane lui rendait particulièrement mal, au demeurant. La jeune femme ne répliqua pas tout de suite, elle se contenta de caresser avec douceur la chevelure blonde imprégnée de sueur de sa mère, sans que cela la dérange. Tout ce qui importait, c'était de trouver des gestes qui soient susceptibles de l'apaiser, de la rassurer.

-Tu as de la fièvre, tu délires,
répondit-elle, se permettant le luxe d'une légère plaisanterie, pas forément très drôle, mais là pour détendre légèrement la jeune femme. Elle déposa avec douceur un baiser sur le front de sa mère. Elle avait l'étrange sentiment qu'elles n'avaient pas été à ce point complices, toutes les deux, depuis bien longtemps. Elle regrettait sincèrement que cela doive être en de telles circonstances. Elle n'avait absolument pas voulu ça. Comment l'aurait-elle pu ? Tout n'était pas réglé entre elles, ne le serait peut-être jamais, la vie décousue de Jane et le retour de Joachin n'avaient aidé en rien (même si ce n'était pas forcément de mauvaises choses en soi). Mais en cet instant, elles avaient retrouvé un peu d'une paix essentielle et salvatrice. Je t'aime aussi, maman, soupira-t-elle, qui ne prononçait presque jamais ces mots, et encore moins à l'égard de sa mère.

Elle avait sans doute tort. Ces mots portaient la poisse, elle signait peut-être l'arrêt de mort de sa mère, en les prononçant, mais il fallait qu'elle le lui dise.



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Message#Sujet: Re: Ce mal qui grandit en moi (Jane)   Lun 10 Oct - 22:34

Ce mal qui grandit en moi

Natasha parvint à étirer ses lèvres en une esquisse de sourire quand Jane sous-entendit que ses déclarations, auxquelles elle ne l'avait pas habituée (et réciproquement), étaient dues à la fièvre et à la maladie. Elle n'avait peut-être pas totalement tort, en plus. Elle se sentait obligée de dire à Jane tout ce qu'elle avait envie de lui dire, juste pour se sentir rassurée, juste pour ne pas avoir de regrets. C'était totalement morbide comme pensées, hein ? Oui, ça l'était. Nat n'était pas franchement fière d'agir comme ça. Elle devait se montrer optimiste, elle n'était peut-être que malade temporairement, elle n'avait peut-être rien du tout. Mais c'était plus fort qu'elle. Elle n'aurait pas dû dire ça, mais vue la réponse de sa fille, elle se disait qu'elle n'avait peut-être pas si mal fait que ça. Elle ne se souvenait pas de la dernière fois que sa fille lui avait dit qu'elle l'aimait. En fait, si ses souvenirs étaient exacts, elle ne lui avait plus jamais dit ça depuis le départ de Joachin. Son sourire s'agrandit encore un peu. Oh, elle n'allait toujours pas bien, et même sourire semblait lui demander un effort bizarrement phénoménal, mais si son corps montrait des signes de faiblesse assez évidents, au moins, son coeur se réchauffait un peu. Sa fille était avec elle. Malgré leur passé et tous leurs contentieux, elle avait fait le choix de la soutenir. Encore mieux, elle lui disait qu'elle l'aimait. Parfois, Natasha en doutait. Souvent en fait. Elle se détestait parce qu'elle se disait que Jane la détestait aussi. Et Jane, malgré la distance et les disputes, restait sa raison de vivre. Même maintenant, c'est sa présence qui lui donnait la volonté de guérir. Sans ça... elle ne savait pas trop. Son autre raison de vivre était déjà morte, ou en tout cas au sens strict du terme... alors...


"J'aurais dû tomber malade plus tôt."
se permit-elle de plaisanter (de manière douteuse).

Mais d'un autre côté, si cette maladie devait être la contrepartie nécessaire pour qu'elles se rapprochent toutes les deux. Elle accepterait encore de tomber malade, quitte à y passer. Elle préférait avoir une vie courte mais l'assurance que sa fille l'aimait qu'une vie longue qui lui rappellerait à tout instant qu'elle avait perdu Jane, qu'elle la haïssait, et qu'aucune réconciliation entre elles n'était possible. C'était son choix à elle. Quoi qu'il lui arrive dans la vie, ce serait toujours comme ça, de toute manière. Elle choisirait toujours Jane. C'était son instinct de mère qui dépassait tous les autres, qui l'invitait à se dépasser, à distancer ses propres limites, à se battre. Même là, elle voulait se battre. Contre un mal sans doute incurable.


"Tu ne devrais peut-être pas rester dans cette chambre et t'exposer..."


Elle aurait dû y penser avant, mais elle ne l'avait pas fait, pourtant, c'était logique, chaque seconde que Jane passait avec elle était une seconde où elle prenait le risque d'être malade à son tour. Nat ne savait pas que les créatures étaient immunisées contre ça. L'inquiétude qui avait su ne pas l'envahir jusque-là venait de trouver une voie pavée d'or dans son esprit.


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Message#Sujet: Re: Ce mal qui grandit en moi (Jane)   Mar 11 Oct - 18:03


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ane eut du mal à répondre au sourire de Natasha par un autre quand celle-ci fit une plaisanterie qu'elle-même aurait pu sortir (parce que quand même, elles se ressemblaient définitivement beaucoup, qui qu'elles puissent prétendre toutes les deux), mais qu'elle avait beaucoup de mal à trouver plaisante. La jeune femme n'aimait pas ce mot fatidique, elle avait trop peur de ce qu'il impliquait. Elle avait eu l'occasion d'observer les effets de ce mal sur la sœur d'Edward, elle ne voulait pas voir sa mère suivre la même voie, elle ne voulait pas admettre qu'elle puisse, comme d'autres avant elle, succomber à ce mal tenace. Elle ne supporterait pas de la perdre. Elle avait eu beau mettre toute la distance possible entre elles, le fait est qu'elle avait terriblement peur de la perdre. À présent que cette perspective se faisait plus directe, plus réelle que jamais, elle ne pouvait plus prétendre n'en avoir rien à faire. Elle avait peur. Et déployait le plus d'efforts possibles pour ne pas le montrer. Même si ça devait se ressentir malgré tout. Elle faisait de son mieux pour faire abstraction et se concentrer sur l'instant présent. C'était ce qu'elle voulait le plus pour le moment... Elle devait se montrer optimiste, même si ce n'était absolument pas son for, parce qu'il n'y avait pas seulement elle qu'il fallait rassurer. C'était surtout sa mère qui méritait d'être tranquillisée, et la myrihande savait que sa présence pouvait dors et déjà y suffire. Ce fut pour cette raison, d'ailleurs, qu'elle balaya d'un revers de manche la remarque de sa mère quand cette dernière fit remarquer qu'elle devrait peut-être s'en aller pour ne pas se soumettre au virus qui semblait, malin, s'en être pris à elle.

-Je risque rien
, répondit Jane, sûre d'elle, qui à ce moment-là était convaincue de ce qu'elle disait, sans se rendre compte que si, justement, elle s'exposait, et allait en payer le prix pour la peine (quoi qu'elle guérirait plus vite que tous les autres). Les créatures sont immunisées contre la maladie. Sauf qu'elle n'en était pas une, du moins en cet instant, mais ça c'était encore une autre affaire. Dans tous les cas, ce que Jane entendait par là, c'est qu'elle n'allait nulle part, elle restait auprès de sa mère. Elle faisait de son mieux pour être aux petits soins pour elle. Je peux faire quelque chose pour toi ? T'apporter quelque chose, peut-être ?

Elle ne savait pas de quelle manière exactement elle pourrait se rendre utile, mais c'était une manière de lui faire comprendre qu'elle en avait quoi qu'il en soit l'intention, tout ce qu'elle pourrait faire pour lui rendre la vie plus agréable, elle le ferait... Tant qu'elle en serait capable en tous cas.


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Message#Sujet: Re: Ce mal qui grandit en moi (Jane)   Sam 29 Oct - 23:45

Ce mal qui grandit en moi

Les créatures étaient immunisées contre la maladie. Les créatures... C'était étrange d'admettre que sa fille en était une. Pour elle, sa fille était une humaine quoi qu'il en soit. Ce n'était pas parce qu'elle s'était découvert des pouvoirs magiques, que ça changeait quoi que ce soit à son humanité. Mais elle savait que toutes ces histoires lui échappaient de très loin. Elle n'était pas à même d'y comprendre quoi que ce soit. Entre Joachin et Jane, elle avait mis les deux pieds dans un monde très proche du sien et dont il lui manquait pourtant toutes les clés. Elle aimerait vraiment comprendre, mais là, tout de suite, elle ne se sentait vraiment pas capable de se faire trop de nœuds au cerveau. Elle accepta donc de tenir les propos de Jane et de se contenter d'une simple remarque qui n'appelait pas réellement de réponses.

"J'y comprends toujours rien, à toutes ces histoire."
, affirma-t-elle dans un très fin sourire.

Elle ne demandait qu'à comprendre, comme elle voudrait comprendre ce qui se passait dans la vie de sa fille de manière générale. Mais elle avait compris que, secrète comme elle était, ce n'était pas demain la veille qu'elle obtiendrait toutes les connaissances qu'elle connaissait de la part de son interlocutrice. C'était déjà une bonne chose qu'elles arrivent à rétablir un peu le dialogue toutes les deux. Elles étaient loin d'avoir acquis une entente harmonieuse et d'avoir réglé tous leurs consciencieux, mais dans son malheur, c'était quand même ce qu'elle retiendrait : sa fille l'aimait. Ça comptait plus que tout.

"Est-ce que tu pourrais m'apporter un verre d'eau, s'il te plaît ?"
demanda-t-elle alors, qui en effet, voulait bien profiter de la présence de Jane pour ne plus avoir à se lever de son lit. Maintenant qu'elle se concentrait sur son état, elle se rendait compte qu'elle avait la langue vraiment sèche. "En fait, si tu pouvais amener la carafe d'eau sur la table de chevet, ce ne serait pas du luxe." Elle marqua une pause, elle n'avait pas non plus envie de profiter de son état pour que la jeune femme exauce le moindre de ses désirs, mais rien qu'avec un peu d'eau, ce serait déjà pas mal... Quoiqu'il y avait encore une autre chose qu'elle pourrait faire pour elle. "Est-ce que tu pourrais prévenir Arseliann, aussi ?" Elle se ravisa au moment de dire ça. Oui, Arseliann était en plus d'une amie proche, son médecin attitré, mais elle ne voulait pas la mettre en danger. "Enfin non, je vais éviter de contaminer tout le monde."


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Message#Sujet: Re: Ce mal qui grandit en moi (Jane)   Dim 30 Oct - 11:34


Ce mal qui grandit en moi.
J

ane esquissa un fin sourire quand son interlocutrice lui fit remarquer qu'elle ne comprenait toujours rien à toutes ces histoires de créatures. Ce n'était pas surprenant, Jane elle-même ne comprenait pas toujours tout à sa propre situation, même si elle avait appris à l'apprivoiser. C'était une situation inexplicable, et la jeune femme n'avait pas envie de s'embarrasser à l'expliquer à sa mère pour l'heure. Elle savait pertinemment qu'elle ne serait pas à même de l'expliciter convenablement, et il y avait bien trop de détails qu'elle préférait passer son silence autant que possible. Un jour, peut-être, elle aurait le courage de lui raconter toute l'histoire, mais en attendant, elle ne pensait pas que c'était le bon moment. Si Natasha s'en sortait (et elle espérait vraiment qu'elle s'en sortirait) elles pourraient en parler de nouveau, mais pour le moment, ce n'était pas du tout envisageable, il fallait qu'elle se repose, pas qu'elle s'énerve ou s'inquiète en découvrant par le menu les exploits de sa fille. Natasha n'insistait pas pour demander plus de détails, de toute façon, il y avait plus urgent. Son état alarmant pour commencer, avant toute autre chose. Jane hocha la tête avec douceur quand sa mère lui demanda de lui apporter de l'eau, une carafe d'eau, même. En effet, ce ne serait pas du luxe de lui apporter à proximité, tout ce dont elle pourrait avoir besoin. De l'eau, pour commencer. Elle ajouta qu'elle devrait prévenir Arseliann, avant de se raviser. Jane se mordilla la lèvre. Son dernier souvenir en compagnie de sa marraine n'était pas des plus heureux, elle se serait abstenue de la trouver en ces circonstances. Mais dans dans tous les cas, elle devait être au courant.

-Tu sais...
hésita Jane, je crois qu'Arsé ne risquerait pas grand-chose, en fait. Sous-entendu, elle était une créature, elle aussi. Arseliann ne le lui avait pas exactement dit en ces termes, mais Jane pensait avoir parfaitement compris : sa marraine était une sorcière. Et si elle pouvait bel et bien venir en aide à sa mère, lui proposer un remède auquel les médecins du village n'auraient pas pensé, elle ne devait pas hésiter un seul instant. J'irai lui parler, il faut qu'elle soit au courant de toute manière, affirma-t-elle avec douceur.

Ce sur quoi elle s'absenta plusieurs secondes le temps d'apporter une grande carafe d'eau et un grand verre qu'elle déposa alors sur la table de chevet de sa mère.

-Est-ce que tu...
Jane marqua une légère pause, hésitante, avant de reprendre la parole. Tu veux que je prévienne papa ?

Elle allait devoir le faire dans tous les cas, mais elle ne le savait pas encore alors.


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Message#Sujet: Re: Ce mal qui grandit en moi (Jane)   Mar 8 Nov - 0:09

Ce mal qui grandit en moi

Natasha afficha une mine interrogative quand elle entendit sa fille affirmer qu'Arseliann ne risquerait sans doute pas grand-chose à venir la voir et à lui accorder son aide. Elle ne ferait pas à Jane l'affront de lui poser plus de questions. Elle n'avait pas la force pour cela, et elle pensait deviner la réponse. Soit Arseliann était une créature, elle aussi (et donc elle serait la seule humaine de tout son entourage, en fin de compte), soit Jane en avait la présomption, dans tous les cas, ce n'était pas forcément un nouveau noeud qu'elle voulait démêler de suite. Ça voudrait dire qu'on lui avait menti encore une fois, et elle avait assez à faire avec les mensonges précédents. Elle était fatiguée, elle était lasse, usée par tout cela. Sa seule envie était de se reposer et de profiter de la présence de ceux à qui elle tenait, parce qu'elle présentait que cette présence allait lui échapper. Elle ne voulait pas être alarmiste, mais elle savait très bien ce qu'elle avait, et elle savait par conséquent ce que ça symbolisait. Elle devait en profiter autant que possible. C'était surtout pour ça qu'elle voulait voir Arseliann, en fait, au-delà du fait que son amie était guérisseuse. Elle n'aurait peut-être plus beaucoup de temps à passer avec elle... comme avec Jane... Comme elle était heureuse que ce soit elle qui l'ait trouvé sur la place du marché ! C'est sûr qu'elle aurait préféré ne pas être malade du tout, mais puisque le choix ne lui était pas donné, elle se sentait soulagée de voir les choses se passer de cette manière. Elle aurait eu peur de ne pas pouvoir même essayer de renouer avec sa fille dans ses derniers instants... mais il n'y avait pas qu'elle... et ça, Jane le pensa en même temps qu'elle, car leurs pensées semblèrent se diriger au même endroit au même moment. Vers Joachin.


"Je... je ne sais pas."
, s'entendit-elle répondre, et elle se détesta immédiatement de répondre une chose pareille.

C'était pourtant évident. Elle avait envie de le revoir, évidemment qu'elle le voulait. Depuis qu'ils s'étaient retrouvés, elle avait constamment envie qu'il soit avec elle et elle se faisait violence pour ne pas se trouver des prétextes pour partir à sa recherche. Entre eux, la grande conversation n'avait toujours pas eu lieu, et plus ils attendraient, plus ce serait compliqué. Mais puisqu'elle n'en avait peut-être plus pour très longtemps, est-ce que ça avait encore vraiment du sens, tout ça ? Est-ce qu'elle devait vraiment lui infliger ça. À quoi ça rimait.

"J'ai pas envie de l'inquiéter..."


C'était le cas, et en même temps, elle avait peur de fermer les yeux, de ne plus jamais le revoir. De le perdre pour de bon comme elle avait cru que c'était le cas durant des années. Elle avait encore tant de choses à lui dire. Tant de choses étaient restées en suspens...



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Message#Sujet: Re: Ce mal qui grandit en moi (Jane)   Mar 8 Nov - 19:27


Ce mal qui grandit en moi.
N

atasha ne dit plus rien au sujet d'Arseliann, mais Jane devinait que sa mère avait particulièrement bien compris... En même temps, ses propos et ce qu'ils sous-entendaient n'avaient pas grand-chose de subtils, ça en disait forcément long sur ce que la jeune femme pensait avoir découvert au sujet de sa marraine. Mais ça faisait sans doute l'information de trop à assimiler pour Natasha, et Jane le comprenait sans la moindre difficulté. Elle préférait ne rien ajouter à ce sujet. Dans tous les cas, la jeune femme comptait bien prévenir Arseliann, ne serait-ce que parce que la recluse était une guérisseuse digne de confiance, et qui pouvait peut-être effectivement être apte à soigner son interlocutrice. Ou, faute de la soigner, au moins soulager son mal, ce qui était déjà beaucoup en soi. Alors autant se concentrer sur un autre sujet, et quel sujet ! Le plus délicat que l'on puisse imaginer, puisqu'il était question de Joachin. Ah ça, qu'elles le veuillent ou non, il avait toujours été au cœur de leurs conversations, même implicitement, même après son départ... Et aujourd'hui plus que jamais, même si c'était un sujet délicat, il lui paraissait on ne peut plus temps d'en parler... Elles n'auraient peut-être plus d'occasions. Jane leva les yeux au ciel quand sa mère lui affirma qu'elle ne voulait pas déranger Joachin... comme si ça allait les déranger ! Au contraire, il s'en voudrait à mort (si on peut dire ça) s'il devait découvrir le mal de son épouse alors qu'il serait trop tard. Jane n'avait eu besoin que de quelques conversations avec son père pour le comprendre : il était encore fou amoureux de Natasha, et elle était convaincue que l'inverse devait être tout aussi vrai. Alors si c'était peut-être leur dernière occasion (même si elle détestait penser ainsi), il ne fallait pas qu'ils manquent leur chance.

-C'est sûr que tu vas l'inquiéter
, observa-t-elle doucement... Mais il doit être au courant, ajouta-t-elle, se rendant compte alors qu'en fait, elle avait eu tort de ne serait-ce que lui poser la question. Évidemment, que Joachin devait être au courant, c'était même totalement primordial. En fait, tu sais quoi, se ravisa-t-elle, je te laisse pas le choix, je vais le prévenir.

Même si ce ne serait pas forcément la conversation la plus agréable à avoir. Toutes ses conversations avec son père étaient on ne peut plus délicates, parce que la situation restait toujours compliquée, entre eux. Mais là, lui expliquer que cette femme retrouvée mais pas encore reconquise risquait de mourir... Non, ça n'allait pas être une conversation amusante... D'un autre côté, Natasha devait-elle vraiment mourir ? Jane ne voulait vraiment pas que ça arrive. Il fallait une solution... Vraiment... Mais laquelle ? Une idée lui traversait l'esprit. Mais d'avance, elle était convaincue que Jane lui dirait non.


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Message#Sujet: Re: Ce mal qui grandit en moi (Jane)   Mar 6 Déc - 23:07

Ce mal qui grandit en moi

Natasha grimaça quand sa fille lui fit remarquer, à juste titre, qu'il était certain qu'elle allait l'inquiéter, preuve qu'elle devait être dans un état épouvantable (il suffisait de voir comment Jane la regardait, elle ne l'avait jamais regardé comme ça. D'accord, l'avantage c'est qu'elle semblait concernée pour une fois par son état, mais ce n'était qu'une maigre consolation, au final, elle aurait préféré que les choses se déroulent d'une manière différente). Elle n'en doutait pas, mais elle voulait évite ça. Leur situation était déjà suffisamment compliquée comme cela, elle n'avait pas envie d'empirer les choses. Elle avait encore envie de croire qu'elle était juste victime d'un burn-out un peu violent, qu'elle allait se relever et qu'alors tout irait mieux. Mais elle n'était pas naïve pour croire en ses propres mensonges, malheureusement. Il était sûr qu'elle n'allait pas s'en tirer à si bon compte... et dans ce cas, sa famille (parce que Joachin faisait toujours partie de sa famille pour elle, bien plus que sa soeur ou son neveu et ses nièces d'ailleurs) avait les meilleures raisons du monde de se faire du mouron. Jane ne lui donnait pas le choix, elle allait prévenir Joachin qu'elle le veuille ou non. Natasha ne se sentit pas l'énergie de refuser. À la place, résignée, elle se contenta de hocher la tête avec douceur. Une partie d'elle avait envie qu'il sache, de toute façon, ne serait-ce que pour lui donner l'opportunité de le revoir si jamais... Si jamais le pire devait se produire, ce qui n'était pas à l'ordre du jour, non, mais ce genre de pensées morbides n'allaient pas mettre bien longtemps à lui traverser l'esprit. Natasha, sans protester, se contenta donc de tourner son regard vers Jane.

"J'ai besoin de me reposer..."
dit-elle alors, c'était les seuls mots qu'elle avait réussi à articuler.

Elle était convaincue qu'elle avait voulu dire beaucoup plus que cela, mais les mots n'avaient pas franchi le seuil de ses lèvres, il n'était resté que son ressenti le plus profond. Et c'était en effet ce qu'elle ressentait, elle avait vraiment besoin de se reposer. Ses paupières était lourde, et elle avait encore envie de croire qu'il lui suffirait de s'abandonner une bonne fois pour toutes au sommeil pour se sentir beaucoup mieux. C'était illusoire, mais les illusions faisaient parfois du bien. Natasha ferma les yeux sans attendre la moindre réponse de la part de sa fille et laissa Morphée se charger de son cas.



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